Dé­bat ten­du au­tour du bud­get 2017

La Montagne (Vichy) - - Auvergne-rhône-alpes - Phi­lippe Cros

La Ré­gion Au­vergne-Rhô­neAlpes a vo­té son bud­get pri­mi­tif 2017, au cours d’un dé­bat très tran­ché entre les choix de la ma­jo­ri­té et les cri­tiques de l’op­po­si­tion, sur la forme et le fond.

Ba­taille lyon­naise. Après un pre­mier bud­get en avril (pour 2016), la ré­gion Au­ver­gneR­hône­Alpes a vo­té son se­cond bud­get de l’an­née ci­vile, cette fois pour 2017, hier à Lyon. Avec une nou­velle baisse du fonc­tion­ne­ment (­ 75 mil­lions d’eu­ros) et près d’un mil­liard an­non­cé en in­ves­tis­se­ments.

La que­relle po­li­tique s’est ou­verte dès les pre­mières mi­nutes. Plu­sieurs voix de l’op­po­si­tion de gauche ont pro­tes­té avant le dé­bat « contre une sorte de cen­sure ja­mais vue ».

« Ar­ro­gance et mé­pris »

Au coeur de la cri­tique, qua­rante et un amen­de­ments dé­cla­rés « ir­re­ce­vables » par l’exé­cu­tif ré­gio­nal. « Tout ce­la n’est pas un ha­sard, c’est une réelle vo­lon­té po­li­tique », a es­ti­mé Phi­lippe Rey­naud (so­cia­listes, dé­mo­crates, OP­PO­SI­TION. Les quatre groupes d’op­po­si­tion de gauche font front com­mun.

éco­lo­gistes et ap­pa­ren­tés). Les quatre groupes (PRG ; PCF Front de gauche ; so­cia­listes ; ci­toyens, éco­lo­gistes et so­li­daires) y

voient « une nou­velle fois, l’ar­ro­gance et le mé­pris du pré­sident de Ré­gion ». Ils contes­te­ront la lé­ga­li­té de ce bud­get de­vant le tri­bu­ LAURENT WAU­QUIEZ.

nal ad­mi­nis­tra­tif.

Laurent Wau­quiez a ren­voyé la balle, at­ta­quant sur le fond des dos­siers : « L’op­po­si­tion n’a au­cune pro­po­si­tion. Ce qui vous in­té­resse, c’est d’al­ler cher­cher des dé­bats sur la forme, d’ar­guer sur vos pri­vi­lèges d’élus et pas sur ce que veulent les ha­bi­tants de la ré­gion. »

Jus­te­ment, Mo­nique Cos­son (ci­toyens, éco­lo­gistes) et d’autres élus de l’op­po­si­tion dé­noncent « un re­fus du dé­bat po­li­tique ».

Des cri­tiques sur la forme mais aus­si sur les dos­siers : « Qui sont les per­dants ? a lan­cé An­na Au­bois (PS). Les ONG, les as­so­cia­tions, l’en­vi­ron­ne­ment, les jeunes, vous faites la poche aux étu­diants bour­siers. On at­tend le compte ad­mi­nis­tra­tif, nous vou­lons vé­ri­fier vos dé­penses d’in­ves­tis­se­ment dans les ly­cées. Les ter­ri­toires ru­raux sont aus­si per­dants. Mais sur­tout les pré­caires et les chô­meurs. »

Laurent Wau­quiez n’est pas en­tré dans le dé­tail des ques­tions sou­le­vées, in­sis­tant sur­tout sur son sou­hait de rup­ture : « Au­cune hausse d’im­pôt. Bien sûr, ce ne sont pas des baisses de fiscalité ma­jeures, mais c’est un choix de co­hé­rence to­tale. Vous, pen­dant onze ans, vous avez aug­men­té les im­pôts. » Même ar­gu­ment pour les in­ves­tis­se­ments, cette fois ré­ser­vé à JeanJack Quey­ranne, an­cien pré­sident de Rhône­Alpes : « Le sens de notre ré­gion, c’est d’être un par­te­naire d’ave­nir. Pour la pre­mière fois en onze ans, les dé­penses d’in­ves­tis­se­ments aug­mentent. Mon­sieur Quey­ranne : 20 mil­lions sur la sé­cu­ri­té, vous n’aviez ja­mais mis d’ar­gent sur la sé­cu­ri­té ! »

S’il ne sé­duit guère à gauche – « Der­rière le ver­nis de la com­mu­ni­ca­tion, la droite la plus dure vue à l’oeuvre en ré­gion » – le bud­get de la ma­jo­ri­té de droite et du centre a par­fois ra­vi le Front na­tio­nal : « Vous êtes comme M. Jour­dain, vous faites du Front na­tio­nal sans oser le dire. L’es­sen­tiel, c’est que ce soit fait », a lâ­ché Charles Per­rot (FN). « Oui, il y a un chan­ge­ment de pa­ra­digme, a ré­pon­du Laurent Wau­quiez. Et oui, je n’ai au­cun pro­blème à par­ler de pré­fé­rence lo­cale et ré­gio­nale. » Comme tou­jours, Laurent Wau­quiez as­sume tout. ■

« M. Quey­ranne : 20 mil­lions sur la sé­cu­ri­té, vous n’aviez ja­mais mis d’ar­gent sur la sé­cu­ri­té ! » « Comme M. Jour­dain, vous faites du Front na­tio­nal sans oser le dire »

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