Je­dra­siak a trou­vé le temps un peu long

Paul Je­dra­siak re­vient de bles­sure après deux mois d’ab­sence. Un re­tour face au Stade Fran­çais, ce soir, par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­du. À com­men­cer par le joueur lui-même.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rugby - Jean-Fran­çois Nu­nez

Il com­men­çait à trou­ver le temps un peu long. Il avoue même qu’il a comp­té les jours. Paul Je­dra­siak n’est pas un im­pa­tient de na­ture, le gar­çon a la tête trop bien po­sée sur ses larges épaules pour ce­la, mais on de­vine fa­ci­le­ment que ce­la com­men­çait à le cha­touiller. Un homme d’ac­tion ne peut pas long­temps se sa­tis­faire de sim­ple­ment re­gar­der ses co­équi­piers en ron­geant son frein.

Deux mois après sa bles­sure face à Bor­deaux­Bègles en Coupe d’Eu­rope, une rup­ture du li­ga­ment ti­bio­fi­bu­laire in­fé­rieur, le deuxième ligne est donc d’at­taque pour af­fron­ter le Stade Fran­çais, ce soir (19 heures), dans un stade Mi­che­lin qui en re­de­mande après le der­nier épi­sode eu­ro­péen face à l’Ul­ster. Ce­la tombe bien, car lui aus­si veut sa part de jeu, de joie, de plai­sir, de vic­toire.

« C’est un mort de faim et il a en­vie de mon­trer qu’il est là, qu’il existe, sou­ligne à son su­jet Franck Azé­ma. On connaît ses qua­li­tés, son en­thou­siasme, sa gé­né­ro­si­té sur le ter­rain. C’est un com­pé­ti­teur ». Et le se­vrage for­cé qu’il vient de su­bir, aus­si bien avec Cler­mont qu’en équipe de France avec la­quelle il avait été ap­pe­lé pour les tests de no­vembre, n’a rien ar­ran­gé à l’af­faire.

Il a re­pris les 6 kg per­dus pen­dant la pré-sai­son

Au­jourd’hui, il jette un re­gard mi­amusé, mi­fa­ta­liste sur sa bles­sure. Son re­tour oc­culte tout le reste. Comme l’ap­pel de la com­pé­ti­tion. « Phy­si­que­ment, je me sens très bien, lance­t­il. J’ai eu le temps de me soi­gner, de bien tra­vailler aus­si. J’ai re­pris du muscle au ni­veau du haut du corps. J’étais pas mal des­cen­du pen­dant la pré­sai­son où j’avais per­du 6 kg et j’ai re­trou­vé mon poids de l’an­née der­nière. J’ai bien tra­vaillé les sen­sa­tions au ni­veau de la che­ville ».

Un Je­dra­siak prêt, frais et dis­po pour le der­nier match de l’an­née à do­mi­cile, pour ap­por­ter son éner­gie et du sang neuf. À cette pé­riode de la sai­son où les or­ga­nismes ont dé­jà beau­

coup don­né, ce­la peut comp­ter à courte échéance et sur plus long terme aus­si. La pre­mière étape n’est pas pour lui dé­plaire. Et même si le Stade Fran­çais ne montre guère de pen­chant pour les voyages, les Pa­ri­siens n’ont pris qu’un point en six dé­pla­ce­ments, Paul Je­dra­siak tire im­mé­dia­te­ment la son­nette d’alarme.

« Il ne faut pas les prendre à la lé­gère, pré­vient­il. À chaque fois, les Pa­ri­siens nous mettent beau­coup de com­bat. Ils viennent ici en ayant fait souf­fler leurs joueurs en Coupe d’Eu­rope. Ils ont des convic­tions et l’en­vie de nous faire mal. Der­niè­re­ment ce­la s’est bien pas­sé, même s’il y a ces deux dé­faites à l’ex­té­rieur, mais ce­la fait du

bien de re­trou­ver les potes ». Cer­tains ont des co­équi­piers. Paul Je­dra­siak a des potes. Avec les­quels il veut don­ner le meilleur pour ter­mi­ner col­lec­ti­ve­ment et in­di­vi­duel­le­ment sur une bonne note. Face à un Stade Fran­çais qu’on a connu plus épa­noui et rayon­nant sur­tout, il sait, il connaît son rôle sur le bout des doigts. « C’est à nous, les joueurs qui ren­trons dans le groupe, de mon­trer notre en­vie de jouer, et qu’on n’est pas un ni­veau en des­sous des autres. Il faut s’ac­cro­cher, mais ce­la va être bien ».

« Les places sont chères, mais on n’est pas n’im­porte où ici. On est à Cler­montFer­rand »

S’ac­cro­cher comme il le fait pour re­ve­nir sur une concur­rence qui n’at­tend pas et mène grand train. Ce­la ne le ti­tille pas un seul ins­tant. Il semble même se nour­rir de ce contexte pour re­pous­ser ses li­mites, trou­ver du po­si­tif au lieu de ru­mi­ner. « Je me suis bles­sé au mau­vais mo­ment. J’ai ra­té les matchs in­ter­na­tio­naux et mon ab­sence a per­mis à Ar­thur de s’af­fir­mer un peu plus, de connaître des mo­ments en équipe de France aus­si. Per­son­nel­le­ment, ce n’est pas une mau­vaise chose pour moi et c’est une bonne chose pour lui… Les places sont chères ici et c’est aus­si grâce à cette dy­na­mique qu’on va vivre de belles fins de sai­sons. Les places sont chères, mais on n’est pas n’im­porte où ici. On est à Cler­mont­Fer­rand ». ■

➔ Emis­sion. Ce soir, à 21 h 05 pré­cises, nos jour­na­listes et consul­tants dé­brie­fe­ront cet ASM - Stade Fran­çais dans l’émis­sion « L’Après­match », en­re­gis­trée ex­cep­tion­nel­le­ment... depuis un wa­gon In­ter­ci­tés Cler­mont - Pa­ris. Elle se­ra dif­fu­sée en di­rect puis vi­sible en re­play sur le site sports-au­vergne.fr.

PHOTO FRAN­CIS CAMPAGNONI

AMBITION. Le deuxième ligne Paul Je­dra­siak a en­vi­sa­gé le scé­na­rio idéal en forme de ca­deau de Noël pour sa re­prise en Top 14 face au Stade Fran­çais : « Bien ter­mi­ner l’an­née au stade Mi­che­lin et ne pas se faire em­bê­ter chez nous. Pour mon re­tour à la com­pé­ti­tion, ce se­rait bien une vic­toire aus­si ».

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