Pe­tit Pa­pa Noël, 70 ans et pas une ride

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - So­phie Le­clan­ché so­phie.le­clanche@cen­tre­france.com ➔ Sur la­mon­tagne.fr. En vi­déo, dif­fé­rentes ver­sions de Pe­tit Pa­pa Noël.

Créée en 1946 par le chan­teur corse Ti­no Ros­si, Pe­tit Pa­pa Noël, la chan­son la plus po­pu­laire au­tour du sa­pin fête cette an­née ses soixante-dix ans.

Si votre en­fant vous pose la ques­tion : « Quel âge il a, le Père Noël ? », vous pour­rez dé­sor­mais ré­pondre sans hé­si­ta­tion : « Il a soixante­dix ans ».

Évi­dem­ment, c’est un de­mi­men­songe. Per­sonne ne connaît l’âge du Père Noël. D’ailleurs per­sonne ne connaît le Père Noël. Sauf peut­être une poi­gnée de rennes et quelques lu­tins nor­diques. En re­vanche, tous ceux qui sont nés après la Se­conde Guerre mon­diale connaissent Pe­tit Pa­pa Noël ,la plus cé­lèbre des chan­sons à fre­don­ner au pied du sa­pin.

Par­faite sur la di­ges­tion de la bûche, c’est le top dé­part idéal pour en­voyer la pro­gé­ni­ture au lit et goû­ter à un mo­ment de dé­tente bien mé­ri­té après le rush d’avant les fêtes. Im­mor­ta­li­sée, telle qu’on

la connaît au­jourd’hui, par Ti­no Ros­si, dé­jà qua­dra­gé­naire, en 1946, elle a été écrite par deux Mar­seillais : un cer­tain Ray­mond Vin­cy (Le Chan­teur de Mexi­co, c’est lui aus­si) sur une mu­sique d’un autre cer­tain Hen­ri Mar­ti­net (au­teur du mys­té­rieux

Dau­rade Jo­lie et de Y a des za­zous re­prise par Bri­gitte Fon­taine) lui­même ins­pi­ré par une mé­lo­die russe du XVIIIe siècle.

Cette chan­son au goût de ma­de­leine, l’icône vo­cale corse l’a ré­vé­lée dans le film Des­tins, de Ri­chard Pot­tier (avec Mi­la Pa­re­ly,

qui a lon­gue­ment vé­cu à Vi­chy). Elle n’a ces­sé de­puis de col­ler à la peau du french croo­ner et elle compte par­mi les titres les plus vendus au monde – 30 mil­lions d’exem­plaires – avec Ne me quitte pas de Jacques Brel. Et comme la tris­tis­sime an­

tienne pré­ci­tée, elle a été in­ter­pré­tée dans toutes (ou presque) les langues, sur tous les conti­nents, jouée sur tous les ins­tru­ments pos­sibles, et a for­cé­ment été dé­tour­née à sou­hait. Pe­tit Pa­pa Noël a soixante­dix ans et n’a pas pris une ride. Sa mé­lo­die simple et son texte bon en­fant, laïc, tel qu’on l’avait vou­lu au sor­tir de la guerre, trottent dans toutes les têtes à la vue de la pre­mière guir­lande.

À la trompe de chasse aus­si…

De­puis sept dé­cen­nies, elle a été chan­tée, jouée, su­sur­rée, braillée, lar­moyée sur tous les tons. Par Jor­dy et La Com­pa­gnie Créole, à l’har­mo­ni­ca dia­to­nique et à la trompe de chasse ; par le duo Do­ro­thée et Car­los et par un bé­bé la­bra­dor ; à la flûte de pan et par les Choeurs de l’Ar­mée Rouge ; par Re­né la Taupe, Mi­reille Ma­thieu, feu Gré­go­ry Le­mar­chal, Hen­ri Dès, les Mi­nions, deux or­tho­pho­nistes qué­bé­coises en langue des signes, An­dré Ver­chu­ren en so­lo à l’ac­cor­déon, en ver­sion go­thique avec des pa­roles très trash, au uku­lé­lé, et des cen­taines d’autres sur scène ou dans leur salle de bains. Mais pas que... ■

PH. DR

FIGÉ. Le croo­ner de l’Île de Beau­té a gra­vé dans le marbre (et dans la cire) un hymne à l’en­fance re­pris des cen­taines de fois.

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