Un été qui s’an­nonce chaud !

La Montagne (Vichy) - - Jeux -

Les cha­leurs re­cords de la fin mai ont ac­cen­tué une sé­che­resse des sols dé­jà im­por­tante, sur­tout dans le nord-est et en Corse, sou­ligne Mé­téo-France qui pré­voit un été « plus chaud que la nor­male ».

«Le “si­gnal chaud” est pré­do­mi­nant pour cet été » sur l’ouest et le nord de l’Eu­rope ain­si qu’au­tour du bas­sin mé­di­ter­ra­néen, a in­di­qué, hier, Jean­Mi­chel Sou­bey­roux, de la di­rec­tion de la Climatologie de Mé­téo­France. Ce qui si­gni­fie des tem­pé­ra­tures pro­bables plus éle­vées que la nor­male (par rap­port à la pé­riode 19812010), une ten­dance de fond liée au chan­ge­ment cli­ma­tique.

« On en prend l’habitude de­puis quelques an­nées, avec le si­gnal du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique », sou­ligne le cli­ma­to­logue. Ces pré­vi­sions pour l’été, ba­sées sur des don­nées océa­niques et at­mo­sphé­riques mon­diales, ne donnent en re­vanche au­cune in­di­ca­tion sur les pluies ni sur d’éven­tuels épi­sodes de ca­ni­cule à at­tendre. Les pré­ci­pi­ta­tions es­ti­vales, qui prennent gé­né­ra­le­ment la forme d’orages, res­tent de fait dif­fi­ciles à pré­voir à moyen terme.

En at­ten­dant, Mé­téo­France pré­voit le re­tour de pluies sur l’Hexa­gone pour la fin de cette se­maine. « Les pré­ci­pi­ta­tions des pro­chaines se­maines se­ront dé­ter­mi­nantes pour les Hautsde­France et le Grand­Est, afin d’évi­ter une ag­gra­va­tion de la sé­che­resse sur ces ré­gions », sou­ligne l’or­ga­nisme de la pré­ vi­sion. « C’est main­te­nant que ça va se jouer », confirme Phi­lippe Pin­ta, pré­sident de l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs de blé (AGPB). « Si juin se passe bien, il y au­ra des ca­tas­trophes lo­ca­le­ment, mais ce ne se­ra pas une an­née ca­tas­trophe pour la “ferme France” », ajoute­t­il.

L’Hexa­gone a connu un dé­fi­cit plu­vio­mé­trique proche de 30 % sur les six der­niers mois. Les pluies du dé­but mai ont ap­por­té un peu de ré­pit, mais à par­tir du 20 le ther­mo­mètre a grim­pé pour at­teindre des va­leurs re­cords. Ce prin­temps de­vrait ain­si en­trer dans le top 5 des prin­temps les plus chauds en­re­gis­trés de­puis 1900.

L’état des nappes

Pour au­tant, la sé­che­resse des sols reste moins sé­vère et plus lo­ca­li­sée qu’au prin­temps 2011, où tout le pays avait été concer­né. On est loin aus­si de l’his­to­rique an­née 1976, où les pluies avaient com­men­cé à man­quer dès l’au­tomne pré­cé­dent. À ce stade, les sols connaissent une sé­che­resse « forte » no­tam­ment dans les Ar­dennes, en Lor­raine, « voire ex­cep­tion­nelle en Corse », ex­plique­t­on à Mé­téoF­rance.

Glo­ba­le­ment, la pré­oc­cu­pa­tion porte sur l’état des nappes d’eau sou­ter­raines, dont les deux tiers (67 %) af­fichent un ni­veau bas à très bas : seul un tiers du ter­ri­toire a bé­né­fi­cié d’une bonne re­charge hi­ver­nale (est et sud du bas­sin pa­ri­sien, amont du bas­sin Adour­Ga­ronne, ré­gions de Nîmes et Mont­pel­lier). ■

PHO­TO CH­RIS­TOPHE MAS­SON

RABOUGRI. Dans la Nièvre, les champs de col­za ont dé­jà souf­fert.

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