Obama montre sa frus­tra­tion

La Montagne (Vichy) - - France & Monde - Actualités -

C’est une simple abs­ten­tion, mais son poids politique et di­plo­ma­tique est consi­dé­rable. À moins d’un mois de son dé­part de la Mai­sonB­lanche, Ba­rack Obama a fi­na­le­ment lais­sé libre cours à sa frus­tra­tion à l’égard d’Is­raël.

Se­lon la Mai­son­Blanche, ce n’est que quelques heures avant le vote de ven­dre­di soir que Ba­rack Obama a dé­ci­dé de per­mettre l’adop­tion d’une ré­so­lu­tion de l’ONU condam­nant la co­lo­ni­sa­tion is­raé­lienne dans les Ter­ri­toires pa­les­ti­niens. Les ÉtatsU­nis se sont abs­te­nus et n’ont donc pas fait usage de leur droit de ve­to.

La Mai­son­Blanche es­time avoir épui­sé toutes les autres options pour convaincre Is­raël que sa politique de construc­tions dans les Ter­ri­toires pa­les­ti­niens et à Je­ru­sa­lem­Est sa­bote les es­poirs de paix. De­puis des mois, Wa­shing­ton en­voyait des si­gnaux de plus en plus in­sis­tants sur le fait que l’ac­cé­lé­ra­tion de la co­lo­ni­sa­tion rui­nait les es­poirs d’un ac­cord de paix sur la base d’une so­lu­tion à deux États : Is­raël et un État pa­les­ti­nien. OBAMA-NE­TA­NYA­HU. Une re­la­tion em­preinte de mé­fiance. Hier soir, le Pre­mier ministre is­raé­lien a qua­li­fié la ré­so­lu­tion onu­sienne de « biai­sée et hon­teuse ».

Après le vote de ven­dre­di, l’en­voyé spé­cial des États­Unis pour le Pro­cheO­rient Frank Lo­wen­stein a in­di­qué que le se­cré­taire d’État John Ker­ry for­mu­le­rait pro­chai­ne­ment des idées pour re­lan­cer le pro­ces­sus de paix.

Trump ras­sure les Is­raé­liens

Pour la Mai­son­Blanche, la ré­so­lu­tion re­flète le consen­sus de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale sur la co­lo­ni­sa­tion. Mais l’abs­ten­tion dé­ci­dée par Ba­rack Obama a été sé­vère­

ment cri­ti­quée à Wa­shing­ton, des dé­mo­crates et des ré­pu­bli­cains criant à la trahison en­vers le plus proche al­lié au Moyen­Orient.

Le président élu Do­nald Trump, qui s’était im­pli­qué per­son­nel­le­ment dans le dossier en ob­te­nant jeu­di un pre­mier re­port du vote, a te­nu à ras­su­rer les Is­raé­liens. « Concer­nant l’ONU, les choses se­ront dif­fé­rentes après le 20 jan­vier », date de sa prise de fonc­tions, a­t­il dit sur Twit­ter.

Pour beau­coup d’ex­perts, la dé­ci­sion de Ba­rack Obama, prise alors qu’il passe la fin de l’année à Ha­waï, s’ex­plique en par­tie par ses mau­vaises re­la­tions per­son­nelles avec le Pre­mier ministre is­raé­lien Ben­ja­min Ne­ta­nya­hu.

Im­pos­sible de faire marche ar­rière

En cas de vic­toire d’Hilla­ry Clin­ton à la pré­si­den­tielle du 8 no­vembre, Ba­rack Obama au­rait peut­être pris une dé­ci­sion dif­fé­rente à l’ONU et lui au­rait lais­sé la pos­si­bi­li­té de re­cons­truire des liens plus cha­leu­reux avec Is­raël, es­time Jo­na­than Shan­zer, vice­président de la Fon­da­tion pour la dé­fense des dé­mo­cra­ties, un centre de ré­flexion de Wa­shing­ton.

Mais les po­si­tions de Do­nald Trump fa­vo­rables à la co­lo­ni­sa­tion ont pous­sé Ba­rack Obama à lais­ser vo­ter une ré­so­lu­tion du Con­seil de sé­cu­ri­té qui risque d’af­fai­blir la po­si­tion d’Is­raël dans de fu­tures né­go­cia­tions. « On ne peut plus faire marche ar­rière », re­lève Jo­na­than Schan­zer, puis­qu’une ré­so­lu­tion du Con­seil de sé­cu­ri­té ne peut pas être an­nu­lée. ■

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