Cler­mont-Fer­rand « cible par­faite »

Lar­ge­ment lea­der du mar­ché, Flix­bus ne compte pas s’ar­rê­ter en si bon che­min. En­tre­tien avec Yvan Le­franc-Mo­rin.

La Montagne (Vichy) - - Transports - IN­TER­VIEW Si­mon An­to­ny

Ent de Flix­bus à la ville de Cler­mont ? Oui, c’était notre pre­mière ligne le 3 sep­tembre 2015. Nous avons beau­coup de par­te­naires lo­caux. Et la salle de réunion dans la­quelle je me trouve est la salle « Cler­mont ». C’est dire… ■ Quels sont les ob­jec­tifs de Flix­bus pour l’ave­nir ? L’an pas­sé, nous avons trans­por­té 3,3 mil­lions de per­sonnes. Nous en vou­lons 5,5 mil­lions en 2017 et vu les pre­miers mois, on se­ra bon. Notre offre va aug­men­ter de 50 %. Pour la suite, on va suivre ce que nous avons fait sur le mar­ché al­le­mand. ■ Et spé­ci­fi­que­ment en Au­vergne ? Le 30 mars, nous avons ou­vert deux lignes. Une vers Nice et

une vers Gre­noble. Et de­puis le 6 avril, nous par­tons à Bar­ce­lone, parce que la de­mande est très forte. Le 29 juin, nous créons un nou­vel ar­rêt à Cler­mont : Cler­mont Cam­pus, qui des­sert l’uni­ver­si­té Blai­sePas­cal, ave­nue des Lan­dais. Sur le ré­seau il s’ap­pelle « Ob­ser­va­toire ». Le 29 juin cor­res­pon­ dra aus­si avec une liai­son vers le Cap d’Agde. Pour le reste, on a les mêmes ob­jec­tifs qu’ailleurs. Sans TGV et avec la proxi­mi­té des au­to­routes, c’est sûr que Cler­mont est la cible par­faite pour notre dé­ve­lop­pe­ment. ■ Jus­te­ment, on cite sou­vent l’Al­le­magne. Où en est le pays ? Le mar­ché s’est ou­vert en 2013 avec 6 mil­lions de pas­sa­gers, au­jourd’hui c’est 25 mil­lions. Un maillage plus dense aus­si avec des villes de deuxième et troi­sième ca­té­go­ries en im­por­tance. Il y a aus­si une plus grande fré­quence. Sur notre ligne Ber­linHam­bourg, c’est 50 dé­parts par jour. Dès cet été, nous al­lons des­ser­vir les 180 pre­mières villes de France. Mais la dé­mo­gra­phie n’est pas le seul fac­teur. Il faut aus­si ana­ly­ser le dy­na­misme, la des­serte par train, l’ac­cès à l’au­to­route… ■ D’où viennent les clients de Flix­bus ? Il y a trois ca­té­go­ries. 20 % d’entre eux ne voya­geaient pas avant. Donc, on crée de la mo­bi­li­té. 50 % viennent de la voi­ture, dont une très grande ma­jo­ri­té du co­voi­tu­rage. Les rai­sons sont simples : nos prix sont en moyenne 30 % moins éle­vés, un meilleur confort (Wi­Fi, sièges in­cli­nables, toi­lettes…) et la sé­cu­ri­té d’un chauf­feur pro­fes­sion­nel. Les 30 % res­tant de nos clients viennent du train. Il y a beau­coup de lieux com­pli­qués à des­ser­vir en train. Mais at­ten­tion, on ne pille pas les autres sec­teurs. En Al­le­magne, le mar­ché fer­ro­viaire a aug­men­té aus­si. En fait, on crée une habitude de mo­bi­li­té qui se ré­per­cute par­tout. Nos concur­rents sont obli­gés de se re­mettre en ques­tion et de re­mettre en ques­tion leurs ta­rifs. C’est ce que fait la SNCF en ce mo­ment avec le chan­ge­ment de nom du TGV, même si c’est un peu étrange quand même. ■ Le voyage en bus n’est pas ins­crit dans la men­ta­li­té fran­çaise, com­ment al­lez-vous la faire évo­luer ? Vous com­mu­ni­quez peu. Ça va prendre des an­nées. Si on se com­pare à l’Al­le­magne, aux pays du nord et en­core plus à l’Amé­rique du sud, on est vrai­ment en re­tard. Nous ne sommes pas adeptes des in­ves­tis­se­ments dans de grandes cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion. Contrai­re­ment à nos concur­rents. Mais eux, ils bé­né­fi­cient d’ar­gent pu­blic, alors ils s’en fichent. Nous, on pré­fère comp­ter sur l’ex­pé­rience client. On mise sur le bouche­à­oreille, avec des billets pas chers pour in­ci­ter les gens à tes­ter. ■

LEA­DER. Yvan Le­franc-Mo­rin, di­rec­teur gé­né­ral de Flix­bus France.

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