La fin du Grand Stade, pre­mière me­sure forte de La­porte Bap­tiste Se­rin sur sa lan­cée

La Montagne (Vichy) - - Sports L'actu Nationale -

Le nou­veau pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de rug­by (FFR) Ber­nard La­porte en­terre au­jourd’hui, à l’oc­ca­sion du pre­mier co­mi­té di­rec­teur de l’ins­ti­tu­tion de­puis son élec­tion, le fu­tur Grand Stade.

La­porte, élu le 3 dé­cembre, pou­vant comp­ter sur 21 des 37 voix avec droit de vote au co­mi­té di­rec­teur, quelques mi­nutes de­vraient suf­fire, au siège de la FFR à Mar­cous­sis (Es­sonne), pour mettre fin à un pro­jet vieux de plus de six ans, de­puis les pre­mières études lan­cées en 2010 par l’équipe du pré­sident bat­tu Pierre Ca­mou.

L’en­ceinte ul­tra­mo­derne de 82.000 places pro­prié­té de la FFR, pré­vue à l’ho­ri­zon 2023 à Ris­Oran­gis (Es­sonne), ne ver­ra donc ja­mais le jour, même si « l’étude des mo­da­li­tés de sor­tie (du pro­jet) est tou­jours en cours », a ré­pé­té hier Serge Si­mon, qui se­ra of­fi­ciel­le­ment nom­mé au­jourd’hui pre­mier vi­ce­pré­sident de la FFR.

« Il faut qu’on ana­lyse les contrats (le contrat construc­teur si­gné avec le grou­pe­ment Ibe­lys, le contrat d’in­té­rêt na­tio­nal avec l’Etat, et ce­lui concer­nant la maî­trise d’oeuvre, avec le ca­bi­net Po­pu­lous, ndlr). Mais il n’y a au­cune rai­son de ne pas ar­rê­ter le pro­jet, qui n’a ja­mais été va­li­dé en as­sem­blée gé­né­rale (de la FFR) et qui donc n’existe pas lé­ga­le­ment », a pour­sui­vi Si­mon.

L’as­sem­blée gé­né­rale de EN­GA­GE­MENT. La­porte com­mence les ma­noeuvres.

la Fé­dé­ra­tion « est seule com­pé­tente pour se pro­non­cer sur les ac­qui­si­tions, les échanges et les alié­na­tions de biens im­mo­bi­liers », dis­posent en ef­fet les sta­tuts de la Fé­dé­ra­tion.

Pen­dant ce temps, à la Ligue…

Il se­ra aus­si sans doute ques­tion des fu­tures re­la­tions avec la Ligue, qui gère le sec­teur pro­fes­sion­nel. Elles s’an­noncent ora­geuses, La­porte sou­hai­tant no­tam­ment re­dis­tri­buer vers le monde ama­teur une par­tie des re­ve­nus ti­rés des droits té­lé, prendre les in­ter­na­tio­naux sous contrat ou en­core im­po­ser aux clubs une li­mi­ta­tion du nombre de joueurs non sé­lec­tion­nables en équipe de France.

Des me­sures sur les­quelles se se­ront sans doute dé­jà po­si­tion­nés les clubs pro­fes­sion­nels, réunis de­puis hier à Mar­seille… ■ Ré­vé­la­tion des deux der­nières tour­nées du XV de France, le pro­met­teur Bap­tiste Se­rin a re­trou­vé avec brio sa place der­rière la mê­lée de Bor­deaux-Bègles, tou­jours en lice pour la qua­li­fi­ca­tion en Coupe d’Eu­rope avant de re­ce­voir Exe­ter sa­me­di .

Du haut de ses 22 ans, il a, di­manche sur le ter­rain du même club an­glais (vic­toire 13­7 de l’UBB), par­fai­te­ment cor­na­qué son pack, prit ses res­pon­sa­bi­li­tés dans la ges­tion du jeu, dé­fen­du bec et ongles, sau­vant deux si­tua­tions chaudes.

Et, ce­rise sur le pud­ding, fait don de sa per­sonne ­ il est sor­ti le nez en­san­glan­té ­ pour ins­crire le seul es­sai gi­ron­din du match, sy­no­nyme de vic­toire si ca­pi­tale dans la course aux quarts de fi­nale.

Ce­la fai­sait pour­tant six se­maines qu’il n’avait plus por­té le maillot de l’UBB, avouant la se­maine der­nière « son im­pa­tience » mal­gré une cer­taine ap­pré­hen­sion. « Des choses ont chan­gé, donc je dois m’adap­ter un peu, et mes par­te­naires ont fran­chi un cap » du­rant son ab­sence, sans les bles­sés et les in­ter­na­tio­naux, avait­il sou­li­gné.

Mais preuve de la confiance que Se­rin ins­pire, le staff de l’UBB lui a confié le ca­pi­ta­nat di­manche dans le De­von. L’en­fant de Pa­ren­tis­en­Born (Landes) BU­TEUR. En plus d’une ex­cel­lente en­trée en jeu face aux Blacks, Bap­tiste Se­rin avait éga­le­ment mon­tré ses qua­li­tés de bu­teur.

en a été plus que digne. De quoi jus­ti­fier en­core un peu plus son au­ra nais­sante dans le rug­by fran­çais qui, de­puis le fias­co de la Coupe du monde 2015, se cherche des icônes pour re­do­rer son bla­son.

Alors que ses deux par­ti­tions en juin der­nier en Ar­gen­tine avaient dé­jà été bluf­fantes, ses trois en­trées en jeu en no­vembre, ponc­tuées par cette passe chis­te­ra ame­nant l’es­sai de Louis Pi­ca­moles contre la Nou­velle­Zé­lande (1924), ont fi­ni par convaincre de son réel po­ten­tiel au ni­veau in­ter­na­tio­nal.

« Je ne me suis pas po­sé de ques­tions, c’est l’in­sou­

ciance qui a par­lé », s’était­il tou­te­fois jus­ti­fié au len­de­main de la ren­contre face aux Blacks (1924).

« J’ai un peu ron­gé mon frein »

Pour tout dire, le jeune in­ter­na­tio­nal (5 sé­lec­tions) est sor­ti à moi­tié sa­tis­fait de ses tests de no­vembre. « Je suis ce­lui qui a le moins joué, j’ai un peu ron­gé mon frein », ad­me­til.

Et quand on évoque plus en dé­tail sa fa­meuse passe chis­te­ra (face au Blacks, à l’ori­gine d’un es­sai, ndlr), ce qu’elle a chan­gé pour lui, il coupe : « Tout le monde en a fait tout un

plat. Moi ce que je re­tiens, c’est qu’il y a es­sai. Ce­la au­rait été une passe in­té­rieure avec es­sai der­rière, ce­la au­rait été pa­reil. »

Sur­doué tech­ni­que­ment, me­neur d’hommes pré­coce et am­bi­tieux à la tête bien faite et bien sur ses épaules, Se­rin a tout pour de­ve­nir un grand, voire un pa­tron du XV de France, comme l’avait pré­dit à ses dé­buts en pro en oc­tobre 2012, le pré­sident de l’UBB, Laurent Mar­ti. « Vous ver­rez, Bap­tiste fi­ni­ra ca­pi­taine de l’équipe de France », avait­il alors as­su­ré. En at­ten­dant ce jour, son dia­mant a de nou­veau ren­dez­vous sa­me­di avec Exe­ter. ■

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