Une équipe mé­di­cale avec Dragon 63

Deux fois par se­maine, une équipe du Smur em­barque sys­té­ma­ti­que­ment avec Dragon 63. La Mon­tagne a em­bar­qué dans l’hé­li­co­ptère de la Sé­cu­ri­té ci­vile lors de l’une de ces mis­sions.

La Montagne (Vichy) - - La Une - Sté­phane Bar­noin ste­phane.bar­noin@cen­tre­france.com

Chaque lun­di et mar­di, l’hé­li­co­ptère de la Sé­cu­ri­té ci­vile em­barque dé­sor­mais un médecin et un in­fir­mier sur toutes ses mis­sions. Nous avons par­ti­ci­pé à l’une d’elles.

12 h 15 sur la base de l’hé­li­co­ptère de la Sé­cu­ri­té ci­vile du Puyde­Dôme. Comme il le fait plu­sieurs fois par jour, l’ap­pa­reil rouge et jaune s’élève bruyam­ment dans le ciel de la ZA du Bré­zet. La de­mande d’in­ter­ven­tion est tom­bée quelques mi­nutes plus tôt. « On nous de­mande d’al­ler cher­cher un homme hos­pi­ta­li­sé au Puy et de le ra­me­ner au CHU Ga­brielMont­pied », in­dique Lu­do­vic, le pi­lote.

En temps nor­mal, lui et son mé­ca­ni­cien au­raient ef­fec­tué le tra­jet al­ler seuls à bord, avant de ra­pa­trier le ma­lade et une équipe mé­di­cale po­note jus­qu’à Cler­mont­Fer­rand. Cette fois, chan­ge­ment de confi­gu­ra­tion : un médecin et un in­fir­mier du Sa­mu 63 ont pris place d’em­blée à l’ar­rière de l’hé­li­co­ptère.

Une an­née pour convaincre

Ce bi­nôme, af­fec­té deux jours par se­maine aux mis­sions de Dragon 63, va as­su­rer la prise en charge du pa­tient – un oc­to­gé­naire souf­frant de graves pro­blèmes car­diaques – au centre hos­pi­ta­lier Emi­leRoux, puis son sui­vi tout au long du vol re­tour. Plus ra­pide, mais aus­si plus éco­no­mique : le dis­po­si­tif évite de mo­bi­li­ser deux membres du Sa­mu 43 pen­dant de longues heures, le temps du trans­fert aé­rien jus­qu’à Cler­montFer­rand et du re­tour, en taxi, à leur base al­ti­li­gé­rienne.

Évo­quée de­puis des an­nées, re­pous­sée sans cesse, la mé­di­ca­li­sa­tion de l’hé­li­co­ptère de la Sé­cu­ri­té ci­vile s’est donc en­fin concré­ti­sée dé­but no­vembre (*). Avec, quand même, une nuance de taille : il ne s’agit pour l’ins­tant que d’une ex­pé­ri­men­ta­tion lan­cée pour un an et à moyens constants, sans bud­get ni ef­fec­tifs sup­plé­men­taires.

« C’est un pre­mier pas, fruit d’une en­tente sin­cè­re­ment re­cher­chée et d’un consen­sus ré­flé­chi », sou­lignent d’une même voix Phi­lippe Mil­hès, le pa­tron de la base, et De­nis Gon­za­lez, le chef du Sa­mu 63. À force de per­sé­vé­rance, les deux res­pon­sables ont re­çu le feu vert de leurs au­to­ri­tés res­pec­tives : mi­nis­tère de l’In­té­ rieur pour le pre­mier, Agence ré­gio­nale de san­té pour le se­cond.

Le duo se dit cer­tain de l’uti­li­té du dis­po­si­tif. « Sur des in­ter­ven­tions pri­maires, type ac­ci­dents rou­tiers ou in­farc­tus, l’hé­li­co­ptère n’a plus à al­ler cher­cher le médecin et l’in­fir­mier sur la pla­te­forme du CHU avant de par­tir en mis­sion. Il y a un gain réel de réac­ti­vi­té : on ar­rive plus vite au che­vet des ma­lades ou des vic­times, et on a la ca­pa­ci­té de les ra­me­ner plus vite jus­qu’au pla­teau tech­nique très com­plet du CHU. La mé­di­ca­li­sa­tion de l’hé­li­co­ptère évite aus­si de blo­quer des am­bu­lances de pom­piers pour as­su­rer les trans­ferts par la route jus­qu’à Cler­mont », avance le doc­teur Gon­za­lez.

Réac­ti­vi­té accrue et « culture com­mune »

Ef­fet moins pal­pable, mais tout aus­si es­sen­tiel, la co­ha­bi­ta­tion sur un même site de la Sé­cu­ri­té ci­vile et d’une équipe ex­pé­ri­men­tée du Smur (Ser­vice mo­bile d’ur­gence et de ré­ani­ma­tion) per­met de dé­ve­lop­per une « culture com­mune ». « Des liens se créent, une com­pré­hen­sion mu­tuelle s’ins­taure, ex­plique Phi­lippe Mil­hès. De pou­voir s’ap­puyer sur des gens qui connaissent notre ma­té­riel, qui ont une maî­trise des gestes à ac­com­plir dans un hé­li­co­ptère, c’est un vrai gage d’ef­fi­ca­ci­té ».

Au terme des douze mois de test, une étude se­ra me­née pour ana­ly­ser – entre autres – les dé­lais d’in­ter­ven­tion et la na­ture des pa­tho­lo­gies des per­sonnes éva­cuées par Dragon 63 en mode « mé­di­ca­li­sé ». « Pen­dant ce temps, nous conti­nuons évi­dem­ment à tra­vailler avec nos autres par­te­naires ha­bi­tuels : pom­piers, se­cou­ristes, gen­darmes, etc. », pré­cise le pa­tron de Dragon 63.

L’hé­li­co­ptère a ral­lié Le Puy en trente­cinq mi­nutes avant de re­ve­nir jus­qu’à Cler­mont­Fer­rand en vingt­six pe­tites mi­nutes, vent dans le dos, à 240 km/h. Le pa­tient trans­fé­ré, très fra­gi­li­sé, était dans l’en­ceinte du CHU avant 14 heures. Au même mo­ment, pi­lote, mé­ca­ni­cien, in­fir­mier et médecin étaient dé­jà dis­po­nibles pour la mis­sion sui­vante. ■

(*) Dragon 63 in­ter­vient sur­tout dans le Puy­de­Dôme, le Can­tal, l’Al­lier et la Haute­Loire, mais peut aus­si se dé­ployer en Creuse, Cor­rèze et au­de­là si be­soin.

PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

Les lun­dis et mar­dis, Dragon 63 dé­colle avec un médecin et un in­fir­mier.

PHO­TOS FRAN­CIS CAMPAGNONI

DRAGON 63. Chaque dé­but de se­maine, une équipe du Smur cler­mon­tois spé­cia­le­ment dé­ta­chée sur la base de la Sé­cu­ri­té ci­vile par­ti­cipe à toutes les mis­sions de l’hé­li­co­ptère.

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