An­ge­la Mer­kel cherche à ras­su­rer

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

An­ge­la Mer­kel a ten­té hier de ras­su­rer son opi­nion en di­sant es­pé­rer « bien­tôt » l’ar­res­ta­tion du sus­pect tu­ni­sien de l’at­ten­tat de Ber­lin, alors que la po­lice est ver­te­ment cri­ti­quée pour avoir lais­sé fi­ler cet is­la­miste no­toire.

Les en­quê­teurs ont re­trou­vé les em­preintes di­gi­tales d’Anis Am­ri, un Tu­ni­sien de­man­deur d’asile dé­bou­té de 24 ans, dans la ca­bine du ca­mion uti­li­sé pour le car­nage de lun­di soir sur un mar­ché de Noël.

Si plu­sieurs per­qui­si­tions ont eu lieu, au­cune in­di­ca­tion n’a été don­née quant à l’en­droit où il pour­rait se ter­rer près de 72 heures après cette at­taque re­ven­di­quée par le groupe État is­la­mique.

Après une vi­site au quar­tier gé­né­ral des en­quê­teurs à Ber­lin, An­ge­la Mer­kel a dit es­pé­rer « une ar­res­ta­tion bien­tôt », louant « le tra­vail hau­te­ment pro­fes­sion­nel […] sans ac­croc » des li­miers. Elle s’est aus­si dit « très fière » du calme des Al­le­mands, qui n’ont pas cé­dé à la pa­nique après l’at­ten­tat is­la­miste le plus san­glant qu’ait connu le pays.

Ces pro­pos in­ter­viennent alors que les au­to­ri­tés à À quelque chose, mal­heur est bon. L’ONG Trans­pa­ren­cy In­ter­na­tio­nal vient de sa­luer l’ac­tion de Fran­çois Hol­lande en ma­tière de fraude et de cor­rup­tion. Une bonne nou­velle alors que s’achève l’unique man­dat d’un pré­sident tra­hi dès les pre­miers mois de son quin­quen­nat par son mi­nistre du Bud­get, Jé­rôme Ca­hu­zac, ac­cu­sé dès dé­cembre 2012 d’avoir détenu un compte en Suisse, à la banque UBS, par le site d’in­for­ma­tion Me­dia­part.

La suite, on la connaît. Po­li­ti­que­ment dé­sas­treuse, l’af­faire conduit au dé­part de Jé­rôme Ca­hu­zac de Ber­cy, le 19 mars 2013. Mais aus­si à la créa­tion du par­quet na­tio­nal fi­nan­cier et de la Haute Au­to­ri­té pour la trans­pa­rence de la vie pu­blique. Deux ins­ti­tu­tions dé­ci­dées dès le mois d’avril 2013 qui per­mettent à l’ONG de sa­luer un chan­ge­ment de cul­ture en France, avec la pu­bli­ca­tion du pa­tri­moine et des liens d’in­té­rêts des per­son­na­li­tés pu­bliques en dé­but et en fin de man­dat, et l’en­trée en vi­gueur de l’in­ter­dic­tion de cu­mul des man­dats, l’an pro­chain.

Ju­ri­di­que­ment, quoi qu’il reste libre et ait an­non­cé faire ap­pel, la condam­na­tion de Jé­rôme Ca­hu­zac à trois ans tous les ni­veaux, po­li­tique, fé­dé­ral, ré­gio­nal, po­lice et jus­tice sont sous le feu des cri­tiques pour avoir lais­sé libre Anis Am­ri pen­dant des mois alors qu’il était clas­sé is­la­miste « dan­ge­reux ».

Po­li­ciers cri­ti­qués

Le gou­ver­ne­ment a pro­mis des « consé­quences » au mo­ment op­por­tun face aux dys­fonc­tion­ne­ments consta­tés. Les po­li­ciers ont été vi­ve­ment cri­ti­qués d’abord pour avoir fo­ca­li­sé leur at­ten­tion pen­dant 24 heures sur un sus­pect pa­kis­ta­nais fi­na­le­ment mis hors de cause.

Dès mar­di ma­tin, les pa­piers d’Am­ri avaient été re­trou­vés dans le ca­mion, mais l’avis de re­cherche al­le­mand et eu­ro­péen n’a été lan­cé que dans la nuit de mar­di à mer­cre­di, lui lais­sant un temps pré­cieux pour dis­pa­raître.

Par ailleurs, le jeune tu­ni­sien, ar­ri­vé en Al­le­magne en juillet 2015, n’a ja­mais réel­le­ment été in­quié­té par les au­to­ri­tés alors que celles­ci qui avaient pour­tant ac­cu­mu­lé une foule d’in­dices. Elles le soup­çon­naient de vou­loir com­mettre un at­ten­tat et le sa­vaient en contact avec des sa­la­fistes connus. ■

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