Le sport ne connaît pas la crise

Trans­ferts, droits TV, sa­laires ont pour­sui­vi leur im­pres­sion­nante in­fla­tion à tra­vers la pla­nète sports en 2016.

La Montagne (Vichy) - - Sports Rétro 2016 -

Pla­cée sous le signe de l’in­fla­tion, l’an­née 2016 a vu ex­plo­ser les droits TV al­le­mands, ceux de la Pre­mier League en Chine, la va­lo­ri­sa­tion des clubs de NBA et même le prix du cham­pion­nat du monde de For­mule 1 tan­dis que se mul­ti­pliaient les scan­dales de cor­rup­tion et d’éva­sion fis­cale.

Consé­quence di­recte de cette sur­en­chère, les trans­ferts et les sa­laires ont sui­vi la même courbe ex­po­nen­tielle. Trois ans après le Gal­lois Ga­reth Bale (101 Md€), le mi­lieu de ter­rain fran­çais Paul Pog­ba est de­ve­nu le joueur le plus cher du monde en re­joi­gnant Man­ches­ter Uni­ted pour 105 M€ en dé­pit d’un Eu­ro mi­ti­gé. Le tout as­sor­ti d’un sa­laire es­ti­mé à plus de 17 Md€ an­nuels.

« Le contrat des droits TV a créé une si­tua­tion où le prix des trans­ferts et les sa­laires aug­mentent », ré­su­mait l’an­cien ma­na­ger man­cu­nien Alex Fer­gu­son dans The Dai­ly Mail.

LeB­ron James fait sau­ter la banque

Si­gné en 2015, le contrat do­mes­tique his­to­rique à 6,92 mil­liards d’eu­ros pour trois ans (2016­2019) entre BT, SKY et la Pre­mier League, a pris ef­fet et mon­tré ses pre­mières consé­quences à l’été 2016.

Ré­sul­tat, le ri­chis­sime cham­pion­nat an­glais a dé­pen­sé 1,38 mil­liard d’eu­ros lors du mer­ca­to d’été 2016, soit 34 % de plus que l’an­née pré­cé­dente.

Et son at­trait ne s’ar­rête pas à l’Eu­rope. Un dif­fu­seur chi­nois a dé­bour­sé mi­no­vembre 600 mil­lions d’eu­ros pour ache­ter ses droits.

En Eu­rope, seule la Bun­des­li­ga a fait sau­ter la banque l’an­née écou­lée en at­tei­gnant un mon­tant de droits do­mes­tiques de

3,48 Md€ sur trois ans, soit une hausse de près de 40 %.

Si le foot­ball eu­ro­péen bat tous les re­cords, la NBA a éga­le­ment fait sau­ter la banque en 2016, gé­né­rant des re­cettes glo­bales de 5,2 mil­liards de dol­lars (4,8 Md€) et un bé­né­fice opé­ra­tion­nel de 900 mil­lions (839 Md€), se­lon le ma­ga­zine Forbes. Un re­cord.

Pa­ral­lè­le­ment, les clubs de NBA ont vu leur va­lo­ri­sa­tion aug­men­ter de 13 % en moyenne, la palme re­ve­nant aux New York Knicks es­ti­més à 3 mil­liards (2,75 Md€).

Grâce à des droits TV tri­plés

par rap­port à l’exer­cice pré­cé­dent et lé­gè­re­ment su­pé­rieurs à ceux de la Pre­mier League (24 mil­liards de dol­lars/22,3 mil­liards d’eu­ros pour neuf ans, soit 7,45 MD€ par pé­riode de trois ans), les sa­laires sont à l’ave­nant : LeB­ron James, la star de Cle­ve­land est ain­si pas­sée de 23 mil­lions de dol­lars, à 30,9 pour la sai­son 2016/2017 !

La F1 vaut près de 8 mil­liards

En toute fin d’an­née, la NBA a ain­si dé­bour­sé des sommes in­édites pour des joueurs de se­cond rang : Utah Jazz s’est en­ga­gé pour 105 mil­lions de dol­lars (96 M€) sur quatre ans pour le Fran­çais Ru­dy Go­bert et Ok­la­ho­ma Ci­ty a dé­bour­sé 100 mil­lions (94,6 M€) pour gar­der le Néo­Zé­lan­dais Ste­ven Adams pen­dant quatre sai­sons sup­plé­men­taires.

L’in­fla­tion est par­tout. Même en F1 que l’on dit de­puis plu­sieurs sai­sons en crise mais pour­tant en­core apte à sus­ci­ter

l’ap­pé­tit d’in­ves­tis­seurs. C’est ain­si que le groupe amé­ri­cain Li­ber­ty s’est of­fert la ma­jo­ri­té des parts dans For­mu­la One pour un mon­tant de 4,4 mil­liards de dol­lars (4,16 Md€), fai­sant grim­per la va­lo­ri­sa­tion de la F1 à 8 mil­liards de dol­lars (7,5 Md€).

Gé­né­ra­teur de re­ve­nus co­los­saux, de sa­laires pha­rao­niques, ja­mais le mi­lieu du sport n’a été aus­si im­pli­qué dans des af­faires qu’en 2016.

Tou­jours plus ! C’est ce que semble si­gni­fier l’im­pli­ca­tion de grands noms du sport dans le scan­dale des Pa­na­ma Pa­pers, de Lio­nel Mes­si à Mi­chel Pla­ti­ni en pas­sant par l’ex­n° 2 de la Fi­fa Jé­rôme Valcke ou le gol­feur Nick Fal­do. De Paul Pog­ba, Ja­vier Pas­tore ou Cris­tia­no Ro­nal­do dans l’af­faire Foot­leaks, dé­taillant les mé­ca­nismes d’op­ti­mi­sa­tion voire de dis­si­mu­la­tion fis­cale des stars du foot.

L’ar­gent ap­pe­lant l’ar­gent, l’an­née 2017 de­vrait en­core être celle de nou­veaux re­cords. ■

EN­VOL. Grâce à des droits TV tri­plés, les sa­laires ont ex­plo­sé en NBA à l’image de ce­lui de LeB­ron James, la star de Cle­ve­land, pas­sé de 23 mil­lions de dol­lars à 30,9 pour la sai­son 2016-2017.

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