L’au­to­mo­bi­liste sans as­su­rance mais pas sans cu­lot

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - Pierre Cham­baud

Un homme com­pa­rais­sait de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Au­rillac, pour dé­faut d’as­su­rance. Sa 205 GTI toute neuve avait pris feu à la sta­tion de la­vage. Pro­blème, elle n’était pas as­su­rée. Pour s’en sor­tir, l’homme avait don­né son nu­mé­ro de mu­tuelle…

« Je pen­sais que c’était un tout, que si j’étais af­fi­lié là, ce­la comp­tait aus­si pour la voi­ture. » Du ba­gout, ce jeune tren­te­naire n’en manque pas. Est­ce que c’est le stress ou l’ha­bi­tude des tri­bu­naux ? En tout cas, il tente le tout pour le tout, avant de se re­prendre face aux questions : « Je me suis dit “peut­être que ça pas­se­ra”. Ce n’est pas pas­sé ».

Près de 70.000 eu­ros de dé­gâts

L’his­toire s’était dé­rou­lée en jan­vier. Le pré­ve­nu ve­nait de se faire plai­sir, en ache­tant une 205 GTI, et il s’en oc­cu­pait bien. C’est d’ailleurs à la sta­tion de la­vage qu’elle a pris feu, oc­ca­sion­nant pour en­vi­ron 70.000 € de dé­gâts. Mais la voi­ture n’était pas as­su­rée. L’homme sor­tait de pri­son : « C’est dif­fi­cile quand vous avez un pas­sé lourd », dit­il, avant de dé­tailler les pro­blèmes que ce­la lui cause : dif­fi­cile d’ouvrir un compte en banque, de sous­crire à une as­su­rance. D’ailleurs, l’ac­tuelle ne le couvre que pour un mois.

Mais il l’as­sure, tout ce­la c’est der­rière lui. À la barre, c’est un vrai moulin à pa­role, il dé­voile ses pro­jets, s’est ins­tal­lé comme au­to­en­tre­pre­neur, il vend… des voi­tures.

Se­rait­il d’ac­cord pour faire des tra­vaux d’in­té­rêt gé­né­ral ? « À 1.000 % ! Ce­la me per­met­trait de re­mettre un pied dans le monde du tra­vail, s’en­thou­siasme­t­il, dans son style bien par­ti­cu­lier. Il faut avoir de l’am­bi­tion pour s’en sor­tir, il faut de l’en­vie, il faut se battre… »

Le pré­sident le coupe, pour an­non­cer la dé­ci­sion. Ce se­ra 105 heures de tra­vaux d’in­té­rêt gé­né­ral. Le pré­ve­nu, ba­vard, re­prend tout de suite la pa­role. « Le pas­sé, c’est le pas­sé… » « et l’ave­nir, c’est vous qui l’écri­vez », conclut le pré­sident, pour cou­per court à la lo­gor­rhée. ■

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