Un mois pour sur­vivre

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - BER­NARD STÉPHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Pour le PS tout ne va pas se jouer avec le cas­ting des sept can­di­dats ins­crits à la pri­maire, si­non ce­la au­rait été trop simple. En ef­fet ce qui se passe dans la gauche hors pri­maire se­ra aus­si im­por­tant que ce qui va se pas­ser de­dans. Les can­di­da­tures de Jean­Luc Mé­len­chon et d’Em­ma­nuel Ma­cron bous­culent com­plè­te­ment le jeu et elles vont contraindre les can­di­dats en­ga­gés dans la sé­lec­tion de fin jan­vier, et en par­ti­cu­lier Ma­nuel Valls, à élar­gir très ra­pi­de­ment leur pro­jet po­li­tique pour, dans un grand écart, al­ler cher­cher des élec­teurs vers la gauche du par­ti et vers sa droite.

Ma­nuel Valls est en­tré en campagne sur un tem­po plus com­pli­qué que pré­vu. Pre­mier mi­nistre il y a en­core quelques jours, il doit ap­pa­raître comme un homme neuf, tout en as­su­mant le bi­lan. Voi­là sa grande dif­fi­cul­té. Contraint d’élar­gir au maxi­mum, il doit me­ner campagne au­de­là de sa marque per­son­nelle. Ce qui le conduit sur des po­si­tions qui dé­bous­solent ses fi­dèles, ain­si l’an­nonce de l’aban­don du 49.3 ou de la sup­pres­sion de la Cour de jus­tice de la Ré­pu­blique.

Le PS doit comp­ter avec un im­pré­vu sé­rieux : Em­ma­nuel Ma­cron. Sa campagne re­gar­dée de haut il y a quelques se­maines, est vue dé­sor­mais comme une me­nace. Il do­mine Fran­çois Fillon, mais aus­si Ma­nuel Valls sur le ter­rain de la nou­velle éco­no­mie, de l’en­tre­prise, du tra­vail. Il s’ins­talle dans l’opi­nion, dé­si­gné personnalité de l’an­née par 48 % des Fran­çais. Hier, Sé­go­lène Royal et Do­mi­nique de Ville­pin ont eu des mots forts sym­pa­thiques pour sa dé­marche.

Dé­sor­mais, il reste un mois au PS pour dé­mon­trer qu’il n’est pas mort. Et il doit re­le­ver deux dé­fis. Le pre­mier est ce­lui de la par­ti­ci­pa­tion. Ini­tia­teur en France du sys­tème des pri­maires en 2011, dou­blé par la droite cette an­née, le PS doit réunir au moins 1,5 mil­lion d’élec­teurs sous peine d’un très gros flop. Le se­cond dé­fi est le choix d’un can­di­dat en ca­pa­ci­té de ras­sem­bler, au len­de­main du 29 jan­vier, pour pré­tendre être le pre­mier à gauche au pre­mier tour de l’élec­tion présidentielle. C’est la clé, non pas pour ga­gner l’élec­tion présidentielle, mais pour re­fon­der un par­ti de gauche de gou­ver­ne­ment.

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