Le doute lui pro­fite l’ac­cu­sé ac­quit­té pour les faits de viol

La Montagne (Vichy) - - La Une - Pierre Cham­baud vi­chy@cen­tre­france.com

La cour d’as­sise de l’Al­lier a ren­du son ver­dict, hier, vers 17 heures. Da­niel Bul­les­feld, a été ac­quit­té pour les faits de viol.

La cour es­time qu’il « n’existe pas suf­fi­sam­ment d’élé­ments pour s’as­su­rer que la vic­time a ma­ni­fes­té de ma­nière claire et non am­bi­guë et com­prise par l’ac­cu­sé son re­fus ». Juste avant que le ju­ry ne dé­li­bère, Me Be­na­li­khoud­ja avait plai­dé l’ac­quit­te­ment, lon­gue­ment, poin­tant les zones d’ombres dans le dos­sier.

Et il y en a. La vic­time et Da­niel Bul­les­feld étaient al­coo­li­sés au mo­ment des faits. Les dif­fé­rents té­moi­gnages sont flous, voire contra­dic­toires, et la vic­time, dé­cé­dée de­puis les faits, n’était pas de­vant la cour pour té­moi­gner.

Dix jours pour faire ap­pel

Le con­seil de Da­niel Bul­les­feld en avait ap­pe­lé à la res­pon­sa­bi­li­té des ju­rés, rap­pe­lé les doutes. « On est de­vant une cour d’as­sises. On doit rendre la jus­tice. Pou­vait­elle dire oui, pou­vait­elle dire non ? Nous n’y étions pas ! »

Plus tôt dans la jour­née, l’avo­cat gé­né­ral Ma­rie­

Laure Gau­liard avait re­quis 6 à 8 ans de pri­son ferme. Pour elle, les faits étaient ca­rac­té­ri­sés : « Il sa­vait ce qu’il fai­sait. Dans

la ruelle, l’acte n’a pas com­men­cé, elle tombe comme un chif­fon. Il l’em­mène dans un re­coin. » Mais elle n’a pas été sui­vie : « C’est tout le pro­blème quand la vic­time est dé­cé­dée, ré­agit Ma­rie­Laure Gau­liard. C’était dif­fi­cile d’ex­pli­quer plus que je ne l’ai fait. »

Me Presles, avo­cat de la par­tie ci­vile re­pré­sen­tant les en­fants de la vic­time, re­grette aus­si que « les ju­rés n’aient pas pu se confron­ter au re­gard de la vic­time. » L’avo­cat gé­né­ral a dix jours pour faire ap­pel. Elle n’a pas don­né, hier, sa dé­ci­sion.

Pour Me Be­na­li­khoud­ja, « la cour a pris en consi­dé­ra­tion l’état dans le­quel ils étaient le 20 avril 2014, un état cor­ro­bo­ré par les ex­per­tises psy­chia­triques, psy­cho­lo­giques, toxi­co­lo­giques. Il y avait des élé­ments en ce sens ! »

En se re­tour­nant, il serre la main de son client. Mal­gré une condam­na­tion pour vol en réunion (voir par ailleurs), Da­niel Bul­les­feld se­ra libre « ce soir » (hier soir, NDLR) ex­plique le pré­sident à la cour avant de clore l’au­dience cri­mi­nelle. Par ha­bi­tude, Da­niel Bul­les­feld tend en­core ses mains à l’agent de la pé­ni­ten­tiaire pour qu’il lui passe les me­nottes. Une ha­bi­tude à perdre. ■

PHO­TO FRAN­ÇOIS-XA­VIER GUTTON

DÉ­CI­SION. Le ver­dict a été ren­du hier, en fin d’après-mi­di, après trois jours de pro­cès.

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