Des in­ter­mé­diaires en moins entre l’éle­veur et le consom­ma­teur

La Montagne (Vichy) - - Le Fait Du Jour Consommation - Guillaume Bel­la­voine

Le site Les co­lis du bou­cher livre entre six mille et sept mille per­sonnes chaque an­née, à rai­son de 4 ki­los de viande en moyenne.

Le consom­ma­teur choi­sit en ligne du boeuf, du porc, du veau, de l’agneau, de la vo­laille ou du la­pin. Un abat­toir se charge de le condi­tion­ner et un co­lis est en­suite en­voyé au des­ti­na­taire. La li­vrai­son est gra­tuite si l’on ha­bite Paris – à par­tir de 60 eu­ros d’achat – et son prix va­rie en pro­vince se­lon l’en­droit où l’on vit et la quan­ti­té que l’on com­mande. Les viandes sont li­vrées sous vide avec une date li­mite de conser­va­tion au frais entre huit et qua­torze jours.

Une bonne par­tie des cent cin­quante éle­veurs fran­çais qui tra­vaillent avec la pla­te­forme se si­tuent dans l’Al­lier. « Je vou­lais tra­vailler avec des La­bel Rouge et des La­bel bio, et il y avait une belle concen­tra­tion d’éle­veurs de ce style dans ce dé­par­te­ment », ex­plique Mel­chior de War­ren, un in­gé­nieur agro­nome qui a créé ce site en 2010 avec son beau­frère Guy de Plas.

Leur ob­jec­tif est de don­ner une meilleure tra­ça­bi­li­té à la viande et ré­duire les maillons entre l’éle­veur et le consom­ma­teur. Mel­chior de War­ren prend l’exemple de la côte de boeuf. Il l’achète 23 eu­ros le ki­lo à la sor­tie de l’abat­toir et la re­vend 27 eu­ros, la dif­fé­rence compre­ nant le trans­port et la ges­tion du site. La ré­duc­tion des marges fait bais­ser le prix. Une ba­vette d’aloyau bio est ven­due à 32 eu­ros le ki­lo alors qu’on la re­trouve à 46 eu­ros sur un site de vente en ligne d’une grande sur­face.

Le vo­lume est anec­do­tique à l’échelle de l’éle­vage fran­çais, mais le prin­cipe ver­tueux, no­tam­ment pour les éle­veurs. « En six ans, il n’y a eu que deux lé­gères aug­men­ta­tions de prix, qu’on a ac­cep­tées. L’im­por­tant est que les éle­veurs vivent de leur tra­vail. S’ils dis­pa­raissent, on n’a plus rien à vendre », com­mente Mel­chior de War­ren. ■

ORI­GINE. La viande pro­vient en bonne par­tie d’éle­vages de l’Al­lier. PHO­TO IL­LUS­TRA­TION STÉ­PHA­NIE PARA

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