Vincent Peillon se lance à son tour

L’ex-mi­nistre Vincent Peillon a an­non­cé, hier soir, sa can­di­da­ture à la pri­maire du PS pour y dé­fier ses an­ciens col­lègues du gou­ver­ne­ment, Ma­nuel Valls, Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon.

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Re­ti­ré de la scène po­li­tique hexa­go­nale, Vincent Peillon se consa­crait de­puis deux ans et de­mi, en Suisse, à ses cours à l’uni­ver­si­té de Neu­châ­tel et à l’écri­ture de ro­mans ; son deuxième sor­ti­ra en fé­vrier.

L’an­nonce de la can­di­da­ture de l’an­cien mi­nistre de l’Édu­ca­tion na­tio­nale à la pri­maire so­cia­liste des 22 et 29 jan­vier, hier, au 20 Heures de France 2 (voir ci­contre), consti­tue donc une re­la­tive sur­prise dans un pay­sage cham­bou­lé à gauche par le re­non­ce­ment de Fran­çois Hol­lande et l’ab­sence de lea­ders in­con­tes­tés.

« Mau­vaise plai­san­te­rie »

Sou­te­nu par plu­sieurs dé­pu­tés – Pa­trick Men­nuc­ci, Eduar­do Ri­han Cy­pel, Pa­trick Bloche –, Vincent Peillon au­rait le mé­rite d’être au « point d’équi­libre » de la gauche. Se­lon plu­sieurs élus so­cia­listes, sa can­di­da­ture au­rait été en­cou­ra­gée par « des proches de Sté­phane Le Foll », lui aus­si un fi­dèle du chef de l’État.

D’autres y voient la main du com­mis­saire eu­ro­péen Pierre Mos­co­vi­ci, ou en­core de Mar­tine Au­bry, qui a fer­me­ment dé­men­ti. L’en­tou­rage d’Anne Hi­dal­go a, de son cô­té, fait sa­voir que la maire de Pa­ris, sans avoir sus­ci­té cette can­di­da­ture, la re­gar­dait « d’un bon oeil ». « Je vois bien ce qui va se coa­li­ser :

des an­ciens Hol­lan­dais qui ne sont pas à l’aise avec Ma­nuel Valls sur les ques­tions so­cié­tales, des proches de Mos­co­vi­ci, des au­brystes, des sé­go­lé­nistes », com­mente un dé­pu­té eu­ro­péen.

Ma­nuel Valls, dont la can­di­da­ture n’a pas, à ce stade, sus­ci­té d’élan par­ti­cu­lier dans son camp, a ac­cueilli plu­tôt fraî­che­ment ce re­tour an­non­cé de Vincent Peillon. « On ne peut pas être can­di­dat pour af­fai­blir. C’est ma concep­tion. On ne peut pas être can­di­dat contre », a­t­il dit mer­cre­di. « C’est un gar­çon in­tel­lec­tuel qui ré­flé­chit aux pro­blèmes de la France. Et je ne vais pas le dis­qua­li­fier

d’un mot ou d’une for­mule », avait aus­si tem­pé­ré l’an­cien Pre­mier mi­nistre.

Ses proches sont plus sé­vères, évo­quant une can­di­da­ture qui s’ap­pa­ren­te­rait à une « mau­vaise plai­san­te­rie » liée à l’« amer­tume », un « concours Lé­pine de ce­lui qui se dit : “Ça y est, je me lève ce ma­tin et je suis can­di­dat” ».

Vincent Peillon « re­vient parce qu’il y a un cer­tain nombre de gens qui n’ac­ceptent pas ce qui vient de se pas­ser (le re­non­ce­ment de Fran­çois Hol­lande) ,je le re­grette », a es­ti­mé Di­dier Guillaume, pa­tron des sé­na­teurs PS et di­rec­teur de cam­pagne de Ma­nuel Valls. Pour lui, la pri­maire du PS ne doit pas s’ap­pa­ren­ter à un « congrès » du par­ti.

La can­di­da­ture de Vincent Peillon n’est pas non plus for­cé­ment une bonne nou­velle pour Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon : si elle af­fai­blit Ma­nuel Valls au pre­mier tour, elle est sus­cep­tible de lui ap­por­ter un ré­ser­voir de voix pour le se­cond.

Proche de Be­noît Ha­mon, le dé­pu­té Pas­cal Cher­ki a raillé, ven­dre­di, la can­di­da­ture Peillon, la com­pa­rant à celle de JeanF­ran­çois Co­pé, « qui oc­cu­pait aus­si une po­si­tion cen­trale à l’UMP » et qui a ob­te­nu 0,3 % des voix à la pri­maire de la droite.

So­cial-dé­mo­cra­tie

Pour Pa­trick Men­nuc­ci, dé­pu­té des Bouches­du­Rhône, l’an­cien mi­nistre de l’Édu­ca­tion, au­teur de la ré­forme des rythmes sco­laires, était « prêt à sou­te­nir Fran­çois Hol­lande mal­gré des désac­cords sur la loi Tra­vail, sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té ».

« La dé­ci­sion du pré­sident de la Ré­pu­blique lui a ou­vert les yeux sur a né­ces­si­té d’oc­cu­per un es­pace po­li­tique qui est ce­lui de la so­cial­dé­mo­cra­tie, qui au­jourd’hui n’est pas oc­cu­pé dans cette pri­maire, ni par les fron­deurs ni par Ma­nuel Valls », a pour­sui­vi Pa­trick Men­nuc­ci.

L’élu mar­seillais, qui place Vincent Peillon « dans la droite ligne de Lio­nel Jos­pin », a pré­ci­sé que son po­si­tion­ne­ment prô­nait « une large li­ber­té » sur les ques­tions de so­cié­té, en gar­dant « en tête les classes so­ciales les plus dé­fa­vo­ri­sées » sur les ques­tions éco­no­miques. ■

CAN­DI­DAT. Se­lon ses proches, Vincent Peillon au­rait le mé­rite d’être au « point d’équi­libre » de la gauche après le re­non­ce­ment du Pré­sident.

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