Un gaz aux ef­fets très no­cifs Les ar­mées in­tègrent le com­bat nu­mé­rique

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - AFP

La flam­bée, de­puis dix ans, des émis­sions de méthane, un gaz à ef­fet de serre plus no­cif pour le cli­mat que le CO2, risque de com­pro­mettre la lutte contre le ré­chauf­fe­ment, se­lon des ex­perts.

Dans un éditorial pu­blié, hier, dans le bul­le­tin En­vi­ron­men­tal Re­search Let­ters, des cher­cheurs lancent un vé­ri­table cri d’alarme : « Il faut de toute ur­gence s’at­ta­cher à quan­ti­fier et ré­duire les émis­sions de méthane ». Après un lé­ger ra­len­tis­se­ment entre 2000 et 2006, la concen­tra­tion de méthane dans l’at­mo­sphère a, en ef­fet, cru dix fois plus ra­pi­de­ment la dé­cen­nie sui­vante.

« Conte­nir le ré­chauf­fe­ment sous 2°C est dé­jà un dé­fi consi­dé­rable », sou­lignent ces cher­cheurs qui ont co­or­don­né un bilan mon­dial me­né par plus de 80 scien­ti­fiques de 15 pays, à pro­pos de l’ob­jec­tif que la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale s’est fixé, en dé­cembre 2015, dans l’ac­cord de Pa­ris.

« Un tel ob­jec­tif de­vien­dra de plus en plus dif­fi­cile à te­nir si l’on ne ré­duit pas les émis­sions de méthane for­te­ment et ra­pi­de­ment », ajoutent­ils.

Ré­sul­tat de l’ex­ploi­ta­tion des éner­gies fos­siles ou plus pro­ba­ble­ment des ac­ti­vi­tés agri­coles ? Les cher­cheurs for­mulent plu­sieurs hy­po­thèses pour ten­ter d’ex­pli­quer cet em­bal­le­ment. Les concen­tra­ ORI­GINES. 36 % des émis­sions pro­viennent de l’agri­cul­ture : éruc­ta­tions des ru­mi­nants et ri­zières, no­tam­ment.

tions aug­mentent ain­si de plus en plus vite de­puis 2007, avec en par­ti­cu­lier une forte ac­cé­lé­ra­tion en 2014 et 2015.

Au point qu’au­cun scé­na­rio moyen du der­nier rap­port du Giec, syn­thèse de ré­fé­rence sur le cli­mat, ne mon­trait cette évo­lu­tion. « De fa­çon in­quié­tante, la vi­tesse d’aug­men­ta­tion se rap­proche du scé­na­rio le plus pes­si­mis­ Ce fa­meux « Tai­sez-vous, El­kab­bach ! », tout le monde croit l’avoir en­ten­du dans la bouche du se­cré­taire gé­né­ral du Par­ti com­mu­niste, Georges Mar­chais, meilleur en­ne­mi du jour­na­liste qui vient de perdre, à 79 ans, l’in­ter­view po­li­tique du ma­tin qu’il in­car­nait de­puis 1987 sur Eu­rope 1. La sta­tion a an­non­cé, hier, que Jean­Pierre El­kab­bach se­rait rem­pla­cé à par­tir du 2 jan­vier par Fa­bien Na­mias et se re­plie­rait sur son émis­sion po­li­tique du di­manche, « Le Grand Ren­dez­vous », et deux in­ter­views, le sa­me­di et le di­manche ma­tin.

L’ex­pli­ca­tion de la mise à l’écart (par­tielle) du vétéran de l’in­for­ma­tion tient of­fi­ciel­le­ment dans le ré­amé­na­ge­ment des grilles d’une radio en perte de vi­tesse, re­lé­guée à 8,1 % de part d’au­dience au troi­sième tri­mestre, ta­lon­née par France In­fo (7,9 %) et RMC (7,8 %) et loin der­rière RTL et France Inter, à plus de 11 %, et NRJ, à 10,8 %. Eu­rope 1 paie­rait ain­si le dé­part de Laurent Ru­quier pour RTL, il y a deux ans, puis ce­lui de son rem­pla­çant, Cy­ril Ha­nou­na, et l’évic­tion, à la ren­trée der­nière, de Jean­Marc Mo­ran­di­ni.

Mais le mi­cro­cosme s’agite. La sèche re­mise en place de Bru­no Le Maire,

te », sou­ligne Ma­rielle Sau­nois, de l’Uni­ver­si­té de Ver­sailles Saint Quen­tin.

Deuxième grand gaz à ef­fet de serre lié aux ac­ti­vi­tés hu­maines, après le di­oxyde de car­bone (CO2), le méthane contri­bue pour quelque 20 % au ré­chauf­fe­ment en cours.

Jus­qu’ici les me­sures contre le ré­chauf­fe­ment se sont lar­ge­ment concen­trées sur le CO2, is­su pour DUETTISTES. Georges Mar­chais, in­sé­pa­rable de Jean-Pierre El­kab­bach. une large part des éner­gies fos­siles (char­bon, pé­trole, gaz), et qui re­pré­sente 70 % des gaz à ef­fet de serre.

Or, le méthane est 28 fois plus « ré­chauf­fant » que le CO2, tout en per­sis­tant moins long­temps dans l’air (en­vi­ron 10 ans). Il est plus dif­fi­cile à pis­ter que le CO2, car plus dif­fus et une bonne part pro­vient de sources « na­tu­relles » (zones hu­mides, for­ma­tions géo­lo­giques…).

Ener­gies fos­siles

Ce­pen­dant, 60 % de ses émis­sions sont liées aux ac­ti­vi­tés hu­maines : no­tam­ment 36 % pro­viennent de l’agri­cul­ture (éruc­ta­tions des ru­mi­nants et ri­zières no­tam­ment) et du trai­te­ment des dé­chets. D’ailleurs, les cher­cheurs pri­vi­lé­gient cette hy­po­thèse pour ex­pli­quer la hausse des émis­sions (se­lon la FAO, le nombre de têtes de bé­tail est pas­sé d’1,3 mil­liard en 1994 à 1,5 mil­liard 20 ans plus tard). Mais ils n’ex­cluent pas, non plus, le rôle des éner­gies fos­siles dans ce boom. ■ Le com­bat nu­mé­rique est de­ve­nu une arme à part en­tière des ar­mées fran­çaises, uti­li­sable à des fins aus­si bien of­fen­sives que dé­fen­sives, a an­non­cé, hier, le mi­nistre de la Dé­fense, Jean-Yves Le Drian.

« L’émer­gence d’un nou­veau mi­lieu, d’un champ de ba­taille cy­ber, doit nous ame­ner à re­pen­ser pro­fon­dé­ment notre ma­nière d’abor­der l’art de la guerre comme l’avia­tion au dé­but du XXe siècle », a sou­li­gné, hier, Jean­Yves Le Drian, en dé­voi­lant la doc­trine des ar­mées en ma­tière de cy­ber­sé­cu­ri­té au centre DGA Maî­trise de l’in­for­ma­tion à Bruz (Ille­et­Vi­laine), près de Rennes.

« En temps de guerre, l’arme “cy­ber” pour­ra être la ré­ponse, ou une par­tie de la ré­ponse, à une agres­sion ar­mée, qu’elle soit de na­ture “cy­ber” ou non », a sou­li­gné le mi­nistre de la Dé­fense.

D’ici jan­vier

Cette doc­trine, qui re­pose sur trois pi­liers – ren­sei­gne­ment, pro­tec­tion/dé­fense et lutte in­for­ma­tique of­fen­sive – est l’une des plus éla­bo­rées énon­cées en Eu­rope avec celle de la Grande­Bre­tagne.

Concrè­te­ment, la France pour­ra re­cou­rir au com­bat nu­mé­rique comme à une arme clas­sique de type mis­sile pour ri­pos­ter à une at­taque aus­si bien « cy­ber » que conven­tion­nelle : « Nos ca­pa­ci­tés cy­ber of­fen­sives doivent nous per­mettre de nous in­tro­duire dans les sys­tèmes ou les ré­seaux de nos ennemis, afin d’y cau­ser des dom­mages, des in­ter­rup­tions de ser­vice ou des neu­tra­li­sa­tions tem­po­raires ou dé­fi­ni­tives. » s’écriant, sur le pla­teau de France 2, lors du der­nier dé­bat avant le pre­mier tour de la primaire de la droite : « M. El­kab­bach, je suis can­di­dat à la primaire, ça mé­rite tout sim­ple­ment le res­pect de votre part », pour­rait bien ré­su­mer l’état d’es­prit ma­ni­fes­té par la dé­faite de Ni­co­las Sar­ko­zy et le re­non­ce­ment de Fran­çois Hol­lande : une énorme en­vie de re­nou­veau dans un sys­tème sclé­ro­sé dont le jour­na­liste, en­tré dans le mé­tier en 1960, en Al­gé­rie, est l’un des sym­boles.

Les ré­seaux so­ciaux, cen­sés re­pré­sen­ter la voix du peuple, ont com­men­té sa pres­ta­tion au dé­bat avec une rare cruau­té : « Quand Jean­Pierre El­kab­bach est né (en 1937) Al­bert Le­brun était pré­sident de la Ré­pu­blique », pou­vait­on lire sur Twit­ter… Ou en­core « Si Jean­Pierre #El­kab­bach est dans la té­lé, c’est bien que #Pri­su­nic existe en­core non ? Donc @alain­juppe a rai­son »…

Les cé­lèbres passes d’armes de JeanPierre El­kab­bach et de Georges Mar­chais – qui lui avait, en réa­li­té, lan­cé : « Écou­tez, El­kab­bach ! […] C’est ex­trê­me­ment désa­gréable de dis­cu­ter avec vous », mais avait ins­pi­ré le po­pu­laire hu­mo­riste Thier­ry Le Lu­ron – ne sont que la face ap­pa­rente d’une his­toire pro­fes­sion­nelle plus com­pli­quée.

Mis au pla­card de la radio na­tio­nale, SOLDATS. Con­nec­tés.

Un com­man­de­ment des opé­ra­tions « cy­ber », pla­cé sous la res­pon­sa­bi­li­té di­recte du chef d’état­ma­jor des ar­mées, va être créé, en jan­vier pro­chain. Il dis­po­se­ra d’un état­ma­jor res­ser­ré qui su­per­vi­se­ra quelque 2.600 « combattants nu­mé­riques ».

Les ar­mées pour­ront « neu­tra­li­ser » des in­fra­struc­tures uti­li­sées pour at­ta­quer des in­té­rêts fran­çais mais aus­si « ri­pos­ter » plus lar­ge­ment à une at­taque « cy­ber ».

Une at­taque in­for­ma­tique ma­jeure, eu égard aux dom­mages qu’elle cau­se­rait, pour­rait consti­tuer une agres­sion ar­mée au sens de l’ar­ticle 51 de la Charte des Na­tions unies et jus­ti­fier ain­si l’in­vo­ca­tion de la lé­gi­time dé­fense. Mais un des pro­blèmes ma­jeurs reste « l’iden­ti­fi­ca­tion des groupes ou États à l’ori­gine de cy­be­rat­taques et qui se cachent sou­vent der­rière d’autres ac­teurs ».

Si l’at­taque tran­site par un État qui « n’au­rait pas em­pê­ché une telle uti­li­sa­tion, la res­pon­sa­bi­li­té de cet État pour­rait être mise en jeu », a en­core aver­ti le mi­nistre. ■ an­cêtre de France Inter, en 1968 pour avoir fus­ti­gé les « cen­seurs », Jean­Pierre El­kab­bach est vite re­ve­nu à la té­lé­vi­sion. Mais c’est après 1977 et sa no­mi­na­tion à la tête de l’in­for­ma­tion d’Antenne 2, l’an­cêtre de France 2, que ses orien­ta­tions po­li­tiques per­son­nelles – en di­rec­tion de Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing, le pré­sident de la Ré­pu­blique – sont de­ve­nues vrai­ment cli­vantes.

Au point qu’en 1981, l’ar­ri­vée de Fran­çois Mit­ter­rand à l’Ély­sée, qu’il ac­cueille en di­rect avec une mau­vaise hu­meur vi­sible, l’en­voie, se­lon ses dires, à l’ANPE (Pôle Em­ploi). Il sait re­bon­dir et ob­tient la der­nière in­ter­view du chef de l’État ma­lade, en 1994. Om­ni­pré­sent à la radio comme à la té­lé­vi­sion – PDG de France 2 et France 3 de 1993 à 1996, Jean­Pierre El­kab­bach a mis le pied à l’étrier de Jean­Luc De­la­rue, Ar­thur ou Na­gui, il est en­core sur Pu­blic Sé­nat – il a peut­être fait le com­bat de trop face aux can­di­dats de droite.

Et sa pra­tique al­tière, voire mé­pri­sante, de l’in­ter­view po­li­tique, consis­tant à cou­per in­ces­sam­ment la pa­role à son in­vi­té, par­fois ac­ca­blé – « De quelle cou­leur, le mur ? », de­mande­t­il, abrup­te­ment au so­cia­liste An­dré Val­li­ni à pro­pos de la ré­forme ter­ri­to­riale dont il pré­dit la chute – semble avoir las­sé et le monde po­li­tique et les au­di­teurs…

28 fois plus « ré­chauf­fant » que le CO2 !

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