Sans lui

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com BER­NARD STÉ­PHAN

Comment pouvait-on croire que le nou­veau pré­sident des États­Unis, élu sur un pro­jet iso­la­tion­niste et cli­ma­tos­cep­tique, in­culte du monde et peu at­ten­tif aux autres, était en ca­pa­ci­té d’adhé­rer à un ac­cord qui est un acte de so­li­da­ri­té in­ter­na­tio­nale et qui pro­jette l’hu­ma­ni­té sur le loin­tain ? Do­nald Trump érige des murs, il avait com­men­cé son man­dat par ce­lui qui sé­pare son pays du Mexique, il conti­nue en en­tou­rant l’Amé­rique d’un mur contre le reste du monde.

Pro­ba­ble­ment, bien in­vo­lon­tai­re­ment, il per­met aux pays pi­liers de l’Eu­rope, de se re­trou­ver sur le pro­jet cli­ma­tique. En ef­fet, grâce pro­ba­ble­ment à deux grandes dé­ci­sions iso­la­tion­nistes, le Brexit d’une part et le re­trait de Trump d’autre part, le noyau dur de l’Eu­rope est en train de se re­cons­ti­tuer puisque dé­sor­mais l’Union ne peut comp­ter que sur ses propres forces. Et Trump fait ain­si un beau ca­deau à l’Eu­rope et à la Chine en leur of­frant le lea­der­ship cli­ma­tique mon­dial.

Pa­ra­doxa­le­ment, la dé­ci­sion de Do­nald Trump per­met à Em­ma­nuel Ma­cron de s’af­fi­ cher tel le pre­mier éco­lo­giste de France. En pre­nant la tête de la dé­fense de l’Ac­cord de Pa­ris, le pré­sident fran­çais se po­si­tionne dé­sor­mais comme le lea­der éco­lo­giste. Et en in­terne, en pleine cam­pagne des législatives, il ver­dit op­por­tu­né­ment son image et as­sume to­ta­le­ment, sur ce point, le bi­lan de Fran­çois Hol­lande qui avait or­ga­ni­sé avec suc­cès la Cop 21 à Pa­ris. Et il fait ou­blier aus­si l’op­ti­misme in­no­cent qui fut le sien, à Bruxelles, après sa ren­contre avec Do­nald Trump.

La dé­ci­sion amé­ri­caine condamne­t­elle l’Ac­cord de Pa­ris ? La ré­ponse est non pour quatre rai­sons. Pre­miè­re­ment Do­nald Trump se re­trouve iso­lé dans le monde. Deuxiè­me­ment, de nom­breux pa­trons et maires sont convain­cus que l’ho­ri­zon doit être vert. Troi­siè­me­ment cet « Amé­rexit » peut conduire les si­gna­taires de la Cop 21 à une prise de conscience. Qua­triè­me­ment, la sor­tie lé­gale de l’Amé­rique in­ter­vien­dra le 4 no­vembre 2020, le len­de­main de la pro­chaine élec­tion amé­ri­caine. Alors et main­te­nant ? La ré­ponse était dans le New York Times hier ma­tin : « Nous le fe­rons sans vous ! »

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