Elle au­rait dé­tour­né près de 500.000 €

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Gaëlle Cha­zal

L’ex-se­cré­taire d’une as­so­cia­tion mont­lu­çon­naise de ser­vices et d’aide à do­mi­cile est soup­çon­née d’avoir dé­tour­né 483.000 €. Elle a été pla­cée sous contrôle ju­di­ciaire, hier, jus­qu’à son ju­ge­ment le 3 oc­tobre.

C’est un dos­sier d’es­cro­que­rie d’une im­por­tance ex­cep­tion­nelle qui vient d’être trans­mis au par­quet de Montluçon. La se­cré­taire d’une as­so­cia­tion d’in­ser­tion par le tra­vail, li­cen­ciée de­puis les faits, est soup­çon­née d’avoir dé­tour­né près de 483.000 €, au pré­ju­dice de son em­ployeur.

Cette qua­dra­gé­naire a été pré­sen­tée à la pro­cu­reure de la Ré­pu­blique, Ju­lie Ber­nier, hier, au terme de sa garde à vue dé­bu­tée mer­cre­di.

Le couple sous contrôle ju­di­ciaire

La ma­gis­trate a re­quis son pla­ce­ment sous contrôle ju­di­ciaire. Une dé­ci­sion va­li­dée par le juge des li­ber­tés et de la dé­ten­tion, jus­qu’à son ju­ge­ment par le tri­bu­nal cor­rec­tion­

nel, le 3 oc­tobre pro­chain, pour « abus de confiance, faux et usage de faux ». Son ma­ri, pour­sui­vi pour

re­cel, a lui aus­si été pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire.

Les faits au­raient été com­mis entre 2008

et 2016. Alors qu’elle gé­rait la comp­ta­bi­li­té de l’as­so­cia­tion Coup de main et avait no­tam­ment ac­cès aux sa­laires, la se­cré­taire au­rait ef­fec­tué plu­sieurs vi­re­ments sur ses propres comptes. Au maxi­mum, elle se se­rait ver­sée jus­qu’à 100.000 eu­ros en une an­née. À chaque fois en ma­quillant la comp­ta­bi­li­té. Mais elle a com­mis une er­reur en ne chan­geant pas le mon­tant des taxes de co­ti­sa­tion d’une an­née à l’autre, sur les feuilles de paye qu’elle tra­fi­quait.

Grâce à ces dif­fé­rents stra­ta­gèmes, le couple au­rait joui d’un train de vie men­suel moyen de 15.000 € en ga­gnant lé­ga­le­ment 3.200 €, pendant ces huit années.

In­ter­pel­lés par des in­co­hé­rences comp­tables, les membres de l’as­so­cia­tion ont por­té plainte le 19 jan­vier der­nier au com­mis­sa­riat – cette plainte por­tait au dé­part sur 100.000 €. Le ma­jor Thierry Mul­ler, ad­joint du chef de la bri­gade de sû­re­té ur­baine, a en­suite éplu­ché des cen­taines de re­le­vés ban­caires, feuilles de paye…

D’après le par­quet, la qua­dra­gé­naire a re­con­nu les faits qui lui sont re­pro­chés lors de ses au­di­tions, tan­dis que son ma­ri a main­te­nu ne pas avoir été au cou­rant des agis­se­ments de son épouse.

D’ici son pro­cès, la qua­dra­gé­naire a in­ter­dic­tion d’exer­cer toute pro­fes­sion im­pli­quant la ges­tion d’ar­gent comme de sor­tir du dé­par­te­ment de l’Al­lier. Son ma­ri, qui semble adepte des jeux d’ar­gent, a in­ter­dic­tion de se pré­sen­ter dans un ca­si­no. Des sai­sies ont éga­le­ment été ef­fec­tuées sur tous les comptes ban­caires du couple, qui en­court jus­qu’à cinq ans d’em­pri­son­ne­ment et plu­sieurs mil­liers d’eu­ros d’amende.

Seule l’as­so­cia­tion est vic­time dans ce dos­sier, pas ses sa­la­riés qui ont conti­nué à tou­cher leurs sa­laires nor­ma­le­ment. L’ac­ti­vi­té n’est pas non plus im­pac­tée et se pour­suit nor­ma­le­ment. Joint hier soir, son pré­sident n’a pas sou­hai­té s’ex­pri­mer. ■

Un train de vie men­suel es­ti­mé à 15.000 eu­ros au lieu de 3.200

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION

AM­PLEUR. Le couple a été pla­cé en garde à vue mer­cre­di, au terme de près de quatre mois d’en­quête po­li­cière ap­pro­fon­die pour re­mon­ter le fil des opé­ra­tions ef­fec­tuées sur une ving­taine de comptes pendant huit ans.

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