Du sur­sis pour l’au­to­mo­bi­liste qui avait ren­ver­sé la fillette

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Sté­phane Bar­noin

Au vo­lant de sa vieille Peu­geot 605, il avait ren­ver­sé une pe­tite cy­cliste de 9 ans, à Cler­mont-Fer­rand. Un au­to­mo­bi­liste de 29 ans a été condam­né, hier, pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire.

Le drame s’est noué le 3 août 2013, en dé­but de soi­rée, dans le quar­tier de La Gau­thière. Le conduc­teur avait été sur­pris par l’ir­rup­tion, sur sa droite, d’un vé­lo d’en­fant. La jeune cy­cliste avait dé­bou­ché d’une en­fi­lade de ga­rages, de­vant des haies, pour tra­ver­ser la chaus­sée et ren­trer chez elle.

Per­cu­tée par le vé­hi­cule, la fillette avait été pro­je­tée à une hau­teur d’en­vi­ron trois mètres. Elle a suc­com­bé en quelques se­condes.

« Ce qui s’est pas­sé, je l’au­rai tou­jours dans ma tête. Ces gens­là étaient mes voi­sins. Cette pe­tite, je la voyais presque tous les jours », se dé­sole le pré­ve­nu, chauf­feur rou­tier de pro­fes­sion, à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel.

Les deux ex­perts ont ren­du des conclu­sions di­ver­gentes. Le pre­mier es­time la vi­tesse de la Peu­geot à 71 km/h au mo­ment du choc (au lieu de 30 km/h maxi­mum sur l’axe concer­né). Le se­cond éta­blit une four­chette si­tuée entre 30 et 50 km/h.

« Ce mon­sieur ha­bite le quar­tier de­puis tou­jours, il connaît la dan­ge­ro­si­té de cette rue, in­siste Me Kha­ni­far pour la par­tie ci­vile. Il nous dit qu’il n’a pas eu le temps de frei­ner ou de ré­agir. Mais s’il avait rou­lé à 10 km/h, Ali­ma se­rait en­core vi­vante ».

« Il y a un lien de cau­sa­li­té di­rect entre la vi­tesse du vé­hi­cule et la mort qua­si im­mé­diate de la fillette », abonde Thier­ry Grif­fet pour le par­quet. Huit mois de pri­son avec sur­sis sont re­quis.

Dans la salle d’au­dience, le père de la vic­time quitte son siège lorsque Me Ca­nis, pour la dé­fense, ré­clame la re­laxe de son client. « Je com­prends tout à fait que ce­la puisse être ré­vol­tant pour les proches de cette en­fant, mais c’est la dure réa­li­té du dos­sier, avance l’avo­cat. La faute d’in­at­ten­tion ou d’im­pru­dence n’est pas dé­mon­trée, pas plus que l’ex­cès de vi­tesse ».

L’ar­gu­ment est écar­té par le tri­bu­nal. Le pré­ve­nu écope de six mois de pri­son avec sur­sis, as­sor­tis d’une sus­pen­sion de per­mis d’un an et de la confis­ca­tion de son vé­hi­cule. ■

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