La Ré­gion trouve que la SNCF dé­raille

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - Phi­lippe Cros

La Ré­gion Au­vergne Rhô­neAlpes n’a pas trou­vé d’ac­cord avec la SNCF sur les TER, consi­dé­rant que le coût est trop éle­vé et le ser­vice pas au ren­dez-vous.

C’est un bras de fer qui ne dit pas tout à fait son nom. A la re­cherche du « juste prix », la Ré­gion Au­vergne­Rhône­Alpes a dit non aux pro­po­si­tions de la SNCF pour le ré­seau des TER. Consé­quence : il n’y au­ra plus de conven­tion entre les deux par­ties au 1er jan­vier.

Ras­su­rez­vous, les TER vont conti­nuer de cir­cu­ler en 2017 comme en 2016. Et si l’exé­cu­tif ré­gio­nal a éga­le­ment vo­té ce que l’on ap­pelle « la li­ber­té ta­ri­faire », le prix des billets ne va pas bou­ger en jan­vier.

Amé­lio­ra­tion du ser­vice d’abord

« L’en­jeu est d’abord ce­lui de l’amé­lio­ra­tion du ser­vice aux usa­gers », in­siste Laurent Wau­quiez, pré­sident LR de la Ré­gion.

S’ap­puyant sur la ré­gle­men­ta­tion eu­ro­péenne, la REGIOLIS. Le nou­veau mo­dèle de train Ré­gio­lis cir­cule de­puis dé­but dé­cembre. Laurent Wau­quiez a inau­gu­ré les nou­velles rames le lun­di 12 dé­cembre, à Clermont-Fer­rand.

deuxième ré­gion de France pour les TER (après l’Ile­de­France) va fixer elle­même « les obli­ga­tions de ser­vice » et « le mon­tant de la re­de­vance au ni­veau où il de­vrait être »,

in­dique Pa­trick Mi­gno­la, vice­pré­sident MoDem char­gé du dos­sier. Le chèque est es­ti­mé à 510 mil­lions d’eu­ros en ce dé­but d’an­née, à com­pa­rer aux 567 mil­lions d’eu­ros payés

en 2016. Des ajus­te­ments sont pré­vus sur la base du ser­vice ef­fec­ti­ve­ment réa­li­sé. À mi­ni­ma, la Ré­gion es­père éco­no­mi­ser 40 mil­lions.

L’exé­cu­tif ré­gio­nal as­sure que la dis­cus­sion se pour­suit, avec un ren­dez­vous au bout d’un an, qui per­met­tra de faire le point sur le rap­port entre qua­li­té du ser­vice et coût.

À gauche, l’élu ar­dé­chois du groupe Front de Gauche, Fran­çois Jac­quart, soup­çonne la ma­jo­ri­té ré­gio­nale de se pré­pa­rer à une éven­tuelle ou­ver­ture de la concur­rence, à l’image du pré­sident LR Pro­vence­Alpes­Côte d’Azur Ch­ris­tian Es­tro­si, qui n’en fait pas mys­tère. Mais à Lyon, ce n’est pas au­jourd’hui à l’ordre du jour.

Pour Jean­Mi­chel Guerre, conseiller ré­gio­nal PS du Bour­bon­nais, « la ma­jo­ri­té ac­tuelle pro­met­tait de tout ré­vo­lu­tion­ner. Au­jourd’hui, les an­nonces se heurtent à la réa­li­té. » « On n’a pas une ba­guette ma­gique, ré­plique Pa­trick Mi­gno­la. La conven­tion, c’est celle de la pré­cé­dente ges­tion, pas la nôtre. À chaque fois qu’on ou­vrait un pla­card, on trou­vait un ca­davre. On paye la der­nière de vos fac­tures. »

Ce qui met à peu près tout le monde d’ac­cord, c’est la né­ces­si­té d’amé­lio­rer le ser­vice : « Cette an­née en­core, nous avons su­bi des ni­veaux de per­for­mance qui nous placent dans les toutes der­nières ré­gions TER de France, as­sure Pa­trick Mi­gno­la. Des trains sup­pri­més tous les jours, 7 % des trains n’ont pas cir­cu­lé, un taux de ponc­tua­li­té à 92 % avec des lignes cau­che­mar­desques à 70 ou 75 %. »

« Nous sommes le pre­mier client TER de la SNCF et on ne va pas se lais­ser faire. »

Dans un style plus cow­boy, Laurent Wau­quiez pré­vient : « Quand on dé­couvre l’opa­ci­té de la SNCF, il y a de quoi vous écoeu­rer. Le mé­pris avec le­quel on est trai­té dans nos dis­cus­sions, ça va comme ça. Nous sommes le pre­mier client TER de la SNCF (NDLR, hors ré­gion pa­ri­sienne) et on n’a pas l’in­ten­tion de se lais­ser faire. On est en droit de de­man­der plus de res­pect pour nos usa­gers au­ver­gnats et rhô­nal­pins. » ■

PHO­TO LA MON­TAGNE

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.