La France pas vrai­ment gé­né­reuse

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

La France n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment gé­né­reuse en­vers ses chô­meurs, se­lon une note du Tré­sor, dif­fu­sée hier, com­pa­rant les taux de rem­pla­ce­ment nets de 16 pays eu­ro­péens.

La di­rec­tion gé­né­rale du Tré­sor, qui dé­pend de Ber­cy, a com­pa­ré, dans 16 pays les re­ve­nus de rem­pla­ce­ment ac­cor­dés aux chô­meurs en 2014. Mais elle ne s’est pas bor­née aux seules al­lo­ca­tions chô­mage et a te­nu compte des autres al­lo­ca­tions (lo­ge­ment, fa­mi­liales…) et ré­duc­tions d’im­pôts, dont bé­né­fi­cient spé­ci­fi­que­ment les de­man­deurs d’em­ploi dans cer­tains pays. Cette ana­lyse « ré­vèle que, en moyenne, la France ne se sin­gu­la­rise pas dans le pay­sage eu­ro­péen », se­lon le Tré­sor. En France, les chô­meurs bé­né­fi­cient, en dé­but d’in­dem­ni­sa­tion, d’un taux de rem­pla­ce­ment net moyen (après co­ti­sa­tions et im­pôts) de 67 % par rap­port à leur an­cien sa­laire, soit un ni­veau com­pa­rable à la Bel­gique (68 %), l’Al­le­magne (67 %), l’Ir­lande (67 %), la Nor­vège et l’Ita­lie (66 %) et lé­gè­re­ment in­fé­rieur à la moyenne des pays tes­tés (69 %).

Fa­vo­rable aux sa­laires éle­vés

C’est net­te­ment moins qu’au Luxem­bourg (87 %), au Da­ne­mark (84 %), en Suisse (77 %), en Fin­lande (76 %), au Por­tu­gal (74 %) et aux Pays­Bas (71 %). Seuls l’Au­triche (64 %), l’Es­pagne (61 %), la Suède Au pied du sa­pin, bien peu pen­se­ront, au ma­tin de Noël, qu’il y a 25 ans, s’écrou­lait l’Union des ré­pu­bliques so­cia­listes so­vié­tiques, l’URSS, dont le der­nier di­ri­geant, Mi­khaïl Gor­bat­chev, an­non­çait sa dé­mis­sion le 25 dé­cembre 1991. Der­rière le « ri­deau de fer » qui sé­pa­rait deux ad­ver­saires ir­ré­duc­tibles – l’Oc­ci­dent, al­lié des États­Unis, et le bloc so­vié­tique, de Ber­lin à l’Ou­ral et jus­qu’à la côte Pa­ci­fique de l’Asie – il ne res­tait dé­jà plus à ce mo­ment­là que l’URSS à pro­pre­ment par­ler.

Des mois dé­ci­sifs pour l’Est : en mai 1989, la Hon­grie avait ou­vert sa fron­tière avec l’Au­triche, pre­mière brèche dans ce « ri­deau de fer » ain­si nom­mé par Chur­chill en 1946. Le mois sui­vant, en Po­logne, le syn­di­cat So­li­dar­nosc, sou­te­nu par le pape JeanPaul II, met fin à l’hé­gé­mo­nie com­mu­niste sans que Gor­bat­chev ne ré­agisse.

Et le 9 no­vembre, le mur qui cou­pait Ber­lin en deux de­puis 1961 tombe sous la co­lère de la foule, ou­vrant la voie à la réuni­fi­ca­tion de l’Al­le­magne. La Tché­co­slo­va­quie fait sa « Ré­vo­lu­tion de ve­lours ». La Rou­ma­nie se li­bère plus bru­ta­le­ment en exé­cu­tant les époux Ceau­ses­cu qui la tiennent d’une main de fer de­puis 1965. (56 %) et le Royaume­Uni (54 %) sont moins gé­né­reux que la France.

Le sys­tème fran­çais est, en re­vanche, le pays le plus fa­vo­rable aux chô­meurs qui ont per­du un sa­laire éle­vé (su­pé­rieur à deux fois le sa­laire moyen). Dans ce cas, leur taux de rem­pla­ce­ment net est en moyenne de 68 % en dé­but d’in­dem­ni­sa­tion, soit 20 points de plus que le taux moyen de l’échan­tillon (48 %).

Autre spé­ci­fi­ci­té fran­çaise : « le re­ve­nu de rem­pla­ce­ment des de­man­deurs d’em­ploi pro­vient prin­ci­pa­le­ment des al­lo­ca­tions chô­mage », con­trai­re­ment à d’autres pays, où il est prin­ci­pa­le­ment lié à d’autres trans­ferts so­ciaux ou à des baisses d’im­pôts. ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.