Un pos­sible im­pact sur le Mon­dial 2022

La Montagne (Vichy) - - Sports L'actu Nationale -

L’iso­le­ment di­plo­ma­tique du Qa­tar par les pays du Golfe pour­rait avoir « un réel im­pact » sur l’or­ga­ni­sa­tion du Mon­dial 2022, tan­dis que ses in­ves­tis­se­ments spor­tifs, socle de son « soft po­wer », prin­ci­pa­le­ment si­tués en France, ne de­vraient pas être af­fec­tés, se­lon les ex­perts in­ter­ro­gés.

L’Ara­bie Saou­dite et plu­sieurs de ses al­liés ont an­non­cé, lun­di, la rup­ture des liens di­plo­ma­tiques avec le Qa­tar ac­cu­sé de sou­te­nir le « ter­ro­risme », la plus grave crise di­plo­ma­tique à frap­per le Moyen­Orient de­puis des an­nées.

S’y ajoutent des me­sures éco­no­miques comme la fer­me­ture des fron­tières ter­restres et ma­ri­times, les in­ter­dic­tions de sur­vol et des res­tric­tions sur le dé­pla­ce­ment des per­sonnes, qui pour­raient me­na­cer l’or­ga­ni­sa­tion de la Coupe du monde en 2022.

« Je pense que ce­la va avoir un réel im­pact si DO­HA. Le Kha­li­fa In­ter­na­tio­nal Sta­dium.

ce­la dure », es­time Kris­tian Ul­rich­sen, spé­cia­liste du Golfe au Ba­ker Ins­ti­tute de la Rice Uni­ver­si­ty de Hous­ton.

« Plus nous nous ap­pro­chons de 2022, plus le Qa­tar de­vient ex­po­sé. En termes de ré­pu­ta­tion et de com­pli­ca­tions pré­vi­sibles, c’est un pro­blème ma­jeur pour le Qa­tar », ajoute Si­mon Chad­wick, pro­fes­seur en économie du sport à l’université bri­tan­nique de Sal­ford. Outre l’ave­nir du Mon­dial, quelles se­ront les consé­quences de l’iso­le­ment du Qa­tar sur ses in­ves­tis­se­ments dans le sport, réa­li­sés le plus sou­vent par l’un de ses fonds sou­ve­rain, Qa­tar Sports In­vest­ment (QSI), et qui ont per­mis à l’émi­rat de se faire connaître sur la scène in­ter­na­tio­nale ?

Au­cune in­ci­dence en France ?

« Ce­la n’en au­ra au­cune », es­time Pascal Bo­ni­face, spé­cia­liste fran­çais de la géo­po­li­tique du sport et di­rec­teur de l’Ins­ti­tut des re­la­tions in­ter­na­tio­nales et stra­té­giques.

En France, son ac­tif le plus em­blé­ma­tique est dans le foot­ball, avec de­puis 2011 le club Pa­ris Saint­Ger­main qu’il a pro­pul­sé en haut de l’af­fiche grâce à des moyens co­los­saux, et la chaîne de té­lé­vi­sion beIN sport France.

« Le Qa­tar a tout in­té­rêt à rester dans le sport parce que ses in­ves­tis­se­ments dans ce sec­teur étaient une ga­ran­tie contre les ap­pé­tits saou­diens », ex­plique M. Bo­ni­face. S’ils ré­duisent leurs in­ves­tis­se­ments, « ce­la vou­draient dire qu’ils ont peur de l’Ara­bie Saou­dite, qu’ils sont en ré­trac­tion et donc moins vi­sibles. Leur in­té­rêt est au contraire de pour­suivre, de ne faire comme si de rien n’était puisque de toute fa­çon c’est pour ce­la qu’ils ont mi­sé sur le sport », ajou­tet­il.

Le ré­seau qa­ta­ri des chaînes de té­lé­vi­sion beIN Sports n’est plus ac­ces­sible via le câble aux Emi­rats arabes unis.

« Les re­la­tions Qa­tar/ Ara­bie Saou­dite sont faites de rup­ture, de ten­sion, et de ré­con­ci­lia­tion », rap­pelle M. Bo­ni­face. « Rien n’in­ter­dit de pen­ser que peut être d’ici 2022, il y au­ra une grande ré­con­ci­lia­tion ou un apai­se­ment. » ■

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