« Ma­non dé­couvre la vie »

La Montagne (Vichy) - - Médias - IN­TER­VIEW Éli­sa­beth Perrin

Ré­vé­lée en 2014 dans « 3 x Ma­non », qui avait connu un grand re­ten­tis­se­ment sur Arte, Al­ba Gaïa Bel­lu­gi re­vient dans « Ma­non 20 ans », qui ra­conte la trans­for­ma­tion de l’ex-ado rebelle. R ■ en­contre avec une co­mé­dienne d’ori­gine ita­lo-scan­di­nave sa­luée au Fipa comme au Fes­ti­val de Lu­chon. Pour­quoi cette suite ne vient-elle que trois ans plus tard ?

Le réa­li­sa­teur Jean-Xa­vier de Les­trade vou­lait at­tendre que je gran­disse, que j’évo­lue dans ma propre vie pour nour­rir mon jeu. Au dé­but, il n’était ques­tion que d’une simple tri­lo­gie, c’est après avoir tour­né la pre­mière qu’on a pen­sé à la suite. Mais trois ans, c’est long. Je n’y croyais pas. ■ Était-ce fa­cile de se re­mettre dans la peau de Ma­non ?

J’avais un peu peur de ne pas re­trou­ver Ma­non en moi. Mais le réa­li­sa­teur m’en re­par­lait tous les six mois et me te­nait au cou­rant de son évo­lu­tion. En­suite, ça a été na­tu­rel. Je me laisse trans­per­cer par les mots, les si­tua­tions. ■ Que se passe-t-il pour Ma­non dans cette nou­velle tri­lo­gie ?

Elle a les ques­tion­ne­ments de quel­qu’un de 20 ans. Après le centre de ré­édu­ca­tion, elle est confron­tée à la vraie vie et doit se faire une place. Dans la so­cié­té et le monde du tra­vail d’abord, où, dès le dé­part, il y a un mal­en­ten­du puisque mal­gré son ■ ■ Qu’avez-vous en com­mun avec elle ? Je n’ai pas du tout le même par­cours et j’ai sur­tout en­vie de jouer des per­son­nages loin de moi mais qui sont en quête de sens. Alors, même si on n’a pas la même his­toire et que l’on n’ap­pré­hende pas la vie de la même fa­çon, on se pose les mêmes ques­tions. Il y a des étapes, comme à 20 ans, où l’on se cherche, on es­saie de se si­tuer par rap­port aux autres. Je pense que tout ce­la trans­pa­raît à tra­vers moi. Mais Ma­non, ce n’est pas moi. Com­ment avez-vous vé­cu ces trois an­nées ?

J’ai vé­cu ! J’ai tour­né dans « Le Bu­reau des lé­gendes » [la fille de Ma­thieu Kas­so­vitz dans la sé­rie de Ca­nal+, ndlr], j’ai re­joint de­puis deux ans le Conser­va­toire de Car­diff, qui est po­ly­glotte. Avant, je ne sa­vais pas si je vou­lais vrai­ment faire ce mé­tier car il est aléa­toire. Mais main­te­nant, je pense que oui.

Pour­quoi pas. Mais là, il fau­dra at­tendre da­van­tage. Dans cinq ans peut être. CAP de mé­ca­no, on la place à l’ac­cueil dans un ga­rage. Elle doit aus­si conqué­rir sa place dans les re­la­tions af­fec­tives. Elle s’in­ter­roge sur le rap­port à la sé­duc­tion : pour­quoi on dé­sire, pour­quoi on est dé­si­rée.

ARTE. Al­ba Gaïa Bel­lu­gi : « J’avais un peu peur de ne pas re­trou­ver Ma­non en moi. »

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