Dans l’es­pace on gagne « entre 2 et 5 cm mais ça ne dure pas »

La Montagne (Vichy) - - En Apesanteur - Ma­rion Bu­zy

Saviez-vous que le corps gran­dit dans l’es­pace ? Que la station qui hé­ber­geait Tho­mas Pes­quet fonce à 28.000 km au-des­sus de nos têtes ? Pour­quoi les as­tro­nautes aiment les épices ?

De­puis hier, 250 éco­liers pa­na­zo­lais (Haute­Vienne) percent les mys­tères de la vie dans l’es­pace grâce à Cé­cile Thé­ve­not, in­gé­nieur tou­lou­saine d’ori­gine pa­na­zo­laise, qui a di­rec­te­ment tra­vaillé avec Tho­mas Pes­quet pen­dant la mis­sion. De l’art de se dé­les­ter de ses selles au re­cours sal­va­teur du scratchs en pas­sant par la di­mi­nu­tion de la masse mus­cu­laire ou la fa­bri­ca­tion de « space bur­ger », la vie à bord de l’ISS est pleine de sur­prises, sur­tout quand on est en CE2, CM1 et CM2. Top 4 des pe­tites in­fos cap­tées pen­dant la ren­contre d’hier.

Pour­quoi les as­tro­nautes ont par­fois l’air bouf­fi. On sa­vait qu’en ape­san­teur, les muscles et les os se mo­di­fient. Mais le coeur, aus­ si, a be­soin de s’adap­ter. « Au sol, il est ha­bi­tué à pom­per le sang se­lon la force d’attraction. Une fois dans l’es­pace, il conti­nue d’agir se­lon son ha­bi­tude, mais c’est trop » puisque l’attraction a dis­pa­ru. « C’est pour ça que les as­tro­nautes sont un peu bouf­fis par­fois. Leur sang ar­rive da­van­tage dans le haut du corps que quand ils sont au sol. » Ce­la en­traîne d’ailleurs une sen­sa­tion de nez bou­ché qui al­tère le goût. « C’est pour­quoi les as­tro­nautes aiment man­ger épi­cé, sa­lé, poi­vré… »

On gran­dit dans l’es­pace. « Vous sa­vez que le ma­tin vous êtes plus grands que le soir ? Ça ne dure pas très long­temps mais c’est lié à l’attraction ter­restre qui, quand on est debout, tasse un peu les ver­tèbres. Dans un lit, comme dans l’es­pace, la co­lonne se dé­tend et s’al­longe un peu. Les as­tro­nautes gagnent de deux à cinq cen­ti­mètres mais ça ne dure pas une fois qu’ils rentrent sur terre. »

On dort « ex­trê­me­ment » bien dans l’es­pace. Une vi­déo dans la­quelle Tho­mas Pes­quet fait vi­si­ter sa chambre a cap­ti­vé les éco­liers. On y dé­couvre non seule­ment que l’es­pace fait la taille d’une ca­bine té­lé­pho­nique, mais aus­si qu’on y dort dans un du­vet ac­cro­ché au mur. « La nuit, je dors ver­ti­ca­le­ment, c’est très confor­table. On n’a pas le poids du corps et on dort ex­trê­me­ment bien en ape­san­teur », as­sure l’as­tro­naute.

Aux WC, il y a un as­pi­ra­teur. « Pour faire pi­pi, c’est un as­pi­ra­teur. Pour la grosse com­mis­sion, c’est un siège avec un sys­tème qui as­pire les selles afin que ça ne re­monte pas. Et pour évi­ter que ça sente mau­vais, on peut ou­vrir l’as­pi­ra­teur à urine. »

Le re­tour sur Terre, même s’il peut pro­vo­quer ma­laises, nos­tal­gie de l’es­pace et maux de pieds, au­ra ses avan­tages... ■

PHO­TO BRI­GITTE AZZOPARD

BA­ZAR. « Il y a du ba­zar au­tour de Tho­mas, vous ne trou­vez pas ? Dans la station, il y a des câbles par­tout, plein d’or­di­na­teurs, d’équi­pe­ments… On uti­lise tout ce qu’on peut pour ran­ger, même le sol, le pla­fond », a no­tam­ment ex­pli­qué Cé­cile Thé­ve­not, in­vi­tée par la Ville.

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