Le jour où l’Union eu­ro­péenne a choi­si « l’in­dé­pen­dance »

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Le mar­di 26 mars 2002, l’Union eu­ro­péenne a fait le choix de « l’in­dé­pen­dance tech­no­lo­gique par rap­port aux États-Unis » en lan­çant dé­fi­ni­ti­ve­ment Ga­li­leo.

Si la phase de « dé­fi­ni­tion technique » a été en­té­ri­née en 1999, il au­ra tou­te­fois fal­lu at­tendre ce jour de mars 2002 pour que les mi­nistres des Tran­sports des Quinze d’alors donnent leur feu vert au dé­blo­cage de 450 mil­lions d’eu­ros pour la phase de dé­ve­lop­pe­ment de Ga­li­leo, per­met­tant de pré­pa­rer le dé­ploie­ment d’une tren­taine de sa­tel­lites, à par­tir de 2006. En tout, le pro­jet avait été chif­fré à quelque 3,4 mil­liards d’eu­ros, lors de sa concep­tion. Au fi­nal, il en coû­te­ra… plus de dix !

Ce pro­jet était pour­tant en état de mort cli­nique au tout dé­but de l’an­née 2002, en rai­son de fortes pres­sions américaines, qui ont d’ailleurs culmi­né le 1er dé­cembre 1999 avec une lettre aux Quinze du sous­se­cré­taire amé­ri­cain à la Dé­fense, Paul Wol­fo­witz. Pour Wa­shing­ton, Ga­li­leo était ain­si « inu­tile », voire « dan­ge­reux », puis­qu’il pour­rait, entre autres « créer des in­ter­fé­rences nui­sibles au GPS »…

Une de­mi­dou­zaine de pays, em­me­nés par le Royaume­Uni et les Pays­Bas, s’étaient éga­le­ment de­man­dé « quel in­té­rêt » il pou­vait y avoir « d’in­ves­tir des cen­taines de mil­lions d’eu­ros d’argent pu­blic pour dé­ve­lop­per un sys­tème que les États­Unis pro­mettent de four­nir gra­tui­te­ment ». Ces pays poin­taient no­tam­ment du doigt « le peu d’em­pres­se­ment des entreprises pri­vées à s’en­ga­ger » dans le pro­jet pour dé­non­cer « le risque de créer un nou­vel et coû­teux élé­phant blanc ».

Le suc­cès du 26 mars 2002 ne fut donc dû qu’à la per­sé­vé­rance de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et à l’in­sis­tance de plu­sieurs pays – dont la France – pour les­quels Ga­li­leo de­vait être, avant toute chose, « un ins­tru­ment es­sen­tiel pour l’au­to­no­mie tech­no­lo­gique et mi­li­taire de l’Union eu­ro­péenne ».

« Les États­Unis ont ef­fec­tué une pres­sion maxi­mum pour que la dé­ci­sion ne soit pas prise », avait re­con­nu, à l’époque, le mi­nistre des Tran­sports du gou­ver­ne­ment Jos­pin, Jean­Claude Gays­sot : « Si nous avions cé­dé à cette pres­sion, je crois que l’Eu­rope y au­rait per­du ». Elle est au­jourd’hui en passe de ga­gner (en­fin) son pa­ri !

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