L’État is­la­mique re­ven­dique l’at­ten­tat

Le pre­mier sus­pect de l’at­taque qui a fait 12 morts et 48 bles­sés a fi­na­le­ment été re­mis en li­ber­té

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Le groupe État is­la­mique a re­ven­di­qué hier soir l’at­ten­tat au ca­mion bé­lier de Ber­lin qui a fait 12 morts. Le conduc­teur du poids lourd est tou­jours en fuite. Le sus­pect in­ter­pel­lé lun­di a été li­bé­ré hier.

«Un sol­dat de l’État is­la­mique a com­mis l’opé­ra­tion de Ber­lin en ré­ponse aux ap­pels à ci­bler les res­sor­tis­sants des pays de la coa­li­tion in­ter­na­tio­nale. » C’est la re­ven­di­ca­tion qui a été faite hier soir par Amaq, l’agence de pro­pa­gande du groupe dji­ha­diste. Les au­to­ri­tés al­le­mandes n’ont pas au­then­ti­fié la re­ven­di­ca­tion de l’État is­la­mique mais, se­lon le par­quet an­ti­ter­ro­riste, « la cible choi­sie et le mode opé­ra­toire peuvent faire pen­ser » à une at­taque is­la­miste.

Le car­nage de lun­di soir sur un mar­ché de Noël de Ber­lin sur­vient dans une Al­le­magne jus­qu’alors épar­gnée par les at­ten­tats de grande am­pleur. Outre les 12 morts, 48 per­sonnes ont été bles­sées, dont 24 étaient tou­jours hos­pi­ta­li­sées hier soir. Sur ce to­tal, qua­torze sont tou­jours entre la vie et la mort, a dit dans la soi­rée le mi­nistre de l’In­té­rieur, Tho­mas de Mai­zière. Se­lon lui, d’autres dé­cès « ne sont pas à ex­clure ».

Un cri­mi­nel dans la na­ture

Du cô­té de l’en­quête, la plus grande confu­sion de­meure. Après avoir an­non­cé l’ar­res­ta­tion d’un sus­pect, un de­man­deur d’asile pa­kis­ta­nais, les au­to­ri­tés ont fait marche ar­rière. L’homme a été re­mis en li­ber­té hier soir, faute d’élé­ments

à charge. « Les ré­sul­tats de l’en­quête n’ont à l’heure ac­tuelle pas mis au jour d’élé­ments confir­mant des soup­çons » à son en­contre et no­tam­ment sa pré­sence dans la ca­bine du poids lourd, a ex­pli­qué le par­quet fé­dé­ral.

Du coup, le vé­ri­table au­teur de l’at­ten­tat est en tou­jours fuite. « Nous avons pro­ba­ble­ment un dan­ge­reux cri­mi­nel dans la na­ture », a re­con­nu le chef de la po­lice ber­li­noise, Klaus Kandt,

sans ex­clure qu’il y ait eu un ou des com­plices. Il a ajou­té dans la soi­rée sur une chaîne de té­lé­vi­sion que le fu­gi­tif avait « une arme », sans doute celle qui a ser­vi à tuer le chauf­feur po­lo­nais du ca­mion uti­li­sé pour fon­cer la foule. Ce der­nier a été re­trou­vé tué par balle dans son vé­hi­cule, qui lui avait été dé­ro­bé.

An­ge­la Mer­kel s’est ren­due dans l’après­mi­di avec cer­tains mi­nistres sur les lieux du drame

pour par­ti­ci­per à une mi­nute de si­lence et par­cou­rir le site re­cou­vert de dé­bris. Dans la soi­rée, elle et une par­tie de son gou­ver­ne­ment ont par­ti­ci­pé à une cé­ré­mo­nie dans l’église voi­sine du mar­ché de Noël. La porte de Bran­de­bourg a été illu­mi­née dans la soi­rée aux cou­leurs de l’Al­le­magne et de Ber­lin. Les dra­peaux des bâ­ti­ments pu­blics d’Al­le­magne ont été mis en berne et une mi­nute de si­lence a été ob­ser­vée hier et doit l’être en­core au­jourd’hui dans tous les stades de Bun­des­li­ga.

Le car­nage s’est dé­rou­lé au pied de l’église du Sou­ve­nir, mo­nu­ment phare de l’ouest de la ca­pi­tale al­le­mande au clo­cher éven­tré par les bom­bar­de­ments de la Se­conde Guerre mon­diale. Le ca­mion, pare­brise dé­truit par les chocs, a été en­le­vé hier ma­tin. « Il a lit­té­ra­le­ment pul­vé­ri­sé la pre­mière ba­raque de bois », a ra­con­té une Bos­nienne ins­tal­lée à Ber­lin qui pre­nait un verre avec ses pa­rents. « Il vou­lait rou­ler sur les gens. »

La chan­ce­lière fra­gi­li­sée

Les craintes de la po­pu­la­tion ber­li­noise res­taient grandes au len­de­main de l’at­ten­tat et les me­sures de sé­cu­ri­té ont été ren­for­cées dans la ville. Avant que les doutes ne soient émis par la po­lice, An­ge­la Mer­kel a ju­gé « par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile d’ima­gi­ner » la pos­sible im­pli­ca­tion d’un de­man­deur d’asile. La chan­ce­lière pour­rait tou­te­fois être fra­gi­li­sée, les cri­tiques sur sa po­li­tique mi­gra­toire re­dou­blant d’in­ten­si­té.

« Ce sont les morts de Mer­kel ! », a dé­non­cé l’un des res­pon­sables du par­ti de droite po­pu­liste Al­ter­na­tive pour l’Al­le­magne (AfD), Mar­cus Pret­zell. « L’Al­le­magne n’est plus sûre » face « au ter­ro­risme de l’is­la­misme ra­di­cal », a ren­ché­ri la fi­gure de proue du mou­ve­ment, Frauke Petry, en met­tant en cause la dé­ci­sion de la chan­ce­lière d’ou­vrir le pays à l’été 2015 à près de 900.000 de­man­deurs d’asile fuyant guerre et mi­sère. ■

PHO­TO AFP

CAR­NAGE. Comme à Nice le 14 juillet der­nier, un ca­mion a fon­cé dans la foule, fai­sant au moins douze morts.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.