Ch­ris­tine La­garde as­sume

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - DES­SIN AFP

Elle « as­sume » tout, mais ne veut pas payer pour une fraude que per­sonne ne voyait ve­nir dans l’ar­bi­trage Ta­pie: voi­là ce qu’a dit Ch­ris­tine La­garde, hier, avant que la cour de jus­tice de la Ré­pu­blique ne parte dé­li­bé­rer.

La cour de jus­tice, com­po­sée de trois ma­gis­trats pro­fes­sion­nels et douze par­le­men­taires, di­ra lun­di à 15 heures si la di­rec­trice gé­né­rale du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nale (FMI) est ou non cou­pable, en tant qu’an­cienne mi­nistre, d’une « né­gli­gence » ayant per­mis à l’homme d’af­faires de dé­tour­ner des fonds pu­blics.

Le dé­lit est pas­sible d’un an de pri­son et 15.000 eu­ros d’amende. Le par­quet a re­quis sa re­laxe. Ré­duite au si­lence mer­cre­di et jeu­di alors que les té­moins dé­fi­laient, Ch­ris­tine La­garde, 60 ans, a droit à la pa­role en der­nier : « J’ai dé­ci­dé et j’as­sume mes dé­ci­sions. »

En 2007 et 2008, lorsque se noue l’ar­bi­trage frau­du­ SER­MENT. « J’ai agi en confiance et en conscience avec pour seul ob­jec­tif la dé­fense de l’in­té­rêt gé­né­ral. »

leux qui at­tri­bue à Ber­nard Ta­pie plus de 400 mil­lions d’eu­ros, elle n’a « ja­mais eu de mise en garde d’au­cune sorte, sur de pos­sibles mal­ver­sa­tions ».

« Le risque de la fraude m’a to­ta­le­ment échap­pé », ajoute Ch­ris­tine La­garde, se ré­fé­rant par­fois à un texte im­pri­mé. Sa voix s’étrangle, briè­ve­ment, quand elle

dit, dans un san­glot ré­pri­mé : « Ces cinq jours d’au­dience mettent fin à cinq an­nées d’épreuve pour mon com­pa­gnon, mes fils, mes frères qui sont là dans la salle. »

« J’ai agi en confiance et en conscience avec pour seul ob­jec­tif la dé­fense de l’in­té­rêt gé­né­ral », ré­su­met­elle, re­pre­nant l’un de ses leit­mo­tiv au pro­cès, pré­pa­ré avec des com­mu­ni­cants. « En conscience » c’est­à­dire avec bonne foi. « En confiance », c’est une al­lu­sion à peine voi­lée à son an­cien di­rec­teur de ca­bi­net Sté­phane Richard.

Vieux conflit

Il au­rait pous­sé pour ré­gler par l’ar­bi­trage plu­tôt que de­vant les tri­bu­naux un vieux conflit entre Ber­nard Ta­pie et le Crédit Lyon­nais.

Mis en exa­men, avec cinq autres per­sonnes dont l’homme d’af­faires, dans une pro­cé­dure pa­ral­lèle, Sté­phane Richard a re­fu­sé de té­moi­gner, au nom des droits de la dé­fense.

« Lorsque son an­cien mi­nistre com­pa­raît […], peut­être que mo­ra­le­ment on peut ac­cep­ter d’être au moins pré­sent », a as­sé­né Me Patrick Mai­son­neuve. L’avo­cat de Ch­ris­tine La­garde s’ex­pri­mait au len­de­main d’un ré­qui­si­toire de re­laxe du pro­cu­reur gé­né­ral Jean­Claude Ma­rin qui res­sem­blait dé­jà à une plai­doi­rie. ■

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