Pas de pa­nique, il reste du car­bu­rant

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - Gré­goire Nartz gre­goire.nartz@gmail.com

Les pro­blèmes de ré­ap­pro­vi­sion­ne­ments des sta­tions en car­bu­rant dus à une grève des trans­por­teurs ne touchent pas en­core l’Au­vergne et le Li­mou­sin.

En Ile­de­France, des queues se forment aux sta­tions­ser­vice qui dis­posent en­core de car­bu­rant. C’est la con­sé­quence d’un mou­ve­ment so­cial des trans­por­teurs de ma­tières dan­ge­reuses dé­bu­té le 26 avril.

En Au­vergne et Li­mou­sin, on est bien loin de cette si­tua­tion. « Les gens s’af­folent, nous avons beau­coup d’ap­pels de clients qui veulent sa­voir si nous avons du car­bu­rant », ex­plique­t­on à l’In­ter­mar­ché de Blan­zat, dans le Puy­de­Dôme. « Mais nous avons été ré­ap­pro­vi­sion­nés mar­di sans pro­blème et nous n’avons re­çu au­cune consigne spé­ci­fique de notre di­rec­tion à ce su­jet. Nous di­sons seule­ment aux gens qui ap­pellent de faire le plein quand ils viennent, pour être sûrs ».

Hier, le site par­ti­ci­pa­tif In­ter­net pe­nu­rie.mon­es­sence.fr re­cen­sait presque À LA POMPE. Des files d’at­tentes en Au­vergne et Li­mou­sin ? Il s’agit plus de consom­ma­teurs pré­voyants que de conduc­teurs sur la ré­serve.

950 sta­tions en rup­ture par­tielle ou to­tale de car­bu­rants. Mais seule­ment dix sur l’en­semble du Li­mou­sin et de l’Au­vergne. Par­mi elles, des éta­blis­se­ments qui ex­pli­quaient n’avoir en réa­li­té pas de sou­ci d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. « Nous avons man­qué d’es­sence lun­di, mais seule­ment parce que nous avons eu du monde. Rien

à voir avec la grève », rec­ti­fie­t­on au Sim­ply Mar­ket d’Égle­tons, en Cor­rèze.

Si la pro­vince est plu­tôt épar­gnée par la pé­nu­rie, c’est que le mou­ve­ment so­cial des trans­por­teurs est par­ti d’Ile­de­France, et, à l’ex­cep­tion des ac­tions me­nées à Saint­Na­zaire ou Nantes, y reste can­ton­né. Les dé­pôts de car­bu­rant de Bor­deaux, de

Cour­non­d’Au­vergne ou de Lyon par exemple, dont dé­pendent les pompes li­mou­sines et au­ver­gnates, ne sont pas tou­chés.

La si­tua­tion en ré­gion pa­ri­sienne pour­rait­elle im­pac­ter les autres ré­gions mé­tro­po­li­taines ? « Non », ré­pond l’Union fran­çaise de l’in­dus­trie pé­tro­lière, qui ras­semble des en­tre­prises de pro­duc­tion, de raf­fi­nage et de dis­tri­bu­tion de pé­trole. « Car la France compte deux cents dé­pôts et seuls trois à six d’entre eux sont per­tur­bés ».

La pro­vince épar­gnée… pour l’ins­tant ?

À Pa­ris, la CGT af­firme res­ter mo­bi­li­sée tant que n’abou­tissent pas les réunions de né­go­cia­tions qu’elle ré­clame. « Le plus tôt nous dis­cu­te­rons, le plus vite nous re­pren­drons le tra­vail », avance JeanLouis De­lau­nay, se­cré­taire fé­dé­ral de la CGT Trans­ports. Le gou­ver­ne­ment a re­çu une dé­lé­ga­tion syn­di­cale hier, en fin d’après­mi­di. En Au­vergne et Li­mou­sin, au­cune ac­tion d’am­pleur ne semble se des­si­ner pour le mo­ment. Mais la mo­bi­li­sa­tion fran­ci­lienne pour­rait se ré­pandre en pro­vince : « Si nos re­ven­di­ca­tions n’abou­tissent pas, nous pour­rions re­lan­cer des ac­tions, en ap­pe­lant à des sa­la­riés de tout le ter­ri­toire à se mettre en grève », pré­vient le syn­di­ca­liste. ■

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION DA­VID ALLIGNON

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