Les au­to­cars désen­clavent l’Au­vergne

En deux ans, la mo­bi­li­té au sein du ter­ri­toire fran­çais a été bou­le­ver­sée. Dou­ce­ment, mais du­ra­ble­ment. Prix ul­tra-com­pé­ti­tifs, confort, fré­quence... Le voyage en au­to­car s’ins­talle dans le pay­sage.

La Montagne (Vichy) - - Transports - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Matthieu a com­men­cé par une pre­mière im­pres­sion né­ga­tive. « Je suis ve­nu ache­ter mon billet juste avant de mon­ter dans le bus. Mais un quart d’heure avant le dé­part, c’est plein ta­rif. J’ai payé trois fois le prix que j’avais vu sur nter­net le ma­tin. » C’était l’an­née der­nière. De­puis, le Cler­mon­tois est un ha­bi­tué de Flix­bus. « J’ai ma co­pine à Lyon. J’y suis en 2 h 30 pour 5 € si je choi­sis bien mes tra­jets. Je vais la voir tout le temps. »

Matthieu est le pro­fil type de l’uti­li­sa­teur de ces nou­velles lignes de bus. Un pas­sa­ger sur cinq est étu­diant, fré­quente gé­né­ra­le­ment la même des­ti­na­tion, pour rendre vi­site à sa fa­mille ou ses amis. Ou par­fois, c’est la fa­mille qui l’uti­lise. « Je suis étu­diant à Lyon aus­si », ex­plique Yo­han en mon­tant dans le bus. « Ma mère vient me voir au moins toutes les deux se­maines main­te­nant », lâche­t­il,

iro­nique, en la dé­si­gnant du men­ton at­ten­dant le dé­part sur le quai.

De l’avis des usa­gers, l’at­trait de ces nou­velles lignes de bus est évident. Il y a bien sûr le prix (*) ; la fa­ci­li­té d’ac­cès, avec vingt­cinq dé­parts par jour à la gare des Sa­lins en moyenne pour Flix­bu ; la fa­ci­li­té d’achat, dont 97 % se font sur In­ter­net. Et puis, le confort, avec en pre­mière ligne le Wi­Fi. « Par­fois, ça saute un peu. Mais rien à voir avec le train, avance Éliane. Mais je pré­fère lire de toute fa­çon. »

Éliane a 65 ans et monte sou­vent à Pa­ris. « Nous avons de plus en plus de se­niors et de fa­milles. Une évo­lu­tion lo­gique, ce sont les autres ca­té­go­ries qui re­gardent leurs fi­nances », ana­lyse Hu­go Ron­cal, di­rec­teur gé­né­ral d’Isi­lines. « Je mets 1 h 30 de plus que par le train, conti­nue Éliane, mais je paye trois à quatre fois moins cher. Avec un TGV le rap­port se­rait dif­fé­rent, mais là… »

Moins qu’un avion… plus qu’un TGV

Jus­tine a 21 ans. Elle était une adepte du co­voi­tu­rage. « Mais les cars sont tou­jours à l’heure, ne posent pas de la­pin. Pas de conduc­teurs dan­ge­reux ou dra­gueurs… En re­vanche, on fait moins de belles ren­contres. »

Les com­pa­gnies de trans­port aiment éga­le­ment mettre en avant l’éco­lo­gie. Le bus émet quatre fois moins de CO2 qu’une voi­ture et vingt et une

fois moins qu’un avion. Mais il pro­duit tou­jours six fois plus de CO2 qu’un TGV. « Qui né­ces­sitent des cen­trales nu­cléaires », tem­père Yvan Le­franc­Mo­rin, di­rec­teur gé­né­ral de Flix­bus France. « Et nos bus sont tous aux der­nières normes éco­lo­giques. Ils consomment au­tant qu’une grosse ber­line. »

Le co­voi­tu­rage re­pré­sente tou­jours plus de 67 % des voyages li­bre­ment or­ga­ni­sés, contre seule­ment 3,8 % pour les au­to­cars en 2016 (16 % pour les trains et 9 % pour les avions). Mais son mar­ché est en constante pro­gres­sion. ■

(*) Pour un Cler­mont­Lyon, comp­ter entre 5 et 30 € (pour 2 h 30). BlaB­laCar, entre 10 et 15 € (2 heures). En train, en­vi­ron 35 €(2 h 30). Et en avion, de 330 à 350 € (3 heures avec es­cale).

PHO­TO FRANCK BOILEAU

TRA­JET. Une liai­son vers Pa­ris, en cinq heures, pour une ving­taine d’eu­ros. L’ar­gu­ment éco­no­mique pèse lourd.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.