Stret­tle : « Je suis plei­ne­ment heu­reux »

Fort de son ex­pé­rience aux Har­le­quins, puis aux Sa­ra­cens avant de ve­nir ten­ter l’aven­ture en France, Da­vid Stret­tle pense l’ASM ca­pable de l’em­por­ter à Bel­fast. Pa­roles d’un En­glis­man in Cler­mont.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rugby - À Bel­fast, Va­lé­ry Le­fort

Cet après­mi­di (14 heures), dans la fer­veur mal­tée de Ra­ven­hill où vont s’en­tas­ser les sup­por­ters de l’Ul­ster par­mi les plus bouillants d’Eu­rope, Cler­mont pour­ra comp­ter sur son n° 11. À Pau le week­end der­nier, l’An­glais fut l’un des rares en des­sous de tout re­proche (trois es­sais). Mais il ne s’alarme pas, per­sua­dé que le groupe tout en­tier va re­le­ver le dé­fi ir­lan­dais. In­ter­view. ■ Nous y voi­là, gros match en pers­pec­tive… Oui, à ce ni­veau, ce sont tou­jours de grands ren­dez­vous. Plus en­core lors de ces doubles matchs al­ler et re­tour de dé­cembre. Avec l’ex­pé­rience qui est la mienne, et pour en avoir dis­pu­té pas mal par le pas­sé, je sais com­bien ils pèsent lourd au fi­nal… Ici, on n’a pas ou­blié non plus ce qui nous est ar­ri­vé la sai­son der­nière. Alors oui, ce sont des points pré­cieux à prendre. ■ Il y a des en­droits plus tran­quilles que Bel­fast pour réus­sir pa­reille opé­ra­tion ? Oui, c’est clair ! Je les ai af­fron­tés quelques fois du temps où je jouais aux Sa­ra­cens et aux Har­le­quins. C’est un en­droit spé­cial, avec une am­biance as­sez folle. Ceux qui, à l’ASM, ne connaissent pas en­core cette at­mo­sphère vont dé­cou­vrir un sa­cré truc. Avec le Mi­che­lin, c’est un autre stade ab­so­lu­ment in­croyable. ■ Et aus­si un ad­ver­saire de grande qua­li­té… Oui, c’est une équipe de haut ni­veau, très équi­li­brée. C’est jeune, ta­len­tueux et ra­pide der­rière, et cos­taud de­vant. L’Ul­ster a aus­si un vrai sa­voir­faire dans l’art du jeu au pied. Il ne faut pas se lais­ser dé­bor­der par la pres­sion qu’ils veulent vous im­po­ser. C’est un point fort chez eux. On a bos­sé en consé­quence cette se­maine pour ré­pondre à tous ces dé­fis. Mais on va de­voir être au top sur les bases. Car sans être au top sur les fon­da­men­taux, c’est im­pos­sible de ga­gner là­haut.

■ D’au­tant que vous l’abor­dez mal­gré tout en ex­cel­lente po­si­tion, avec 10 points sur 10 pos­sibles ? Oui, et c’est aus­si pour ce­la que l’on doit jouer en to­tale confiance, sans frein par­ti­cu­lier. On a bien né­go­cié nos deux pre­miers ad­ver­saires. À nous de mettre la pres­sion sur le troi­sième. On ira avec cet état d’es­prit de vain­queur. ■ A Pau, avec vos trois es­sais, vous avez payé quelques bières à vos co­équi­piers ? Non, pas vrai­ment.

Per­sonne n’a en­vie de ce­la quand tu as per­du. On sait où l’on a failli, mais on est tom­bé dans le piège juste avant la Coupe d’Eu­rope. ■ C’est men­tal ? Oui, c’est juste dans la tête… Et on est aus­si tom­bé sur une équipe de Pau qui, il faut le re­con­naître, en vou­lait. Ce­la a été dif­fi­cile pour nous mais on s’est ren­du le match dif­fi­cile. On a pé­ché en dé­fense. ■ Com­ment ex­pli­quez-vous ce­la ?

Parce que la dé­fense a des exi­gences et que ce­la de­mande un tra­vail de pré­ci­sion. Dé­fendre, ce n’est pas que se mettre en ligne quand les gars d’en face ont at­tra­pé le bal­lon. Il faut sa­voir an­ti­ci­per, c’est plus sub­til. On l’a re­vu à la vi­déo. Si tu n’es pas dans la bonne po­si­tion très tôt pour réa­li­ser le bon pla­quage au bon mo­ment, c’est sou­vent dé­jà trop tard. Et on s’est tous re­trou­vés en­suite sur le re­cu­loir quand Pau était à l’of­fen­sive. Face à des types de la qua­li­té de Co­lin Slade ou Con­rad Smith, ça ne par­donne pas. ■ C’est donc un gros avertissement ? Oui, je crois. Pour nous tous. Chaque dé­faite doit faire l’ob­jet d’une re­cherche par­ti­cu­lière. Pour­quoi a­t­on per­du ? Que faut­il chan­ger ? Il y a tou­jours des rai­sons et il faut les iden­ti­fier. ■ Mais sans vous et vos trois es­sais, ce­la au­rait pu tour­ner à la cor­rec­tion pour l’ASM ? Oh non ! (il ba­laie tout ce­la d’un re­vers de main). Non, non, pas du tout. La vic­toire est col­lec­tive, la dé­faite aus­si.

■ Le re­tour des in­ter­na­tio­naux, c’est un vrai plus ? Oui, c’est évident. Pour ce type de ren­contre, il faut un maxi­mum d’ex­pé­rience. C’est bien qu’ils re­viennent.

« On a bien né­go­cié nos deux pre­miers ad­ver­saires. A nous de mettre la pres­sion sur le troi­sième. »

■ On vous sent en tout cas en pleine forme… Oui, je suis bien en ce mo­ment. C’est même le cas plus gé­né­ra­le­ment de­puis le dé­but de sai­son. Je suis bien phy­si­que­ment, sans pé­pins à la dif­fé­rence de la sai­son der­nière. Mon in­té­gra­tion est de plus en plus forte, de plus en plus agréable. Je suis vrai­ment bien. ■ Voir vos an­ciens co­équi­piers des Sa­ra­cens rem­por­ter la coupe d’Eu­rope l’an pas­sé à Lyon ne vous a pas fait re­gret­ter votre dé­ci­sion de par­tir ? Bon, pas du tout. Bien sûr, si vous me de­man­dez si j’au­rais ai­mé rem­por­ter cette Coupe d’Eu­rope, je ré­ponds oui (rire). Mais je me consi­dère comme chan­ceux vous sa­vez. J’ai joué dans de grands clubs en An­gle­terre. Ce­la se pour­suit ici. Je vis une autre vie, une autre ap­proche du rug­by aus­si. Je ne fe­rais pas marche ar­rière. Pour rien au monde. Je suis plei­ne­ment heu­reux de ce que je vis ici. C’est par­fait sur toute la ligne. ■ On en re­vient à la no­tion de plai­sir ? Ab­so­lu­ment. C’est fon­da­men­tal. Une équipe qui en prend au quo­ti­dien en donne aus­si sur le ter­rain. C’est aus­si simple que ce­la. On va es­sayer de le prou­ver en Ul­ster. ■

EN APE­SAN­TEUR. Ici à Pau, Da­vid Stret­tle a sur­vo­lé les dé­bats et vo­lé au-des­sus du match comme sur la pe­louse du Ha­meau. L’An­glais, qui a ins­crit trois es­sais dans le Béarn, es­time que « Cler­mont sau­ra ré­agir en équipe ».

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