Trois nou­velles in­ter­com­mu­na­li­tés à par­tir du 1er jan­vier

À par­tir du 1er jan­vier, deux « pôles ru­raux » en­tou­re­ront une ag­glo­mé­ra­tion de plus de 80.000 ha­bi­tants. Quand La­pa­lisse joue au vil­lage d’As­té­rix.

La Montagne (Vichy) - - La Une - Laurent Ber­nard

Dans l’ar­ron­dis­se­ment de Vi­chy, ré­forme ter­ri­to­riale oblige, il n’y au­ra plus que quatre in­ter­com­mu­na­li­tés à par­tir du 1er jan­vier pro­chain, contre six au­pa­ra­vant. À quelques jours du chan­ge­ment, on vous pré­sente la nou­velle carte po­li­tique de l’ar­ron­dis­se­ment. 1

Comment se sont dé­rou­lées les fu­sions ? Ten­ta­tives d’ap­proche, main ten­due, re­fus, choix de la rai­son. Jus­qu’au prin­temps der­nier, la nou­velle carte in­ter­com­mu­nale a pas mal bou­gé. Lors d’une ul­time réunion, le 11 mai, le pré­fet d’alors, Ar­naud Co­chet, a va­li­dé la carte qui se­ra ef­fec­tive au 1er jan­vier. Il a no­tam­ment ac­cep­té que l’in­ter­com­mu­na­li­té de La­pa­lisse reste seule, alors qu’elle a un temps été vir­tuel­le­ment as­so­ciée à celle de Varennes et même de Dompierre et du Don­jon pour un ma­riage à quatre, à l’est du Bour­bon­nais. Vi­chy, qui pen­sait lo­gique de se rap­pro­cher de Gan­nat, s’est heur­té à la consti­tu­tion d’un « pôle ru­ral » le long de la Sioule, an­non­cée dès la fin 2015.

Sa­voir choi­sir un nom et un siège

As­sez lo­gi­que­ment, Vi­chy s’est donc as­so­ciée à la Mon­tagne bour­bon­naise, mais n’a pas vou­lu élar­gir à La­pa­lisse. Pour des rai­sons de gou­ver­nance, a ar­gu­men­té le pré­sident vi­chys­sois Claude Mal­hu­ret (LR), qui ne vou­lait pas un nombre trop im­por­tant de com­munes sous le même toit. Un ar­gu­ment fal­la­cieux pour Jacques de Cha­banne (La­pa­lisse, PRG), per­sua­dé d’une ma­noeuvre po­li­tique.

Comme le maire de La­pa­lisse, les Ra­di­caux de gauche de l’Al­lier conti­nuent de re­gret­ter que le pré­fet n’ait pas dé­ci­dé de créer trois grandes ag­glo­mé­ra­tions. La­pa­lisse a donc pré­fé­ré res­ter seule et at­tendre une pro­chaine loi qui obli­ge­rait Vi­chy à re­voir sa po­si­tion. L’ave­nir di­ra si la stra­té­gie est la bonne. 2

Comment les noms des in­ter­com­mu­na­li­tés ont été choi­sis ? Ils ont été va­li­dés la se­maine pas­sée. Au nom du consen­sus, Vi­chy Com­mu­nau­té a fi­na­le­ment été re­te­nu, après que Grand Vi­chy et Vi­chy Ag­glo­mé­ra­tion ont été en­vi­sa­gés. Les Vi­chys­sois crai­gnaient que le pre­mier rap­pelle la pé­riode de la Se­conde guerre. Les Mon­ta­gnards n’ont pas vou­lu du terme « ag­glo­mé­ra­tion » qui au­rait oc­cul­té, pen­saient­ils, le ca­rac­tère ru­ral de leur ter­ri­toire.

Les élus de Varennes, Dompierre et du Don­jon ont choi­si un nom « qui per­met de si­tuer le ter­ri­toire de­puis Lyon », dixit Ro­ger Li­tau­don (Varennes) : En­tr’Al­lier, Besbre et Loire.

A Gan­nat, Saint­Pour­çain et Ébreuil, on a lais­sé le pré­fet choi­sir : ce se­ra Saint­Pour­çainSioule­Li­magne, qui sa­tis­fait tout le monde. 3

Et les sièges de ces in­ter­com­mu­na­li­tés ? Lors de la réunion de l’en­semble des élus de Vi­chy Val d’Al­lier et la Mon­tagne Bour­bon­naise, le 19 no­vembre, le pré­sident de la CCMB Fran­çois Szy­pu­la a dit en plai­san­tant que le siège de la nou­velle col­lec­ti­vi­té au­rait dû être si­tué à La Cha­pelle en rai­son de sa si­tua­tion cen­trale. Bien sûr, il n’en a ja­mais été ques­tion, Vi­chy s’étant lo­gi­que­ment im­po­sée. Elle dis­pose dé­jà d’un hô­tel d’ag­glo­mé­ra­tion, et puis­qu’elle joue plei­ne­ment son rôle de ville­centre, il était lo­gique qu’elle ac­cueille le siège.

Dans les deux autres col­lec­ti­vi­tés fu­sion­nées, c’est la rai­son qui l’a em­por­té : puisque SaintPour­çain­sur­Sioule et Varennes­sur­Al­lier dis­posent dé­jà des in­fra­struc­tures ca­pables d’ac­cueillir des ser­vices (et des as­sem­blées) élar­gies, elles se­ront le siège des nou­velles com­mu­nau­tés de com­munes. Le re­dé­cou­page de la carte in­ter­com­mu­nale étant réa­li­sé dans un sou­ci de mu­tua­li­sa­tion et d’éco­no­mie, il est as­sez lo­gique que les nou­velles col­lec­ti­vi­tés ne se lancent pas, à peine consti­tuées, dans la construc­ tion de nou­veaux bâ­ti­ments. 4

Qui pour être pré­sident ? Se­lon la loi, les exé­cu­tifs ac­tuels se­ront tous dis­sous au 1er jan­vier et des élec­tions doivent être or­ga­ni­sées avant le 27 jan­vier. A Saint­Pour­çainSioule­Li­magne, les trois pré­si­dents sor­tants se sont mis d’ac­cord pour la can­di­da­ture de Vé­ro­nique Pou­za­doux (Gan­nat), le 12 jan­vier. A En­tr’Al­lier, Besbre et Loire, même chose en fa­veur de Ro­ger Li­tau­don, le pré­sident va­ren­nois, le 19 jan­vier.

A Vi­chy, Claude Mal­hu­ret se dit « prêt à pour­suivre (s) on man­dat ». L’élec­tion est pré­vue éga­le­ment le 19 jan­vier. ■

➔ A suivre. A quoi sert la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion.

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