Un grand fes­ti­val rock pour l’Al­lier

Tous les fes­ti­vals se suivent et se res­semblent ? Jusque-là, peut-être. Dé­sor­mais, il fau­dra comp­ter avec Against the wind, nou­veau ren­dez-vous am­bi­tieux dé­dié au rock, folk et blues. Ren­dez-vous à l’été 2017 pour la 1re édition.

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - Mat­thieu Per­ri­naud mat­thieu.per­ri­naud@cen­tre­france.com D.R.

Puce à l’Oreille, Riom, 13 no­vembre 2015. Sur scène, ce soir­là, la lé­gende la folk El­liott Mur­phy. Dans la salle, deux fans gan­na­tois, Lo­ren­zo To­nuit­ti et son amie. Avant le rappel, la nou­velle tombe. Dans une autre salle de spec­tacle, au Ba­ta­clan, le show vient de vi­rer à l’hor­reur. « Quand il vit en France, El­liott Mur­phy ha­bite juste der­rière le Ba­ta­clan, ra­conte Lo­ren­zo To­niut­ti. Il a fait une chan­son et s’est sau­vé aus­si­tôt. Nous, en ren­trant à la mai­son, on a dé­cou­vert ce qu’il se pas­sait. »

Im­mense choc. « Je ne connais per­sonne qui est mort là­bas, mais j’ai mon ga­min qui sort, par­fois, et j’ai pen­sé à ces pa­rents qui ne re­ver­raient ja­mais leur en­fant. Ça m’a mis en pé­tard. Bi­zar­re­ment, j’ai été vrai­ment très af­fec­té. »

« C’était notre coup de pied au cul à nous »

Cha­cun sa ré­ponse à un trau­ma­tisme. Le couple trouve la sienne à 6 heures du ma­tin. Un fes­ti­val. Pour ne pas « se lais­ser en­fer­mer ! ». « C’était notre coup de pied au cul à nous. »

À deux, ils créent l’as­so­cia­tion Gan­natfest’, quelques se­maines plus tard. Cherchent à contac­ter El­liott Mur­phy. « Ça avait du

sens. » Il ac­cepte. De jouer, et d’être par­rain. Et du même coup, sé­duit par le pro­jet, son agent en France, Laurent Milliet, re­joint l’aven­ture, comme pro­gram­ma­teur ar­tis­tique.

Mais pas ques­tion de jouer des coudes. Seule­ment de la mu­sique. Alors ils s’en­quièrent de l’agen­da de la Puce à l’Oreille, his­toire de ne pas mar­cher sur ses plates­bandes. Au­cun sou­ci. Mais à l’ar­ri­vée, deux re­crues sup­plé­men­taires, de la salle puy­do­moise, Amé­lie Com­père et Pa­trick Be­che­fer.

C’est par­ti. Vite. Fort. Avec une im­mense vo­lon­té, et un peu d’argent. « Je pars en fonds propres, pour­suit Lo­ren­zo To­niut­ti. J’y ai mis mes éco­no­mies. À l’ar­

ri­vée, on es­père que ça se­ra viable, on n’a tout de même pas des fleurs dans les che­veux… »

Une pe­tite pierre éco­no­mique sur la­quelle il bâ­tit, pe­tit à pe­tit, les fon­da­tions de son rêve. Porte à porte, par­te­naire après par­te­naire. « J’ai été pré­sident du club de rug­by de Gan­nat, pen­dant quelque temps, et je n’ai pas la ré­pu­ta­tion de re­cu­ler de­vant l’ef­fort, ça a peut­être ai­dé à convaincre… »

Le fes­ti­val Against the wind est né. Trois jours de mu­sique. 15.000 per­sonnes at­ten­dues sur le Champ de foire. Plus de 800.000 eu­ros de bud­get. Un mas­to­donte. Trop gros ? En tout cas, le dé­fi est as­su­mé. « Dès le dé­part, quitte à faire quelque chose, pour s’im­po­ser, qu’on parle de nous, on vou­lait que ce soit consé­quent. »

Et ori­gi­nal, aus­si. « Tous les fes­ti­vals ont la même pro­gram­ma­tion, à peu de chose près. Nous, c’est rock/folk/blues, et on n’en sor­ti­ra pas ! Même s’il me manque quel­qu’un et 5.000 places à faire, je ne fe­rai pas ve­nir Louane ou NTM pour rem­plir ! Nous ne sommes pas non plus le Hell­fest, qui est le sommet dans son genre. Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde. »

Des pre­miers noms ont été li­vrés en pâ­ture aux afi­cio­na­dos cultu­rels : Zuc­che­ro ; le my­thiques Blue Oys­ter Cult ; John Ills­ley, le bas­siste his­to­rique de Dire Straits…

De son cô­té la ville de Gan­nat joue le jeu lo­gis­tique, mais ne fi­nance pas (lire par ailleurs), pré­fé­rant jouer la pru­dence. Mais le deal convient par­fai­te­ment à Lo­ren­zo To­niut­ti « C’était une vo­lon­té. Les gens qui at­tendent une sub­ven­tion pour faire vivre une as­so­cia­tion, sou­vent, se cassent la gueule. Si on en ob­te­nait, on ne re­fu­se­rait évi­dem­ment pas, mais ce ne se­rait que du bo­nus. On ne veut pas que la via­bi­li­té du pro­jet dé­pende de ça. C’est sû­re­ment aus­si ça qui a sé­duit les par­te­naires. »

Gannafest’es­père at­ti­rer 15.000 per­sonnes sur les trois jours de fes­ti­val. Reste à le voir, pour le croire… ■

« Nous, c’est rock/folk/blues. Je ne fe­rai pas ve­nir Louane ou NTM pour rem­plir ! »

PHO­TO GIO­VAN­NI – GASTEL

IN­TER­NA­TIO­NAL. L’ar­tiste Zuc­che­ro, la pre­mière tête d’af­fiche du fes­ti­val, joue­ra sa­me­di 1er juillet.

D.R.

BLUE OYS­TER CULT. Les ro­ckers du my­thique culte de l’huitre bleu se­ront à Gan­nat cet été.

JOHN ILLS­LEY. Le bas­siste his­to­rique du groupe ma­jeur Dire Straits se­ra de la par­tie, lui aus­si, dans l’Al­lier.

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