La mo­ra­li­sa­tion vue par les can­di­dats aux lé­gis­la­tives

La Montagne (Vichy) - - La Une - Les trois agences de l’Allier

Pour chaque circonscription de l’Allier, nous avons sol­li­ci­té les prin­ci­paux can­di­dats sus­cep­tibles d’être dé­pu­té. Voi­ci la pro­po­si­tion de loi qu’ils sou­hai­te­raient dé­fendre pour mo­ra­li­ser la vie po­li­tique, s’ils sié­geaient à l’As­sem­blée na­tio­nale.

Pau­line Ri­vière (LREM). «La mise en lu­mière de pra­tiques dé­lic­tueuses ou sim­ple­ment im­mo­rales a exa­cer­bé le res­sen­ti des ci­toyens sur la pro­bi­té de la classe po­li­tique toute en­tière. Il y a né­ces­si­té et urgence à ce qu’une Loi sur la “mo­ra­li­sa­tion de la vie po­li­tique” im­pose pour tous une « règle » qui ne tran­sige ni sur la lé­ga­li­té ni sur la mo­ra­li­té. Cette Loi est ap­pe­lée de tous mes voeux comme le cadre lé­gal et in­tran­si­geant qui s’im­po­se­ra à tous. Elle se­ra une prio­ri­té pour le Par­le­ment qui se­ra élu ».

Jean-Paul Du­frègne (PCF). « En ma­tière de trans­pa­rence de la vie pu­blique, il est ab­so­lu­ment anor­mal que les frais de re­pré­sen­ta­tion des par­le­men­taires ne soient pas contrô­lés. Je suis pour la li­mi­ta­tion du nombre de man­dats mais pas non plus pour le man­dat unique. »

Jean Mal­lot (DVG). « Il existe une com­mis­sion pour la trans­pa­rence de la vie pu­blique do­tée d’un pou­voir d’in­ves­ti­ga­tion et qui dé­tecte les com­por­te­ments ir­ré­gu­liers. Il faut la lais­ser tra­vailler. Si des af­faires sortent, c’est qu’un tel ins­tru­ment existe. La justice fait en­suite son travail. Il faut mo­di­fier le rè­gle­ment de l’As­sem­blée na­tio­nale pour ins­tau­rer une ins­tance vé­ri­fiant la fa­çon dont les par­le­men­taires uti­lisent l’ar­gent pu­blic qui leur est confié et la réa­li­té du travail des as­sis­tants par­le­men­taires. »

Ma­ga­li Alexandre (PS). « Je sou­tien­drai évi­dem­ment la loi an­non­cée par le Pré­sident de la Ré­pu­blique sur le su­jet. C’est pour­quoi, je res­pecte stric­te­ment le non­cu­mul des man­dats, j’ai trans­mis à la presse mon ca­sier ju­di­ciaire vierge, j’ai été trans­pa­rente sur mes frais de cam­pagne et j’ai d’ores et dé­jà ef­fec­tué une dé­cla­ra­

tion d’in­té­rêt et de pa­tri­moine à la Haute Au­to­ri­té pour la trans­pa­rence de la vie pu­blique. »

Pierre-An­dré Pé­ris­sol (LR). « Une loi de mo­ra­li­sa­tion est in­dis­pen­sable mais le pro­jet que pro­pose le gou­ver­ne­ment n’au­rait évi­té pra­ti­que­ment au­cune des der­nières af­faires. Je pro­pose que des « cir­cons­tances ag­gra­vantes » soient pré­vues par la loi lors­qu’il s’agit d’un élu, car un élu doit être ir­ré­pro­chable. »

Mi­chèle Ciuch (FN). « Il est né­ces­saire de ré­duire le nombre de par­le­men­taires et que ceux­ci soient exem­plaires en im­po­sant fis­ca­le­ment tous les re­ve­nus per­çus. Je sou­haite éga­le­ment plus de trans­pa­rence de la vie po­li­tique, ce­la passe par la lutte contre les conflits d’in­té­rêts, le pan­tou­flage et l’en­ri­chis­se­ment des élus en lien avec leur man­dat. Les élus condam­nés pour fraude fis­cale, cor­rup­tion, tra­fic d’in­fluence de­vront

être in­ter­dits de tout man­dat pu­blic. »

Da­niel Du­glé­ry (LR). « Je suis tout à fait d’ac­cord pour la mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique mais il ne faut pas tom­ber dans l’ex­cès et la sus­pi­cion per­ma­nente. Bien sûr que mon ca­sier ju­di­ciaire est vierge mais je n’en fais pas un ar­gu­ment élec­to­ral. 98 % des élus font leur travail de fa­çon tout à fait re­mar­quable. Il y a un to­hu­bo­hu au­tour de quelques­uns et ont fait une loi. Mais estce qu’une loi va em­pê­cher cer­tains de mal agir ? »

Eli­sa­beth Ca­mus (FN). «Je n’y crois pas du tout. Ce gou­ver­ne­ment­là ne fe­ra pas de vague tant que les lé­gis­la­tives ne se­ront pas pas­sées. Ceux qui vivent du sys­tème de­puis des lustres et des lustres ne vont pas y re­non­cer. Le sys­tème est gan­gre­né.

Mon rêve à moi c’est le mo­dèle scan­di­nave où un mi­nistre va vrai­ment au mi­nis­tère à vé­lo et où l’on doit rendre compte des ca­deaux que l’on re­çoit. »

Ni­co­las Brien (PS). «Le nou­veau mi­nistre de la Justice François Bay­rou a pro­po­sé une loi de mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique qui va dans le bon sens mais qui doit être mus­clée sur cer­tains points. Les in­dem­ni­tés des élus de­vraient être pla­fon­nées à deux fois le sa­laire mé­dian du ter­ri­toire qu’ils re­pré­sentent. Cer­tains pri­vi­lèges doivent être abo­lis : le ré­gime spé­cial de re­traites des dé­pu­tés ou les avan­tages ac­cor­dés aux pré­si­dents à la re­traite. Il me pa­raît in­dis­pen­sable que dé­sor­mais pour chaque élec­tion les can­di­dats aient l’obli­ga­tion de pu­blier leur ca­sier ju­di­ciaire et leur dé­cla­ra­tion d’im­pôts. »

Lau­rence Van­ceu­ne­bro­ckMia­lon (LREM). « Dans la li­gnée de ce qui a été pro­po­sé par François Bay­rou, je suis pour le non­cu­mul des man­dats qui ne doit

pas en ex­cé­der trois. Les mi­nistres et par­le­men­taires ne doivent plus re­cru­ter des membres de leurs fa­milles. Il faut aus­si ins­tau­rer des peines d’in­éli­gi­bi­li­té de 10 ans, mettre en place des frais de man­dats aux par­le­men­taires, pour jus­ti­fier leurs ac­ti­vi­tés. Et sup­pri­mer la ré­serve par­le­men­taire en la rem­pla­çant par une com­mis­sion pour évi­ter les dé­rives ».

Syl­vain Bour­dier (France In­sou­mise). « Il faut plu­tôt par­ler de nor­ma­li­sa­tion. Elle doit être ins­crite dans une nou­velle Cons­ti­tu­tion. Une consti­tuante de ci­toyens qui s’en­gagent à ne ja­mais ren­trer dans la vie po­li­tique doit être convo­quée. C’est à eux de dé­ci­der, si­non on tour­ne­ra tou­jours au­tour du “c’est lé­gal mais im­mo­ral” ».

Jacques de Cha­bannes (PRG). « Comme de nom­breux Fran­çais, je suis sa­ tu­ré par la cou­ver­ture des “af­faires”, qui fait ri­mer “élu” avec “cor­rom­pu”, au dé­tri­ment des su­jets. Le cadre d’une vie pu­blique saine est dé­jà lar­ge­ment fixé par les lois : c’est aux ma­gis­trats de les faire ap­pli­quer. Dans le pro­jet Bay­rou, je se­rai vi­gi­lant sur les termes et la mé­thode : la loi n’est pas la mo­rale, et elle ne doit pas s’écrire seule­ment en ré­ac­tion. Les dé­bats sur le pla­fon­ne­ment des re­ve­nus an­nexes et le pé­ri­mètre de la fa­mille vont être in­tenses. »

Pascal De­vos (EELV-PCF). « Des me­sures ur­gentes peuvent être prises à sa­voir le re­fus du cu­mul des man­dats, un sta­tut des élus et, sur­tout, faire en sorte que les as­sem­blées élues soient le re­flet de notre so­cié­té ; ce­la passe par la re­pré­sen­ta­tion pro­por­tion­nelle à toutes les élec­tions et par des me­sures pour fa­vo­ri­ser l’ac­cès des couches po­pu­laires au par­le­ment, en­fin in­ter­dire le lob­bying des mi­lieux d’af­faires et fi­nan­ciers qui gan­grène la vie pu­blique. »

Marie-Thé­rèse Dupuis (FI). « Sou­mettre les membres du gou­ver­ne­ment à la justice or­di­naire ; rendre in­éli­gible à vie toute per­sonne condam­née pour cor­rup­tion ; créer un droit de ré­vo­quer un élu en cour de man­dat par ré­fé­ren­dum ; in­ter­dire l’en­trée des lob­bys au par­le­ment ; rendre ef­fec­tif le non­cu­mul des man­dats. »

Ga­briel Ma­quin (LR). « Cette ques­tion est plus que ja­mais né­ces­saire. Les par­le­men­taires ne doivent pas exer­cer d’ac­ti­vi­tés de conseil afin d’em­pê­cher tous conflits d’in­té­rêts. Leurs dé­penses pour frais de man­dat doivent être jus­ti­fiées à l’eu­ro et mieux contrô­lées. Le re­cru­te­ment des em­plois fa­mi­liaux en tant que col­la­bo­ra­teur doit être in­ter­dit pour évi­ter les sus­pi­cions. En­fin, tout élu con­dam­né pour un crime ou un dé­lit por­tant à at­teinte à la pro­bi­té doit être in­éli­gible à vie. »

Jean-Pierre Si­gaud (FN). « Li­mi­ta­tion à deux man­dats. » ■

Deuxième circonscription Troisième circonscription

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AS­SEM­BLÉE NA­TIO­NALE. Les élec­teurs bour­bon­nais doivent élire trois nou­veaux dé­pu­tés les 11 et 18 juin.

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