L’ASM, le bon client du Top 14

La fer­veur de la Yel­low Ar­my se res­sent jusque dans les ventes et les au­diences des mé­dias na­tio­naux.

La Montagne (Vichy) - - Le Bouclier de retour en Auvergne - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Tous les Au­ver­gnats qui aiment un peu, beau­coup, pas­sion­né­ment, le rug­by connaissent cet état. Pen­dant les phases fi­nales, on se met à col­lec­tion­ner tout ce qui est jaune et bleu.

Et ar­ri­vé de­vant le kiosque, la même fré­né­sie. Com­pul­sive. Une en­vie de col­lec­tion­ner. À deux doigts de la re­lique. Pour La Mon­tagne et toute la presse lo­cale, c’est une évi­dence que la réus­site de l’ASM est une bonne nou­velle. Et les mé­dias na­tio­naux n’échappent pas à l’ef­fet jaune et bleu.

« On va voir l’ASM au plus haut pen­dant long­temps »

Il suf­fit de se tour­ner du cô­té du dif­fu­seur his­to­rique, Ca­nal +. « Il y a trois clubs mo­teurs : Tou­lon, Tou­louse et Cler­mont », ana­lyse Éric Bayle, di­rec­teur de la ré­dac­tion rug­by. « Tou­lon et Tou­louse pour leurs pal­ma­rès. Cler­mont pour sa cons­tance et la qua­li­té de son jeu. Sur Ca­nal, 95 % des matches de Cler­mont sont dif­fu­sés. His­to­ri­que­ment, Cler­mont est un pi­lier de la dif­fu­sion de Ca­nal. »

D’ailleurs, pour la chaîne cryp­tée, l’ASM offre un avan­tage sup­plé­men­taire non né­gli­geable. Son écrin : le stade Mar­cel Mi­che­lin.

Tous les Au­ver­gnats pensent, avec une ob­jec­ti­vi­té non dis­cu­table, que le Mi­che­lin est le plus beau stade de France (et du monde ?). Et ras­su­rez­vous, c’est bien le cas se­lon Éric Bayle. « C’est LE plus beau du Top 14. Ce n’est pas pour rien qu’on pro­gramme un ou deux prime times sur Ca­nal avec l’ASM. La PLACE DE JAUDE.

qua­li­té du jeu d’abord, du pu­blic en­suite et puis de la pe­louse, des tri­bunes, de l’éclai­rage… C’est le seul stade qui réunisse toutes ces qua­li­tés. Avec l’ASM, on est sûr d’avoir un beau match dans le plus beau dé­cor du cham­pion­nat. » Vous vou­liez des lau­riers ? Nous voi­là ser­vis.

Et puis, l’ASM est ce qu’on ap­pelle un bon client. « Il y a tel­le­ment d’his­toires à ra­con­ter. Des par­cours. De Rou­ge­rie, le vieux bris­card, aux jeunes pousses, purs pro­duits de l’ASM. »

Même l’image du glo­rieux per­dant a dis­pa­ru. « J’ai trop de res­pect pour Pou­li­dor pour dire que l’ASM est le Pou­li­dor du rug­by. Et puis, je vous rap­pelle que Pou­pou a ga­gné des titres aus­si. Glo­ba­le­ment, l’ASM a l’image d’un club sym­pa­thique. Avec du beau rug­by. Et puis, en France, on aime les gens avec des mésa­ven­tures. »

« Le deuxième titre est li­bé­ra­teur »

La ques­tion brûle les lèvres. Elle doit être po­sée. On a trop en­ten­du les sup­por­ters se plaindre d’une presse par­tiale. « On nous fait ce re­proche dans toutes les villes. Mais les pre­miers pour ça, c’est Tou­lon. De peu de­vant Cler­mont. Quand une équipe perd, c’est d’abord la faute de l’ar­bitre et en­suite des com­men­ta­teurs. » Avec la vic­toire, les cri­tiques tendent à se cal­mer. Nor­mal. Pen­dant long­temps, les Au­ver­gnats ont cru que les mé­dias étaient comme le des­tin : ils choi­sis­saient tou­jours un camp. Ja­mais le bon.

De toute fa­çon, il s’agit d’un épi­phé­no­mène pour Éric Bayle. Lui voit la réa­li­té du ter­rain. « Quand on vient au Mi­che­lin avec Ca­nal, on boit tou­jours une bière avec les sup­por­ters. L’ac­cueil est tou­jours for­mi­dable. Il ne faut pas lire les ré­seaux so­ciaux. Ce n’est que le fait d’une pin­cée de sup­por­ters. Au contraire même, il y a une vraie bien­veillance je pense pour l’ASM dans la presse en gé­né­ral. Sur­tout que l’ASM com­mence à vrai­ment s’ou­vrir aux mé­dias. »

Et le club va de­voir s’ou­vrir de plus en plus, parce que main­te­nant les titres vont s’en­chaî­ner. « Le deuxième titre est li­bé­ra­teur. Je ne sais pas si Cler­mont pour­ra as­seoir son em­prise pen­dant des an­nées comme Tou­lon ou Tou­louse, parce que la concur­rence est de plus en plus forte. Mais on va voir l’ASM au plus haut pen­dant long­temps. » Oui, rien de neuf en somme. ■

PHOTO THIERRY NI­CO­LAS

Pour le re­tour du Bren­nus, une nuée de jour­na­listes at­ten­daient les joueurs.

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