Phelps, Bolt, deux icônes ont illu­mi­né Rio

Le na­geur amé­ri­cain Mi­chael Phelps a pris sa re­traite après avoir por­té à 28 (dont 23 en or), son record de médailles aux JO, cet été à Rio, alors que l’ath­lète ja­maï­quain Usain Bolt a réus­si un in­croyable tri­plé en sprint comme en 2008 et 2012.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rétro 2016 -

Tout en haut de l’Olympe : l’Amé­ri­cain Mi­chael Phelps et le Ja­maï­quain Usain Bolt ont pha­go­cy­té les Jeux de Rio ­ comme ceux de Pé­kin et Londres au­pa­ra­vant ­ en icônes ab­so­lues de leur sport.

Quel que soit l’en­droit, la pre­mière se­maine c’est tou­jours Phelps qui se jette à l’eau. Tou­jours, car le ca­len­drier des JO en dé­cide ain­si, avec la na­ta­tion en ou­ver­ture.

Mais cette fois, la pis­cine olym­pique de Rio est pas­sée par toutes les cou­leurs ­ au sens propre comme au sens fi­gu­ré ­ grâce no­tam­ment aux ex­ploits du Kid de Bal­ti­more.

Cham­pion, idole, père… Phelps a dé­rou­lé à Rio les vi­sages de sa vie, riche et com­plexe, avec un de­gré d’in­ti­mi­té ja­mais at­teint au­pa­ra­vant.

« En ar­ri­vant à la pis­cine, je n’étais pas loin de cra­quer, le

der­nier échauf­fe­ment, la der­nière fois que j’en­fi­lais une com­bi­nai­son, que j’en­trais de­vant un pu­blic, que je re­pré­sen­tais mon pays », a­t­il re­con­nu après sa der­nière course. « C’est fou, c’est un sen­ti­ment tel­le­ment meilleur qu’il y a quatre ans. Je me suis re­te­nu sur le po­dium, mais il y a quelques larmes qui ont cou­lé. Je ne peux pas être plus heu­reux, ça se ter­mine si bien. »

Pa­pa écrit l’his­toire

L’âge de la ma­tu­ri­té peut­être ? Phelps a en tout cas gar­dé un jo­li se­cret du­rant la quin­zaine : il s’était ma­rié en toute dis­cré­tion deux mois avant les JO, avec sa pe­tite amie Ni­cole John­son ­ avec qui il a connu une re­la­tion tu­mul­tueuse de­puis 2007 ­, la mère de son fils Boo­mer, né le 5 mai der­nier.

Le bé­bé et la ma­man étaient bien pré­sents à Rio, dans les tra­vées, pour voir Mi­chael écrire l’his­toire.

En une se­maine, le Roi Phelps a ajou­té cinq médailles d’or et une d’ar­gent à son pal­ma­rès record (28 médailles olympiques dont 23 en or). Par­ti à la re­traite après Londres, il avait re­plon­gé pour échap­per à l’al­cool et à la dé­pres­sion. Cette fois, il l’a

ju­ré : il ne se­ra pas à To­kyo en 2020. Dans la na­ta­tion, Phelps est donc unique par sa lon­gé­vi­té : pre­miers Jeux à Syd­ney en 2000 à l’âge de 15 ans (pas de mé­daille) sui­vis de quatre JO mons­trueux : six en or à Athènes 2004, huit à Pé­kin 2008, quatre à Londres 2012 et cinq de plus à Rio 2016.

La lon­gé­vi­té, c’est aus­si ce qu’il fau­dra re­te­nir d’Usain Bolt, la su­per­star du sprint. Pa­ra­doxal pour un ath­lète qui n’au­ra eu be­soin que de 200 se­condes dans sa car­rière pour col­lec­ter neuf médailles d’or, en neuf fi­nales.

Con­trai­re­ment à Phelps, Bolt n’a pas en­core rac­cro­ché. Mais 2017 se­ra sa der­nière an­née, qui de­vrait res­sem­bler à s’y mé­prendre à la tour­née d’adieu d’une rock­star.

La lon­gé­vi­té comme éta­lon or

« Ça ne va pas être aus­si in­tense que les an­nées pré­cé­dentes […] cette sai­son (2017) se­ra es­sen­tiel­le­ment des­ti­née à mes fans », a d’ores et dé­jà ex­pli­qué « l’Eclair », même si l’an­née culmi­ne­ra avec les Mon­diaux, du 5 au 13 août à Londres.

En at­ten­dant, « ce gars est un gé­nie », a lâ­ché Se­bas­tian Coe, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion in­ter­

na­tio­nale d’ath­lé­tisme (IAAF) d’ha­bi­tude plu­tôt avare de com­pli­ments lors­qu’il s’agit de sprint.

« Il n’y avait eu per­sonne comme lui de­puis Mo­ham­med Ali en termes de fa­cul­té à cap­ter l’ima­gi­na­tion des foules. Si vous m’aviez dit en 2008 que ce gars al­lait faire tout ce­la… La dif­fé­rence entre le bon et le su­per ath­lète, c’est la lon­gé­vi­té. Et Bolt a cette lon­gé­vi­té », a ex­pli­qué Coe, lui­même double cham­pion olym­pique sur 1.500 m (1980, 1984).

Avec neuf ors olympiques, Bolt a re­joint le Fin­lan­dais Paa­vo Nur­mi, fon­deur et cross­man dans les an­nées 1920, et l’Amé­ri­cain Carl Le­wis, sprin­teur et sau­teur en lon­gueur à la fin du XXe siècle, au rang d’ath­lète le plus ti­tré de l’his­toire des JO.

Un « triple triple » épous­tou­flant : neuf médailles d’or qui vont tou­te­fois se ré­duire à huit à cause du contrôle po­si­tif a pos­te­rio­ri de Nes­ta Car­ter dans le re­lais 4x100 m de Pé­kin 2008.

Mais même cette perte pro­gram­mée ne semble pas le rat­tra­per : « Ça ne chan­ge­ra en rien mon hé­ri­tage. Je se­rai dé­çu bien sûr de perdre cette mé­daille, mais c’est la vie. Que vou­lez­vous faire ? » ■

TRIPLE TRI­PLÉ. Comme en 2008 et 2012, Usain Bolt a conquis, à Rio, l’or sur 100 m, 200 m et 4x100 m.

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