Guil­hem Gui­ra­do : « On joue avec nos forces »

La Montagne (Vichy) - - Tsop P O1rt4s Rfiungabley -

Tou­lon « joue avec (ses) forces », prin­ci­pa­le­ment le com­bat d’avants, ne s’« adapte pas à l’ad­ver­saire », et peu im­porte que son style soit par­fois « cri­ti­qué », a dé­cla­ré son ta­lon­neur Guil­hem Gui­ra­do avant la fi­nale du Top 14 di­manche contre Cler­mont, qu’il aborde re­vi­go­ré après six vic­toires de rang. ■ Avez-vous dou­té, pen­dant les mo­ments dif­fi­ciles cette sai­son, de votre pré­sence en de­mi-fi­nale à Mar­seille ? Cer­tains mo­ments de la sai­son ont été dif­fi­ciles, mais on s’est ac­cro­ché. Et tous les joueurs se sont re­mis en ques­tion après la claque re­çue en quarts de fi­nale de Coupe d’Eu­rope (9­29 contre Cler­mont le 2 avril). Puis on a pris confiance (six vic­toires de suite de­puis ce re­vers). ■ Jus­te­ment, Cler­mont pos­sède-t-il un avan­tage psy­cho­lo­gique grâce à cette vic­toire ? De­puis, il y a eu l’évic­tion de Mike (Ford, ma­na­ger rem­pla­cé par Ri­chard Co­cke­rill, NDLR) ,il y a eu beau­coup de chan­ge­ments. Cler­mont était lar­ge­ment au­des­sus, mais les condi­tions étaient dif­fi­ciles, il pleu­vait énor­mé­ ment, le jeu au pied et l’oc­cu­pa­tion ont pri­mé. J’es­père qu’il ne pleu­vra pas di­manche. Ce se­ra un tout autre match et j’es­père sur­tout qu’on se­ra au ren­dez­vous en dé­fense, pas comme le Ra­cing qui a été étouf­fé par la puis­sance et la vi­tesse de Cler­mont (31­37 sa­me­di en de­mi­fi­nale). ■ Com­ment ex­pli­quez-vous votre re­nou­veau de­puis un mois et de­mi ? Par l’état d’es­prit du groupe, sa force. On a tra­vaillé dur du­rant l’an­née, on n’a pas tou­jours bien joué, maî­tri­sé notre rug­by, do­mi­né ni tout bien fait en équipe, mais on s’est ac­cro­ché. À l’image de la fin de match contre La Ro­chelle (en de­ mi­fi­nale, vic­toire 18­15) : ils ont deux balles de match à la 71e et 76e mi­nute (pé­na­li­tés loin­taines man­quées par Holmes, NDLR), elles ne sont pas pas­sées, et on a su être pa­tients, maîtres de nos nerfs. Et faire ce qu’on avait pré­vu en cas de pos­si­bi­li­té de ga­gner sur la der­nière ac­tion (pé­nal­tou­ che sui­vie d’un drop d’An­tho­ny Bel­leau). ■ Le fait que vous comp­tiez énor­mé­ment de joueurs d’ex­pé­rience ex­plique-t-il aus­si ces ren­ver­se­ments de si­tua­tion ? Évi­dem­ment. Mais même si on a énor­mé­ment de joueurs d’ex­pé­rience, on a aus­si des jeunes qui ap­portent leur fougue. Ce­la fait un bon mé­lange, ce­la per­met de ti­rer tout le monde vers le haut. ■ Com­ment pre­nez-vous con­crè­te­ment vos res­pon­sa­bi­li­tés lors d’une fin de match ten­due ? Qui parle? Les lea­ders res­sortent, parlent un peu. Mais il s’agit plus d’une force col­lec­tive, d’un état d’es­prit qui res­sort quand on est pous­sé dans nos re­tran­che­ments. C’est de bon au­gure pour la suite. On l’avait un peu mon­tré, mais seule­ment lors de bouts de matchs, cette sai­son.. ■ Dif­fi­cile de ne pas évo­quer éga­le­ment le rôle joué par Ri­chard Co­cke­rill. Il a été sou­li­gné le re­cen­trage vers un jeu plus di­rect qu’il a opé­ré, mais que vous ap­porte-t-il en terme de mo­ti­va­tion ? Il a es­sayé d’ap­por­ter son ex­pé­rience, lar­ge­ment dé­mon­trée à Lei­ces­ter. Il n’est pas trop dans la mo­ti­va­tion, son dis­cours est as­sez di­rect et pré­cis. Mais il y a sur­tout eu une re­mise en ques­tion de tous les joueurs, on a es­sayé de jouer mieux, plus sim­ple­ment et di­rec­te­ment pour le bien de l’équipe. Notre style est peut­être cri­ti­qué, mais au rug­by il faut d’abord ga­gner la ba­taille pour jouer des bal­lons. Et ceux qui nous cri­tiquent ont peu joué au­jourd’hui, où les dé­fenses sont bien en place. On joue avec nos forces, on ne s’adapte pas à l’ad­ver­saire, on pense da­van­tage à nous. ■ Ces cri­tiques vous agacent-elles ? Non, mais par­fois elle me font un peu sou­rire : on peut cri­ti­quer mais il faut que ce soit op­por­tun et que ce­la serve à quelque chose. On a es­sayé de trou­ver des so­lu­tions du­rant la sai­son, mais à cer­tains mo­ments il faut faire acte de force et avec les joueurs que tu as, et en­suite peau­fi­ner. Et ceux qui cri­tiquent ne sont pas au quo­ti­dien ceux qui tra­vaillent. ■

CONFIANT. re­vi­go­ré. Guil­hem Gui­ra­do, ici avec An­tho­ny Bel­leau (de dos), aborde la fi­nale du Top 14

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