Le pro­cu­reur fi­nit par chan­ger d’avis

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

La pres­sion s’ac­croît sur le mi­nistre Ri­chard Fer­rand, après l’ou­ver­ture par le par­quet de Brest d’une en­quête pré­li­mi­naire dans l’af­faire im­mo­bi­lière im­pli­quant ce sou­tien de la pre­mière heure d’Emmanuel Macron.

« Après ana­lyse des élé­ments com­plé­men­taires sus­cep­tibles de mettre en cause M. Ri­chard Fer­rand, mi­nistre de la Co­hé­sion des ter­ri­toires, ré­vé­lés par dif­fé­rents or­ganes de presse […], j’ai dé­ci­dé de sai­sir ce jour la di­rec­tion in­ter­ré­gio­nale de la po­lice ju­di­ciaire de Rennes d’une en­quête pré­li­mi­naire », a in­di­qué le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Brest, Éric Ma­thais, dans un court texte pu­blié sur Twit­ter.

« Bonne nou­velle »

L’ou­ver­ture de cette en­quête « ne change rien aux règles fixées » par Édouard Phi­lippe, le Pre­mier mi­nistre, à sa­voir qu’un membre du gou­ver­ne­ment doit dé­mis­sion­ner s’il est mis en exa­men, a ra­pi­de­ment ré­agi son en­tou­rage. « Je ne fe­rai pas de com­men­taires », a, pour sa part, dé­cla­ré le pré­sident de la Ré­pu­blique, en dé­pla­ce­ment en ÉRIC MA­THAIS. Après ana­lyse d’« élé­ments com­plé­men­taires », le chef du par­quet de Brest s’est ra­vi­sé.

Bre­tagne. Emmanuel Macron avait ap­pe­lé la veille le gou­ver­ne­ment à la « so­li­da­ri­té », tout en es­ti­mant que la presse ne de­vait « pas de­ve­nir juge ».

Porte­pa­role du gou­ver­ne­ment, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner a, lui, qua­li­fié cette en­quête de « bonne nou­velle parce qu’elle va per­mettre de sor­tir du dé­bat mo­ral » et confirme que « la jus­tice est libre et in­dé­pen­dante ».

Se­lon le pro­cu­reur de Brest, l’en­quête « au­ra pour but de re­cueillir tout élé­ment per­met­tant une ana­lyse com­plète des faits et de re­cher­cher si ceux­ci sont sus­cep­tibles ou non de consti­tuer une in­frac­tion pé­nale en ma­tière de man­que­ments au de­voir de pro­bi­té et aux règles spé­ci­fiques du code de la mu­tua­li­té ».

Ri­chard Fer­rand, ex­PS ral­lié de la pre­mière heure à Emmanuel Macron jus­ qu’à de­ve­nir une che­ville ou­vrière d’En Marche !, est confron­té à une po­lé­mique et à des ap­pels à la dé­mis­sion de­puis des ré­vé­la­tions, le 24 mai, du Ca­nard en­chaî­né.

Nou­velles ré­vé­la­tions

Se­lon l’heb­do­ma­daire sa­ti­rique, les Mu­tuelles de Bre­tagne, dont Ri­chard Fer­rand était alors le di­rec­teur gé­né­ral, avaient sou­hai­té, en 2011, louer des lo­caux com­mer­ciaux à Brest pour ou­vrir un centre de soins. L’en­tre­prise avait choi­si, entre trois pro­po­si­tions, celle d’une so­cié­té im­mo­bi­lière ap­par­te­nant à la com­pagne du mi­nistre.

Le pro­cu­reur de Brest avait es­ti­mé le 26 mai que les faits ne consti­tuaient pas une in­frac­tion et ne per­met­taient pas d’ou­vrir une en­quête. Mais, de­puis, de nou­velles ré­vé­la­tions sont in­ter­ve­nues dans plu­sieurs mé­dias et le par­ti Les Ré­pu­bli­cains a fait une nou­velle dé­marche au­près du par­quet. ■

➔ Plainte. L’as­so­cia­tion an­ti­cor­rup­tion An­ti­cor a éga­le­ment adres­sé mer­cre­di au par­quet de Brest une plainte contre X, sur le fon­de­ment du dé­lit d’abus de confiance.

PHO­TO STÉPHANIE PA­RA

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