Un ar­rêt des frappes sy­riennes

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Les forces du ré­gime sy­rien, ap­puyées par des com­bat­tants étran­gers, se sont at­ta­quées, hier, aux der­niers quar­tiers re­belles d’Alep, dont la conquête re­pré­sen­te­rait « un tour­nant dans la guerre » se­lon le pré­sident Ba­char al-As­sad.

Sans doute confor­tée par ses suc­cès mi­li­taires dans la conquête de l’est de la ville d’Alep, l’ar­mée sy­rienne a in­ter­rom­pu ses opé­ra­tions de com­bat à Alep pour per­mettre l’éva­cua­tion des ci­vils. L’an­nonce a été fai­te­hier à Ham­bourg par le mi­nistre russe des Af­faires étran­gères, Ser­gueï La­vrov. « Il va y avoir une co­lonne d’éva­cua­tion de huit mille per­sonnes, leur iti­né­raire fait cinq ki­lo­mètres », a pré­ci­sé Ser­gueï La­vrov.

Le chef de la di­plo­ma­tie russe a par ailleurs an­non­cé que des trac­ta­tions mi­li­taires et di­plo­ma­tiques rus­so­amé­ri­caines se tien­dront demain à Ge­nève « pour ter­mi­ner le tra­vail dé­fi­nis­sant les moyens de ré­soudre les pro­blèmes d’Alep­est ». Ces trac­ta­tions étu­die­ront no­tam­ment des plans d’éva­cua­tion des com­bat­tants re­belles et des ci­vils qui le DÉ­TRESSE. Des fa­milles sy­riennes en fuite ar­ri­vant à un check-point te­nu par l’ar­mée d’As­sad dans le vil­lage d’Azi­za, au sud-ouest d’Alep.

sou­haitent.

À Wa­shing­ton, la Mai­son­Blanche a es­ti­mé que « c’est une in­di­ca­tion que quelque chose de po­si­tif pour­rait se pro­duire ».

Avan­cée ful­gu­rante

Face à l’avan­cée ful­gu­rante des troupes pro­ré­gime, les re­belles sont dé­sor­mais ac­cu­lés dans les der­niers sec­teurs sud de la par­tie orien­tale d’Alep, avec des di­zaines de mil­liers de ci­vils pris au piège. L’Ob­ser­va­toire sy­rien

des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de vio­lents tirs d’ar­tille­rie et de raids, hier, dans les quar­tiers de Souk­ka­ri, Bous­tane al­Qasr et Ka­las­sé.

Après avoir re­pris la vieille ville, l’ar­mée, ap­puyée au sol de com­bat­tants ira­niens et du Hez­bol­lah li­ba­nais, contrôle dé­sor­mais plus de 85 % des quar­tiers re­belles à Alep­Est, se­lon l’OSDH.

Écar­tant un ces­sez­le­feu, Ba­char al­As­sad a es­ti­mé, dans un en­tre­tien au

jour­nal sy­rien Al­Wa­tan, qu’une re­prise d’Alep par ses forces consti­tue­rait « un tour­nant dans la guerre ». Alep est le prin­ci­pal front du conflit qui a fait de­puis mars 2011 plus de 300.000 morts et pous­sé à la fuite plus de la moi­tié de la po­pu­la­tion sy­rienne.

Au fur et à me­sure que l’ar­mée traque les re­belles dans la par­tie Est de la ville, les in­quié­tudes gran­dissent sur la si­tua­tion hu­ma­ni­taire. Le chef du groupe de tra­vail sur l’aide hu­ma­ni­taire en Sy­rie, Jan Ege­land, a re­nou­ve­lé, hier, son ap­pel à un ces­sez­le­feu im­mé­diat. « Ceux qui […] es­sayent de s’en­fuir sont pris dans des échanges de tirs, dans des bom­bar­de­ments et risquent d’être la cible de ti­reurs iso­lés », a­t­il dit. « Plu­sieurs cen­taines d’enfants, ma­lades et bles­sés […] doivent sor­tir » d’Alep­Est, a­t­il ajou­té.

Ap­pel déses­pé­ré

Les Casques Blancs, les se­cou­ristes opé­rant dans les sec­teurs re­belles à Alep­Est, ont lan­cé un ap­pel déses­pé­ré aux or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales pour qu’elles les pro­tègent en leur as­su­rant un pas­sage sûr. « S’ils ne sont pas éva­cués, nos vo­lon­taires risquent la tor­ture ou l’exé­cu­tion dans les centres de dé­ten­tion du ré­gime », ont­ils ajou­té.

La perte d’Alep consti­tue­rait pour les in­sur­gés leur pire dé­faite de­puis 2011 : ils ne contrô­le­raient alors plus que la pro­vince d’Id­leb (nord­ouest), voi­sine de celle d’Alep, et quelques poches près de Da­mas et dans le sud du pays. ■

PHO­TO AFP

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