La ga­laxie Ga­li­leo dé­ploie ses ailes

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - Oli­vier Char­rier

Près de 20 ans que l’on at­ten­dait ça : après bien des dé­boires, re­tards et dé­rives fi­nan­cières, Ga­li­leo – le sys­tème eu­ro­péen de géo­lo­ca­li­sa­tion par sa­tel­lite – est en­fin opé­ra­tion­nel. Même s’il est loin d’être au com­plet…

Pour le Centre na­tio­nal d’études spa­tiales (Cnes), le 17 no­vembre 2016 est à mar­quer d’une pierre blanche. D’une pierre deux coups, même !

Ce jour­là, en ef­fet, Tho­mas Pes­quet de­ve­nait le dixième fran­çais à s’en­vo­ler dans l’es­pace de­puis le cos­mo­drome de Baï­ko­nour, au Ka­zahks­tan, tan­dis qu’une fu­sée Ariane dé­col­lait de Kou­rou, en Guyane, em­por­tant avec elle, sous sa coiffe, quatre sa­tel­lites de­vant re­joindre la ga­laxie Ga­li­leo.

Gra­tuit ou payant

Ce sys­tème de navigation – qui em­prunte son nom au pré­nom de l’as­tro­nome ita­lien, Ga­li­lée – doit en­fin per­mettre à l’Eu­rope de s’af­fran­chir du GPS amé­ri­cain (*). Car l’idée de se do­ter d’un tel outil re­monte à la fin des an­nées 1990.

Pour le grand pu­blic, Ga­li­leo of­fri­ra deux types de pres­ta­tions : un ser­vice de géo­lo­ca­li­sa­tion gra­tuit et ou­vert à tous ; un autre payant à des­ti­na­tion des entreprises. Et tous deux se­ront net­te­ment plus justes dans leurs cal­culs que leur concur­rent ac­tuel : une précision de moins de 5 mètres dans la ver­sion gra­tuite, contre 10 mètres pour le GPS ; de moins d’un mètre pour l’op­tion payante. Dans les deux cas, la da­ta­tion des don­nées four­nies se­ra de quelques mil­liar­dièmes de se­condes !

Sauf que pour en ar­ri­ver là – à sa­voir à 23.000 ki­lo­mètres d’al­ti­tude – le ciel n’au­ra pas tou­jours été constel­lé de bonnes in­ten­tions pour Ga­li­leo. Il y eut, en ef­fet, pas mal de re­tard à l’al­lu­mage, dû no­tam­ment à de très fortes pres­sions américaines sur l’Eu­rope (lire par ailleurs).

Ce qui fait que le tout pre­mier sa­tel­lite opé­ra­tion­nel – sur un to­tal de trente – ne fut lan­cé que le 21 oc­tobre 2011, à bord d’une fu­sée Soyouz.

C’est d’ailleurs l’as­tro­nef russe qui as­su­ra le lancement des treize mo­dules sui­vants. Mais la mise sur une or­bite « foi­reuse » de deux sa­tel­lites – 17.000 km au lieu des 23.000 re­quis – en août 2014, fit dire à Jean­Yves Le Gall, pré­sident du Cnes : « On au­rait mieux fait de les lan­cer avec Ariane ! »

Rai­son pour la­quelle le lan­ceur eu­ro­péen a d’ailleurs as­su­ré la mise sur or­bite de quatre mo­dules de 715 kg cha­cun, le 17 no­vembre der­nier. Les pro­chains lan­ce­ments, pro­gram­més pour l’été 2017 et le dé­but de l’an­née 2018, le se­ront éga­le­ment avec Ariane…

Ne res­te­ra plus qu’à trou­ver des puces « com­pa­tibles »

Si l’ob­jec­tif reste donc d’avoir une tren­taine de sa­tel­lites en or­bite, d’ici 2020, pour of­frir un ser­vice de géo­lo­ca­li­sa­tion « stable » et « puis­sant », quinze suf­fisent dé­jà pour le mettre en route.

Dès que les pre­miers si­gnaux ar­ri­ve­ront – dans les jours qui viennent, si tout va bien – il re­vien­dra alors aux fa­bri­cants de com­po­sant élec­tro­niques de com­mer­cia­li­ser le plus ra­pi­de­ment pos­sible des « puces » com­pa­tibles avec les ap­pa­reils exis­tants pour se bran­cher (en­fin) sur le « GPS eu­ro­péen ». ■

(*) Abré­via­tion de Glo­bal Po­si­tio­ning Sys­tem.

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