L’ASM transforme l’image de l’Au­vergne

Le re­gard de l’autre change se­lon qu’il se pose sur un per­dant ou un vain­queur. Après ce titre, Cler­mont va pro­fi­ter des re­tom­bées ex­té­rieures bé­né­fiques. Mais pour Oli­vier Bian­chi, c’est sur­tout la ma­nière dont les Cler­mon­tois se jugent qui peut et doit

La Montagne (Vichy) - - La Une - Pierre-Oli­vier Feb­vret

ASM. La ré­gu­la­ri­té des « Jau­nards » a été ré­com­pen­sée di­manche par un deuxième titre de cham­pion de France. L’ASM tourne ain­si la page de ses dé­faites en fi­nale.

SUC­CÈS. Cette vic­toire est pour la ville de Cler­montFer­rand, et pour tout un ter­ri­toire, une op­por­tu­ni­té de trans­for­mer l’es­sai de l’op­ti­misme.

Oli­vier Bian­chi, maire de Cler­mont­Fer­rand et pré­sident de Cler­mont Au­vergne Mé­tro­pole, voit bien plus loin que la vic­toire d’une équipe de rug­by. C’est l’op­por­tu­ni­té pour sa ville et tout un ter­ri­toire de trans­for­mer l’es­sai de l’op­ti­misme. ■ Cler­mont a dé­fi­ni­ti­ve­ment per­du sa peau de mau­dit ? La ma­lé­dic­tion, on l’in­vente pour trou­ver des ex­pli­ca­tions à des choses qui n’ont pas de réelle conti­nui­té. On a per­du par­fois parce qu’on était moins bons, d’autres fois parce que les autres étaient meilleurs et il y a pleins d’autres rai­sons… Cette vic­toire nous dit quelque chose sur l’état d’es­prit des Cler­mon­tois qui ont cette ten­dance à ima­gi­ner que c’est mieux ailleurs, qu’il faut être humble pour être bien. La réus­site de cette belle équipe de l’ASM, c’est qu’elle a mon­tré que c’était pos­sible… Il y a des ta­lents sur notre ter­ri­toire et quand on est en­semble, so­li­daires, alors on a le droit de pen­ser que le bon­heur et la réus­site sont aus­si pour nous. Chaque Cler­mon­tois, dans son travail, quel que soit son ni­veau de responsabilité, ou sa vie per­son­nelle, au mo­ment où il pense “je n’y ar­ri­ve­rai pas” doit au contraire pen­ser à cette équipe et se dire “Al­lez c’est pos­sible”. Cette vic­toire, ça a re­don­né de l’op­ti­miste et de la fier­té en nous, en notre ter­ri­toire et ça ne peut être que bé­né­fique. Si nous ren­trons dans cet état d’es­prit, alors c’est une sorte de ré­vo­lu­tion cultu­relle pour Cler­mont.

Pour­quoi main­te­nant et pas en 2010 ?

Il y a des mo­ments où on peut faire les choses. Après ce pre­mier titre, cette dé­li­vrance, ce n’était juste pas le bon temps. Au­jourd’hui, le ter­ri­toire est prêt à se dé­ve­lop­per. Il faut ar­ri­ver à ca­pi­ta­li­ser col­lec­ti­ve­ment et in­di­vi­duel­le­ment sur cette vic­toire pour en faire pas sim­ple­ment la vic­toire d’un mo­ment, d’une équipe de rug­by, mais pour en faire la ca­thar­sis de la ca­pa­ci­té que nous avons à nous dé­pas­ser et à vaincre. Il va fal­loir rap­pe­ler ce mes­sage ; que le maire, pré­sident de la mé­tro­pole, l’in­carne ;

et que cha­cun, ac­teur de théâtre, di­ri­geant de club spor­tif, agent de la CCI, ou­vrier chez Mi­che­lin, se l’ap­pro­prie… Ils se­ront tous am­bas­sa­deurs. À l’heure des ré­seaux so­ciaux, ce ne sont plus des per­son­na­li­tés mais tout le monde qui peut ap­por­ter sa pierre à l’édi­fice d’une fier­té col­lec­tive. On va éga­le­ment « vendre » ce mes­sage à l’ex­té­rieur, on va ra­tio­na­li­ser ça dans la com­mu­ni­ca­tion gé­né­rale de la ville et de la mé­tro­pole. ■ Lun­di, place de Jaude, au mi­lieu de 50.000 per­sonnes, vous étiez dé­jà dans ce plan de com­mu­ni­ca­tion

? Là, c’était une émotion vé­ri­table. D’abord j’ai été at­tra­pé, sub­mer­gé et puis je me suis dit c’est une chance : je suis maire et ha­bi­tant d’une ville où les gens sont biens, cools. Ca par­ti­cipe de ces choses qui tissent des liens in­dé­fec­tibles entre moi, dans mon rôle de re­pré­sen­ta­tion d’une ville et ses ha­bi­tants. Ce n’est pas dés­in­car­ner, ins­ti­tu­tion­nel. Ces mo­ments­là sont pro­fon­dé­ment intimes et per­son­nels avec ce peuple­là ! ■ Res­tons Au­ver­gnats… L’émotion c’est très bien mais quelles re­tom­bées di­rectes at­ten­dez-vous ? Ona

tous dé­ci­dé d’al­ler dans un en­droit parce qu’on a vu que tout s’y pas­sait bien ! Grâce à la re­trans­mis­sion du match mais éga­le­ment à des su­jets sans ca­ri­ca­ture, en amont, par des chaînes na­tio­nales, c’est évident qu’il va y avoir du tou­risme, de la ri­chesse, de l’économie. Au­de­là de l’op­ti­misme in­tel­lec­tuel, il va y avoir de l’op­ti­misme de réa­li­té. De la dé­pense, des gens qui viennent. On va com­men­cer a bien à dé­ployer des com­pé­tences… Mais il n’y a pas d’urgence, il faut juste bien faire vivre cette belle an­née de cham­pions. ■

PHOTO RÉMI DUGNE

PHOTO PIERRE COUBLE

HIER APRÈS-MI­DI. Lors d’une ré­cep­tion, hier, dans les sa­lons de l’hô­tel de ville de Cler­mont-Fer­rand, Oli­vier Bian­chi a re­mer­cié les joueurs de l’ASM qui ont dé­mon­tré par leur travail et leur vic­toire que « la réus­site et le bon­heur, c’est aus­si pour les Cler­mon­tois ».

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