Des len­de­mains qui chan­te­ront

La France a ter­mi­né 2016 au sommet de la hié­rar­chie in­ter­na­tio­nale grâce no­tam­ment à la vic­toire de Ar­naud Dé­mare sur Mi­lanSan­re­mo et au po­dium de Ro­main Bar­det sur le Tour.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rétro 2016 -

France, Bel­gique, Ita­lie (puis Co­lom­bie et Es­pagne). Fi­gu­rer dans le trio de tête du clas­se­ment, qui réunit les trois na­tions his­to­riques de ce sport, est plus qu’un sym­bole pour le cy­clisme fran­çais, sa­tis­fait mais pas en­tiè­re­ment com­blé par sa jeune classe. Il veut croire en un ave­nir en­core meilleur à l’image de Ar­naud Dé­mare, vain­queur en mars de Mi­lan­San­re­mo.

« En ga­gnant sur la Via Ro­ma, j’ai fran­chi une bar­rière psy­cho­lo­gique. Au­jourd’hui, quand je pré­pare un objectif, je ne me dis plus “peut­être” mais “c’est pos­sible !” », ex­plique le Pi­card dans la pré­face ac­cor­dée au Livre d’or du cy­clisme, l’ou­vrage an­nuel du jour­na­liste Jean­Luc Ga­tel­lier.

Pi­not : le meilleur est à ve­nir

Dé­mare est is­su de la classe 1991. Comme War­ren Bar­guil, dont la sai­son a été contra­riée d’em­blée par un ac­ci­dent de la cir­cu­la­tion. Ils suivent la gé­né­ra­tion do­rée 1990 (Ro­main Bar­det, Na­cer Bou­han­ni, Thi­baut Pi­not), en passe de prendre le pou­voir dans le pe­lo­ton (avec Aru, Chaves, Quin­ta­na, Sa­gan, etc.). Ils pré­cèdent d’un an deux autres ta­lents, Ju­lian Ala­phi­lippe et Bryan Co­quard, pour l’ins­tant en­core can­ton­nés aux pro­messes.

A lui seul, Ala­phi­lippe ré­sume la frus­tra­tion fran­çaise. Le Mont­lu­çon­nais, deuxième de la Flèche wal­lonne, a flir­té à deux re­prises avec le suc­cès d’étape au Tour de France. Mais, sur­tout, il est res­té au pied du po­dium olym­pique à Rio.

« On est vrai­ment pas­sé tout près », ana­lyse le sé­lec­tion­neur na­tio­nal Ber­nard Bour­reau, qui a mis fin à ses fonc­tions fin no­vembre. « C’est une sa­tis­fac­tion au­tant qu’un re­gret. »

Ala­phi­lippe, dont le pro­fil de pun­cheur s’ap­pa­rente à ce­lui de Sa­gan, s’est par­tiel­le­ment conso­lé avec une mé­daille d’argent aux cham­pion­nats d’Eu­rope… der­rière le Slo­vaque. Preuve de l’éclec­tisme dont fait preuve ce

vif­argent, au po­ten­tiel en­core im­pré­cis après sa vic­toire en mai dans le Tour de Ca­li­for­nie, une course par étapes d’une se­maine.

« Je me dis que je ne dois plus ra­ter les oc­ca­sions de mettre la balle au fond » Ro­main Bar­det

Le meilleur est aus­si à ve­nir pour Pi­not, dont la sai­son s’est fra­cas­sée sur un Tour de France lou­pé (aban­don). Son ef­fi­ca­ci­té dans le contre­la­montre, au point d’en­le­ver ce­lui du Tour de Ro­man­die, ses qua­li­tés de grim­

peur, sa marge de pro­gres­sion glo­bale, plaident en sa fa­veur. Dans les courses par étapes et aus­si dans le Tour s’il par­vient à se sen­tir com­plè­te­ment à l’aise dans le grand cirque de juillet, évé­ne­ment impitoyable et ré­vé­la­teur de toutes les fai­blesses.

Bou­han­ni, lui aus­si, ter­mine l’an­née sur une note mi­figue mi­rai­sin. Des vic­toires pour ce­lui qui fi­gure par­mi les meilleurs sprin­teurs mon­diaux mais des échecs ré­pé­tés dans les grands ren­dez­vous (clas­siques, Tour, cham­pion­nat du monde), par im­pré­voyance, im­pa­tience ou simple mal­chance. Au contraire de Bar­det, qui a en­core pas­sé un cap en 2016. Tant par son ni­veau de per­for­mances que par sa ré­gu­la­ri­té.

« J’ai été pré­sent de fé­vrier (2e du Tour d’Oman) à oc­tobre (4e)

du Tour de Lom­bar­die », se fé­li­cite l’Au­ver­gnat qui a sur­tout en­thou­sias­mé son pu­blic lors du Tour de France. La vic­toire d’étape à Saint­Ger­vais Mont Blanc a pré­lu­dé à la deuxième place sur les Champs­Ely­sées der­rière le Bri­tan­nique Ch­ris Froome.

Lu­cide, le cham­pion fran­çais sou­ligne l’écart qui le sé­pare en­core de la vic­toire à Pa­ris. Mais, cette clair­voyance, loin de mar­quer une am­bi­tion au ra­bais, ap­puie un im­mense ap­pé­tit, étayé, pro­gram­mé, réa­liste.

Bar­det l’af­firme, il veut com­men­cer par ga­gner da­van­tage de courses : « Quand je vois le nombre de fois, no­tam­ment sur les ar­ri­vées au sommet, où je ter­mine troi­sième ou qua­trième, je me dis que je ne dois plus ra­ter les oc­ca­sions de mettre la balle au fond. » ■

JOIE. Deuxième du gé­né­ral du Tour de France, Ro­main Bar­det est le seul Fran­çais à avoir rem­por­té une étape sur la Grande boucle, cette an­née.

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