Li­moges dans les pas de Koons

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités La Bourse - Fran­çois Des­noyers

L’ex­ploit tech­nique est si­gné Ber­nar­daud. La ma­nu­fac­ture li­mou­sine a créé des ré­pliques de trois cé­lèbres oeuvres de Jeff Koons. L’ar­tiste amé­ri­cain était pré­sent, jeu­di soir, à la bou­tique parisienne de l’en­tre­prise, pour le lan­ce­ment officiel de ces Bal­loons en cé­ra­mique.

Un la­pin rouge, un singe bleu, un cygne jaune… Ils sont là, tous les trois, sa­ge­ment ali­gnés sur leur pré­sen­toir, pro­té­gés par des cubes en verre. Trois pièces aux formes ar­ron­dies d’une ving­taine de cen­ti­mètres, qu’un oeil non aver­ti pour­rait prendre pour de simples bal­lons de bau­druche. L’illu­sion est par­faite et tra­duit la per­for­mance de leur concep­teur. Il n’en est bien sûr rien : les trois pré­cieux ob­jets sont en réa­li­té des por­ce­laines, fruit d’un tra­vail de plu­sieurs années, une prouesse tech­nique me­née par la mai­son li­mou­sine Ber­nar­daud.

Icône de l’art contem­po­rain

Jeu­di soir, Bal­loon Rab­bit, Bal­loon Mon­key et Bal­loon Swan ont été of­fi­ciel­le­ment pré­sen­tées dans la bou­tique de la ma­nu­fac­ture, dans la très chic rue COL­LA­BO­RA­TION. Mi­chel Ber­nar­daud et Jeff Koons jeu­di soir, 11 rue Royale à Pa­ris (8e).

Royale à Pa­ris. Des oeuvres ins­pi­rées di­rec­te­ment des créa­tions de l’icône pro­vo­cante de l’art contem­po­rain, Jeff Koons, avec qui l’en­tre­prise de Li­moges a en­ga­gé de­puis plu­sieurs années une col­la­bo­ra­tion.

Le tra­vail, de l’avis gé­né­ral, a été ti­ta­nesque, pour ap­pro­cher au plus près les formes com­plexes des pièces d’ori­gine de l’ar­

tiste amé­ri­cain (elles me­surent trois à quatre mètres de haut), et res­ter fi­dèle à chaque pli, chaque in­cli­nai­son, chaque noeud, chaque tor­sion.

Jeff Koons, pré­sent pour le lan­ce­ment officiel de ces re­pro­duc­tions, a d’ailleurs sa­lué « le temps et l’éner­gie » pas­sés par les équipes de Ber­nar­daud, et s’est dit « très sa­tis­fait » du ré­sul­tat. L’ar­tiste à la sage élé­gan­

ce a alors sa­cri­fié au ri­tuel de la séance de dé­di­caces. Un pri­vi­lège ré­ser­vé à une nuée d’ad­mi­ra­teurs et d’ama­teurs d’art mê­lés, qui avaient ré­ser­vé l’un des 2.997 exem­plaires mis en vente, à 10.800 eu­ros pièce. De quoi donner droit, éga­le­ment, à quelques mots avec un ar­tiste qui ap­pa­raît, au­tant que ses oeuvres, comme un vé­ri­table ob­jet de fas­ci­na­tion. ■ « La por­ce­laine est un ma­té­riau qui me pas­sionne. Il m’a tou­jours in­tri­gué, il a un as­pect sen­suel très af­fir­mé ! Je l’ai beau­coup tra­vaillé, no­tam­ment dans les années 80, avec la sé­rie « Ba­na­li­ty ». J’ai dé­cou­vert la pro­duc­tion fran­çaise, je me suis no­tam­ment ren­du à Sèvres. Et puis je suis de­ve­nu un fa­mi­lier de la mai­son Ber­nar­daud. Elle connaît et com­prend la por­ce­laine. Nous avons donc com­men­cé il y a quelques années une col­la­bo­ra­tion, avec des suc­cès dont j’ai été très heu­reux. Nous avons dé­ci­dé de me­ner un nou­veau pro­jet au­tour du Bal­loon Rab­bit, du Bal­loon Swan et du Bal­loon Mon­key. Et, à voir au­jourd’hui le ré­sul­tat, je suis très sa­tis­fait ! Pour en ar­ri­ver là, il a fal­lu s’as­su­rer que nous avions ob­te­nu la cou­leur cor­recte, la forme cor­recte, le maxi­mum de dé­tails pos­sibles, et, qu’au fi­nal, nous avions la plus belle pro­duc­tion pos­sible. Tout ce­la est le ré­sul­tat d’un grand in­ves­tis­se­ment : tout le monde a tra­vaillé très dur, l’équipe de Ber­nar­daud a dé­pen­sé beau­coup de temps et d’éner­gie pour par­ve­nir à réa­li­ser cha­cune de ces pièces. »

PHOTOS FRAN­ÇOIS DES­NOYERS

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