La pol­lu­tion aux par­ti­cules fines fait tous­ser nos lec­teurs

La Montagne (Vichy) - - La Une - Mi­chel Fillière mi­chel.filliere@cen­tre­france.com

Le Fran­çais tousse, son nez coule, ses yeux piquent. Un « brouillard » de par­ti­cules fines donne un 7 (mé­diocre) sur 10 sur l’échelle At­mo à Cler­mont-Fer­rand, un 6 (mé­diocre) à Guéret), un 5 (moyen) à Brive. Nos lec­teurs ré­agissent.

Dix ans après le der­nier mau­vais pic hi­ver­nal, on a re­dé­cou­vert le pro­blème de la pol­lu­tion de l’air. À Pa­ris, à Lyon, dans les val­lées al­pines. Aus­si dans cer­taines grandes villes du Mas­sif cen­tral. Beau­coup brassent de l’air en dé­non­çant les condi­tions an­ti­cy­clo­niques, quand d’autres montrent du doigt ce die­sel sub­ven­tion­né ou ces che­mi­nées ti­rant d’aise de­puis la pro­mo­tion au­tour du chauf­fage au bois. Pa­roles de lec­teurs.

« Du beau temps certes, mais un ciel bleu gris à la cam­pagne voire mar­ron le soir en ville. Avec cet air pol­lué, j’ai la désa­gréable

im­pres­sion de vivre sous un drôle de cou­vercle avec un rhume qui ne passe pas. Il fau­drait de la pluie puis du froid sec et la neige pour que mes pe­tits en­fants, qui souffrent par­fois de bron­chio­lites, pro­fitent de l’air pur de l’Au­vergne aux va­cances de Noël », té­moigne Jeanne­Marie.

Pour Pierre, « le pro­blème mé­rite d’être abor­dé avec sé­rieux. Quand va­ton prendre soin de notre es­pace vi­tal ? Car la pol­lu­tion at­mo­sphé­rique, sem­blable au ta­ba­gisme pas­sif, contri­bue aux pre­mières causes de mor­ta­li­té en France, même sans cet épi­sode, et tue au­tant que l’al­cool avec 45.000 morts par an. Et elle coûte 101 mil­liards d’eu­ros chaque an­née aux contri­buables. C’est un grave pro­blème de san­té publique, il va fal­loir trou­ver des so­lu­tions réelles et du­rables. »

Anne le re­joint : « Si on ne veut pas que la pol­lu­tion de l’atmosphère soit le scan­dale sa­ni­taire de de­main, il faut prendre en ur­gence des me­sures concrètes. En chan­geant peu­têtre nos com­por­te­ments. Mais peut­être en pen­sant à plus d’ef­fi­ca­ci­té que cet­ te cir­cu­la­tion au­to­mo­bile al­ter­née (61 % des Fran­çais y sont fa­vo­rables) im­po­sée à Pa­ris ou à Lyon alors qu’on sait per­ti­nem­ment qu’elle n’est pas ob­ser­vée, plus par né­ces­si­té d’uti­li­ser sa voi­ture pour al­ler au bou­lot que par in­ci­vi­li­té comme on veut bien nous le faire croire. »

L’an­nonce du re­tour de vi­gnettes co­lo­rées fait voir rouge à Marc : « On nous re­bri­cole un plan alors que la vi­gnette Crit’Air est en­trée en vi­gueur de­puis le 1er jan­vier 2016 mais n’a ja­mais été obli­ga­toire ! Et on nous re­fait le coup de la pas­tille verte, bleue, jaune ou rouge, in­di­quant le ni­veau de pol­lu­tion d’un vé­hi­cule. Le mien a dix ans et 40.000 km et je suis sûr qu’il ne pol­lue pas plus que ces 4x4 que je croise en ville. »

« Plu­tôt que de sub­ven­tion­ner le die­sel et soi­di­sant vou­loir re­lan­cer le TGV qui n’ar­ri­ve­ra ja­mais dans le Mas­sif cen­tral », Ro­land es­time que « l’État fe­rait mieux de sou­te­nir le car­bu­rant vert et fa­vo­ri­ser le ré­seau fer­ro­viaire aban­don­né qui per­met­trait de moins uti­li­ser la voi­ture. »

Éty­mo­lo­gi­que­ment, pol­luer si­gni­fie pro­fa­ner, souiller, sa­lir, dé­gra­der. Donc la na­ture se meurt. Qui l’écoute ? Vic­tor Hu­go avait, lui, réus­si à de­van­cer les lan­ceurs d’alertes : « C’est une triste chose de son­ger que la na­ture parle et que le genre hu­main ne l’écoute pas… » ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.