Un Bou­clier fa­çon­né à… Édim­bourg

Contrai­re­ment à cer­taines sai­sons ré­centes, l’ASM a su re­bon­dir après son échec en fi­nale de Coupe d’Eu­rope. Mieux, le groupe s’est re­cons­truit sur cette dé­faite pour al­ler cher­cher le se­cond Bren­nus de son his­toire.

La Montagne (Vichy) - - Le Bouclier Desrpeotortusr En Auvergne - Ch­ris­tophe Bu­ron

Sept ans après, Cler­mont a donc re­trou­vé les sen­sa­tions uniques de mettre la main sur le fa­meux « bout de bois ». Un Bou­clier de Bren­nus qu’il lui a fal­lu al­ler cher­cher, face à l’ar­ma­da tou­lon­naise, au prix d’une in­croyable dé­fense alors que le cau­che­mar guet­tait à l’ap­proche de la si­rène de fin. Long­temps aus­si, il fau­dra se sou­ve­nir que la vic­toire fi­nale (22­16) a te­nu, pour beau­coup, au geste dé­fen­sif

(contest dans un ruck) de Mor­gan Par­ra.

Mal­heu­reux en 2015, avec deux échecs au pied face au Stade Fran­çais en dé­but de match, le bu­teur et me­neur cler­mon­tois a cette fois­ci as­su­ré plei­ne­ment son rôle de lea­der. Par­ra illustre d’ailleurs par­fai­te­ment le ca­rac­tère qui ani­mait les Cler­mon­tois en cette fin de sai­son et l’état de forme de la ma­jo­ri­té des cadres de ce groupe.

En 2013 et 2015, après avoir échoué dans sa quête d’étoile eu­ro­péenne (deux fois contre Tou­lon), l’ASM avait en­suite dé­vis­sé. La pre­mière fois en de­mi­fi­nale du Top 14 contre Castres et il y a deux ans, en fi­nale face au Stade Fran­çais. Ar­ri­vés, cette an­née­là, rin­cés, di­mi­nués et tou­chés men­ta­le­ment par leur deuxième ra­té en fi­nale de Coupe d’Eu­rope, les Cler­mon­tois avaient joué cette fi­nale contre Pa­ris sans res­sources.

On se sou­vien­dra donc qu’en

2017, Cler­mont s’est re­le­vé après Édim­bourg pour mieux par­tir à la quête du Bou­clier. Franck Azé­ma ex­plique les rai­sons du re­bond. « Le plus im­por­tant, après une dé­faite comme après une vic­toire, est d’être lu­cide sur ce que l’on a li­vré sur le ter­rain, ce que l’on a fait de bien ou pas. À Édim­bourg, si on s’était ar­rê­té à dire que l’on avait été cou­ra­geux, on n’en au­rait pas ti­ré grand­chose. Là, on s’est réuni et on s’est de­man­dé ce que l’on n’avait pas su faire et qu’est­ce qu’il fal­lait bos­ser pour avan­cer. On a par­ta­gé ça avec les joueurs, ils ont été mo­teurs et c’est comme ce­la qu’on s’est re­cons­truit après Édim­bourg. »

Que ce soit en de­mie à Mar­seille face au Ra­cing (37­31) et ce di­manche soir en fi­nale contre Tou­lon (22­16), les hommes de Franck Azé­ma ont af­fi­ché la fraî­cheur sans la­quelle point de sa­lut pour dé­cro­cher le Bren­nus. Cette ul­time vic­toire ponc­

tue donc une sai­son riche d’évé­ne­ments, dont on re­tien­dra la fi­nale per­due (17­28) à Mur­ray­field face aux Sa­ra­cens pour le sens qu’elle com­porte dans la re­cons­truc­tion. Mais il y a eu d’autres faits mar­quants, des mo­ments forts qui ont éga­le­ment per­mis à Cler­mont de bâ­tir son triomphe.

Qu’au­rait été l’is­sue de ce par­cours si l’ASM avait été contrainte à un match de bar­rage ? Et si le bar­rage fut évi­té, c’est en grande par­tie grâce à un dé­but de com­pé­ti­tion ca­non. Alors que le Stade Mi­che­lin se pa­rait d’une pe­louse hy­bride ma­gni­fique, Cler­mont avait de­man­dé à jouer ses trois pre­miers matchs à l’ex­té­rieur. Ris­qué ? Pa­ri ga­

gnant avec deux nuls ra­me­nés de La Ro­chelle (30­30) et de Pa­ris (30­30) et, sur­tout, une vic­toire de Mont­pel­lier (26­22).

L’aven­ture était en marche, mais çà, on ne le sa­vait pas en­core. « Après, le fait de dé­mar­rer fort la Coupe d’Eu­rope en oc­tobre (à Exe­ter et contre Bor­deaux) nous a mis sur or­bite, se sou­vient Azé­ma. Der­rière, on fait deux jours de bringue et on va à Brive où on gagne de 40 points. Le nul ra­me­né de Bor­deaux fin jan­vier, alors que l’on était rin­cé, a été im­por­tant aus­si. »

Au­jourd’hui, alors que tout le peuple « jaune et bleu » fête le re­tour du Bou­clier en Au­vergne, qui se sou­vient que l’ASM a bais­sé pa­villon à la mai­son au dé­but du prin­temps, face à Mont­pel­lier et Brive ? Peu de monde sans doute croyait alors au titre de cham­pion de France. Sauf, pro­ba­ble­ment, le groupe de 51 joueurs uti­li­sés cette sai­son à Cler­mont. ■

Mo­ments forts d’une sai­son à l’en­tame re­mar­quable

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

RE­BOND. Dé­çus d’échouer pour la troi­sième fois en fi­nale eu­ro­péenne, les Cler­mon­tois (ici Rou­ge­rie qui re­lève Ya­to sous les yeux de Par­ra) ont néan­moins trou­vé dans la dé­faite des res­sources pour se re­dres­ser… jus­qu’à grim­per sur le toit du rug­by fran­çais, sa­me­di contre Tou­lon, pour le se­cond sacre de leur his­toire.

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