Cler­mont, en­fin le droit au bon­heur !

A l’éner­gie et au cou­rage, l’ASM a ga­gné mal­gré des vents contraires dans ce match, le se­cond Bou­clier de son his­toire. Un suc­cès de haute lutte, am­ple­ment mé­ri­té.

La Montagne (Vichy) - - Top 14 Finale - Re­por­tage pho­to­gra­phique : Ri­chard Bru­nel, Thier­ry Lin­dauer. À Saint-De­nis, Ch­ris­tophe Bu­ron

«Je suis pen­du à votre cou, dans le plus beau de mes rêves. Mais je ne me ré­veille ja­mais près de vous. Et j’en crève ». Ces mots et ces phrases em­prun­tés à la chan­son de Ca­li le Ca­ta­lan « C’est quand le bon­heur ? » nous sont ve­nus à l’es­prit pour tra­duire ce sen­ti­ment amer que vi­vait jusque­là ce club si grand, si res­pec­table, si mal­heu­reux aus­si qu’est Cler­mont quand il a fal­lu, dans son his­toire, al­ler à la quête du Graal.

Il y a bien eu le 29 mai 2010, à ja­mais gra­vé dans le marbre, mais trop de fi­nales per­dues sa­lis­saient son image. Hier soir, oui, ce fut du pur bon­heur et qu’im­porte les cir­cons­tances, la

vic­toire fi­nale n’est ja­mais au­tre­ment que belle. Pour Au­ré­lien Rou­ge­rie, roi de Cler­mont qui mé­rite tant, pour Franck Azé­ma, coach au­da­cieux et fin ges­tion­naire des hommes, pour l’en­semble d’un groupe qui avan­çait hier soir sur Saint­De­nis comme un seul homme, l’ASM a mé­ri­té de goû­ter à ce bon­heur unique de tou­cher du bois.

Quel dé­lice de voir ces vagues « jaune et bleu » trans­cen­der le Stade de France, quel pied d’as­sis­ter à un triomphe long­temps contes­té par un Tou­lon trop souvent bri­seur de rêves. On sa­vait que les Tou­lon­nais n’étaient pas ve­nus pour dan­ser la sal­sa, faire dans le cha­toyant et l’at­trayant, on s’at­ten­dait à du fron­tal, à du pour­ris­se­ment du jeu cler­mon­tois à la source et

on ne fut pas dé­çu. Les hommes de Co­cke­rill y ont mis tout leur coeur et leurs muscles.

Mais Cler­mont pos­sé­dait hier ce sup­plé­ment d’âme qui fait les vain­queurs. Un sur­plus de fraî­cheur, un brin de réus­site et une foi in­ébran­lable pour ren­ver­ser en­fin la table et cre­ver ce pla­fond de verre qui étouf­fait à pe­tit feu ce club de­puis trop long­temps. Sept ans c’est long soi­di­sant. C’est sur­tout une éter­ni­té quand vous avez au­tant échoué au pied de la pre­mière place, la seule qui vaille, la seule qui entre dans les ma­nuels d’his­toire, la seule qui fait rire tout un peuple et qui le fait cha­vi­rer d’un bon­heur im­mense.

Au­teur d’une pre­mière de­mi­heure de jeu de feu, mar­quée d’un énorme pres­sing dé­fen­sif sur les sé­quences de pi­lon­nage tou­lon­naises et, sur­tout d’un contre de 80 mètres conclu entre les perches par Ra­ka, Cler­mont don­na le ton et le tem­po d’une fi­nale que les

hommes d’Azé­ma me­naient alors à leur main. Duels ga­gnés, conquête ir­ré­pro­chable, pla­quages ap­puyés, ils dé­rou­laient (13­0) avec ai­sance, obli­geant même Tou­lon à se dé­bar­ras­ser le plus souvent du bal­lon.

Mais le pla­quage dan­ge­reux de Lee sur O’Con­nor, qui lui va­lut un car­ton jaune (sans ou­blier la sor­tie de Ti­ma­ni pour com­mo­tion), ré­équi­li­bra la ba­lance. Et Tou­lon sor­tit de sa co­quille avec un No­nu in­te­nable. C’est ain­si que Tui­so­va ren­dit la mon­naie de sa pièce à Ra­ka.

La se­conde pé­riode ? Du bri­co­lage en deuxième ligne, un Tou­lon ren­ver­sant, une dé­fense cler­mon­toise de fer, un der­nier sa­cri­fice de Par­ra pour ar­ra­cher la balle de match… et au bout du bout de cette fi­nale, une dé­li­vrance. ■

Mor­gan Par­ra, hé­ros de bout en bout

LI­BÉ­RA­TION. Après sept longues an­nées de di­sette, les Cler­mon­tois sont cham­pions de France 2017. Un titre am­ple­ment mé­ri­té ob­te­nu de haute lutte face à Tou­lon.

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