L’Au­ver­gnat Jacques Four­net est mort

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité -

De la pré­fec­to­rale au ren­sei­gne­ment, des ca­bi­nets mi­nis­té­riels à l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique, la car­rière de Jacques Four­net re­pré­sente « plus de cinquante an­nées pas­sées au ser­vice de la France ».

L’hom­mage est si­gné François Hol­lande. En juin 2015, le chef de l’État re­met­tait les in­signes d’of­fi­cier de la Lé­gion d’hon­neur à l’Au­ver­gnat à la car­rière faite de mul­tiples vies pro­fes­sion­nelles.

Jacques Four­net, dé­cé­dé à 71 ans, a fait face à la ma­la­die avec cou­rage, dis­tance et sans ja­mais se dé­par­tir de son humour tou­jours sen­sible, ja­mais mé­chant. Res­pec­tueux de l’autre, d’une ri­gueur in­tel­lec­tuelle exem­plaire, il était de­puis long­temps par­ti­san de la mo­ra­li­sa­tion de la vie po­li­tique et de l’in­dis­pen­sable hon­nê­te­té des femmes et des hommes char­gés de dé­fendre l’in­té­rêt gé­né­ral. Convain­cu que seule cette voie pou­vait faire pro­gres­ser la dé­mo­cra­tie.

Homme de convic­tions et de pas­sions, né à Cha­ma­lières, pas­sé par l’École na­tio­nale des im­pôts, à Cler­mont, et l’ENA, l’Au­ver­gnat est sur­tout un no­va­teur. Après un pas­sage

dans les ca­bi­nets mi­nis­té­riels, no­tam­ment l’In­té­rieur, il est re­mar­qué par François Mit­ter­rand alors qu’il est pré­fet de la Nièvre. En 1988, il est nom­mé di­rec­teur cen­tral des ren­sei­gne­ments gé­né­raux (RG) puis, en 1990, di­rec­teur de la sur­veillance du ter­ri­toire (DST). Sous son com­man­de­ment, le ren­sei­gne­ment prend une nou­velle en­ver­gure avec, no­tam­ment, la créa­tion d’un ser­vice consa­cré à l’in­tel­li­gence éco­no­mique. Re­tour­né dans les pré­fec­tures (Cham­pagne­Ar­denne – où il gé­ra l’his­to­rique vi­site du pape Jean­Paul II à Reims –, Marne…), Jacques Four­net opère un aty­pique vi­rage en 1996. Il in­tègre le pri­vé et l’in­dus­trie phar­ma­ceu­ti­

que. En 2004, il re­joint sa ré­gion na­tale et de­vient di­rec­teur gé­né­ral du groupe Théa. Il se­ra nom­mé membre du di­rec­toire de l’en­tre­prise cler­mon­toise.

Fi­dèle à ses convic­tions, Jacques Four­net es­time avoir « pour­sui­vi, là aus­si, un ob­jec­tif de ser­vice pu­blic. C’est en ef­fet un sec­teur qui doit te­nir compte de l’éthique et ne sur­tout pas être une simple aven­ture com­mer­ciale », confiait­il à La Mon­tagne en juin 2015. Dans cette droite ligne, il prend, en 2011, la vice­pré­si­dence du Syn­di­cat des en­tre­prises du mé­di­ca­ment (Leem).

Fi­dèle à sa ré­gion, Jacques Four­net s’im­plique dans la vie po­li­tique et éco­no­mique lo­cale, tout par­ti­cu­liè­re­ment aux pré­si­den­ ces de la com­mu­nau­té de com­munes Haute Com­braille et du Co­mi­té d’ex­pan­sion éco­no­mique du Puy­de­Dôme. Il pré­side éga­le­ment le conseil de ges­tion de la Fon­da­tion de l’université d’Au­vergne, tout en étant adm­nis­tra­teur de l’Université.

Sans doute sa ri­gueur in­tran­si­geante l’em­pê­cha­telle de faire la car­rière po­li­tique que sou­hai­taient pour lui quelques­uns de ceux avec qui il avait col­la­bo­ré au som­met de l’État. Mais, clair­voyant, il re­gar­da les choses avec dé­ta­che­ment, et se consa­cra à l’Au­vergne.

Dis­cret, Jacques Four­net ne re­ven­di­quait au­cun tro­phée, si ce n’est ce­lui du re­cord de France sur 3 x 1.000 mètres ob­te­nu à 16 ans dans l’équipe ca­det du Stade Cler­mon­tois. En re­vanche, il di­sait avoir che­villé au corps « la culture de l’ex­cel­lence et de l’ef­fort ».

À son épouse, à sa fille, et à l’en­semble de sa fa­mille et de ses proches, La Mon­tagne pré­sente ses condo­léances at­tris­tées. ■

Ses ob­sèques se­ront cé­lé­brées, à l’oc­ca­sion d’une cé­ré­mo­nie laïque, lun­di 12 juin, à 13 h 30, au ci­me­tière du Père­La­chaise, à Pa­ris.

AU­VERGNE. Jacques Four­net est dé­cé­dé à l’âge de 71 ans.

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