Sur­nom­mé le Ca­ru­so fran­çais

La Montagne (Vichy) - - Agglomération Vivre Son Pays -

Du pa­vé de boeuf aux feux de la rampe, c’est le grand écart sym­bo­li­sé par le des­tin de Mar­zol­li, un char­cu­tier de­ve­nu té­nor de l’opé­ra.

L’his­toire est à peine croyable ! Et pour­tant, Jean­Fran­çois Glo­met, dans son der­nier ou­vrage pour Azi la Ga­rance, aborde cette éton­nante his­toire (*).

En un peu plus de cent pages, ri­che­ment illus­trées, le lec­teur suit les pas de ce Broût­Ver­né­tois par­ti conqué­rir les scènes d’opé­ra.

« Ah ! La belle aven­ture ! com­mente dans la pré­face, Jo­sette Al­vi­set, fon­da­trice du Mu­sée de l’Opé­ra de Vi­chy. Ce Gas­ton a une belle voix de té­nor, ample et bien tim­brée, qu’il pro­duit dans les fêtes du vil­lage, en fa­mille et à l’église.

Il dé­cide de par­tir à Pa­ris ten­ter sa chance. Dans ce Pa­ris bouillon­nant des an­nées 1930, il a très vite du suc­cès. Après un ré­ci­tal au théâtre des Champs­Ély­sées en 1931, les cri­tiques s’en­flamment : « C’est le Ca­ru­so fran­çais ». »

Avant de bra­quer les pro­jec­teurs sur ce per­son­nage, Jean­Fran­çois Glo­met s’in­té­resse à l’his­toire fa­mi­liale et évoque les ori­gines des Ma­ze­rolle. « Un nom qui rap­pelle une fa­mille très connue des ha­bi­tants de Broût­Ver­net et de sa ré­gion, Fou­rilles, Chan­telle, Gan­nat, etc. His­to­ri­que­ment, les Ma­ze­rolle sont pré­sents dans ces lieux de­puis des dé­cen­nies ; ils ont été connus char­pen­tiers, char­cu­tiers, et même chan­teurs…

Les Ma­ze­rolle « char­cu­tiers », c’est sur­tout à Broût­Ver­net que leur sou­ve­nir per­siste. Gas­ton Ma­ ze­rolle, le su­jet prin­ci­pal de cet ou­vrage a une des­ti­née un peu par­ti­cu­lière. Suc­ces­seur de son père, An­toine, car aî­né des en­fants et pro­fes­sion­nel de la char­cu­te­rie, il en­tre­prend de ma­nière peu­têtre un peu dé­me­su­rée le dé­ve­lop­pe­ment de l’af­faire fa­mi­liale. Mais son des­tin ne se­ra fi­na­le­ment pas sur la planche du char­cu­tier, mais da­van­tage sur les planches du mu­sic­hall.

« Peu d’ar­chives d’ori­gine fa­mi­liale sem­blaient avoir été conser­vées. C’était du moins notre pre­mière im­pres­sion. C’était sans comp­ter sur la chance et la vo­lon­té d’une ou deux per­sonnes ! ».

Gas­ton Ma­ze­rolle est né en 1897. 2017 coïn­cide avec le 120e an­ni­ver­saire de sa nais­sance. Ce texte per­met de rap­pe­ler les noms des ve­dettes des an­nées 1930­1940, ain­si que ceux des ar­tistes de l’époque de Gas­ton Vo­guetMar­zol­li, qu’il a cô­toyé ou qui l’ont par­rai­né dans ce dur mé­tier du spec­tacle.

De la sa­ga des Ma­ze­rolle, char­cu­tiers, à Gas­ton Ma­ze­rolle qui prend le nom de scène de Gas­ton Vo­guet, puis de Mar­zol­li, le lec­teur dé­couvre sa vie fa­mi­liale, puis d’ar­tiste. Un cu­rieux des­tin qui s’achève pré­ma­tu­ré­ment à l’âge de 52 ans. ■

(*) L’éton­nante his­toire de Gas­ton Ma­ze­rolle, char­cu­tier, de­ve­nu té­nor de l’opé­ra, livre en sous­crip­tion au prix de 18 €. Plus d’in­fos au 06.74.47.26.12..

Il dé­laisse la planche du char­cu­tier pour celles du mu­sic­hall

Pho­to col­lec­tion pri­vée

HIS­TOIRE. C’est un simple et énig­ma­tique tam­pon de 1944, Gas­ton Mar­zol­li, té­nor de l’opé­ra, et ap­po­sé sur un cour­rier, res­té sans ré­ponse de nom­breuses an­nées, qui est à l’ori­gine de cet ou­vrage.

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