Zi­né­dine Zi­dane, an­née de la gagne

Pour sa pre­mière an­née sur le banc du Real, le bi­lan est faste pour Zi­dane : vic­to­rieux de la Ligue des cham­pions en mai, puis de la Su­percoupe d’Eu­rope en août.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rétro 2016 -

«J’adore ga­gner, je suis un ga­gneur. » Zi­né­dine Zi­dane le dit sou­vent et l’an­née 2016 lui donne rai­son. Qui d’autre que lui au­rait pu rem­por­ter la Ligue des cham­pions, cinq mois après avoir été nom­mé coach du Real Ma­drid, son pre­mier poste à ce ni­veau ?

« Cer­tains mettent 15 ans avant de la ga­gner, d’autres ne la ga­gne­ront ja­mais. » L’hom­mage vient de l’autre « Père la victoire » du foot fran­çais, Di­dier Des­champs, qui lui aus­si a tous les tro­phées chez lui ­ cham­pion du monde, cham­pion d’Eu­rope ­ et a lui aus­si ga­gné la Coupe aux grandes oreilles. Mais seule­ment comme joueur, pas comme en­traî­neur.

Car Zi­zou, 44 ans, lui, a les deux : c’est sa re­prise de vo­lée de lé­gende un soir à Glas­gow contre le Bayer Le­ver­ku­sen qui of­frit la C1 en 2002 au Real.

C’était la 9e du club. Celle qu’il sou­le­va dans le cos­tume d’en­traî­neur fut la 11e, re­cord ab­so­lu. On peut même ajou­ter celle de 2014, rem­por­tée par le Real en­traî­né alors par Car­lo An­ce­lot­ti, qui avait comme ad­joint le na­tif de Mar­seille.

Re­tour sur l’an­née 2016. En jan­vier, ZZ, en­traî­neur de la ré­

serve ma­dri­lène, la Cas­tilla, est pro­pul­sé en­traî­neur n° 1 en rem­pla­ce­ment d’un Ra­fael Be­ni­tez dont le mes­sage ne passe plus.

Ba­taille de l’image

Pre­mier coup ga­gnant : lors de son in­tro­ni­sa­tion, il pose tout sou­rire, dé­con­trac­té, aux cô­tés de sa femme Vé­ro­nique et de ses quatre fils, qui jouent tous au football, dont l’aî­né ap­pe­lé En­zo en hom­mage à Fran­ces­co­li, idole de jeu­nesse de son père. Com­pre­nez : Le Real Ma­drid est un club fa­mi­lial et le Bal­lon d’or 1998 est chez lui.

C’est ce qu’a confir­mé le pré­sident ma­dri­lène Flo­ren­ti­no Pé­rez dans un en­tre­tien ré­cent : « C’est quel­qu’un qui s’est par­fai­te­ment in­té­gré à ce club et le connaît sur le bout des doigts. Ses va­leurs cor­res­pondent à celles du Real Ma­drid et c’est une his­toire d’amour, belle et éter­nelle. »

Evi­dem­ment, la vie au quo­ti­dien d’un coach n’est pas faite que de bon­heurs suc­ces­sifs. Il y a par­fois des trous d’air, mais Zi­dane fait preuve d’au­to­ri­té quand il le faut. Il suf­fit de de­

man­der à la star co­lom­bienne James Ro­dri­guez qui n’entre plus dans ses plans ou en­core à Cris­tia­no Ro­nal­do en­voyé contre son gré sur le banc pen­dant les pé­riodes de moins bien. Ce que CR7 n’au­rait ja­mais ac­cep­té de Be­ni­tez, il l’a di­gé­ré avec Zi­dane.

« Outre le fait qu’il tra­vaille beau­coup, il a cette au­to­ri­té sur les joueurs, parce qu’il a été un grand foot­bal­leur, dé­crypte en­core Flo­ren­ti­no Pé­rez. Quand il parle avec les joueurs, il dis­pose de la re­con­nais­sance et de l’au­to­ri­té né­ces­saires. Au sein de l’ef­fec­tif du Real Ma­drid, même si les joueurs sont tous très bons, ce n’est pas fa­cile de les gé­rer. »

« L’ar­ri­vée de Zi­zou a été im­por­tante » avait souf­flé Ser­gio Ra­mos, cadre du Real, le 28 mai à Mi­lan, alors que la Mai­son

Blanche ve­nait de rem­por­ter la Ligue des cham­pions à Mi­lan contre son ri­val ma­dri­lène de l’At­le­ti­co.

« Avec Zi­zou, le ves­tiaire était uni, même si avec Be­ni­tez (pré­dé­ces­seur de Zi­zou) il y a eu des bons mo­ments, mais Zi­zou a ap­por­té son cô­té po­si­tif », pour­sui­vait le dé­fen­seur.

C’est ce qui avait frap­pé du­rant la fi­nale de la C1 : le calme im­pres­sion­nant du Fran­çais alors que le match s’éti­rait pour­tant et al­lait aux tirs au but (1­1 ; 5 t.a.b à 3).

« Co­mo no te voy a que­rer ( comment ne pas t’ai­mer, ndlr) », ont scan­dé des mil­liers de fans en voyant le 29 mai ap­pa­raître dans les rues de Ma­drid les joueurs du Real ve­nus leur pré­sen­ter cette Ligue des cham­pions tant dé­si­rée, ga­gnée la veille.

Ce mes­sage des sup­por­ters du Real s’adres­sait aus­si à Zi­zou. Il l’a en­ten­du d’ailleurs, lui qui di­sait ce mois­ci : « Je vais res­ter ici toute ma vie, parce que je me plais beau­coup dans cette ville et dans ce pays, qui m’a tou­jours té­moi­gné beau­coup d’af­fec­tion. » ■

« Il a cette au­to­ri­té sur les joueurs, parce qu’il a été un grand foot­bal­leur »

ÉCOU­TÉ. Zi­né­dine Zi­dane a ra­me­né de l’ordre dans le ves­tiaire du Real Ma­drid qu’il a ra­pi­de­ment por­té au triomphe.

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