Face au spectre de 1993

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Ac­tua­li­tés -

Les dé­pu­tés so­cia­listes sor­tants mènent une « ba­taille achar­née» pour ne pas « dis­pa­raître » lors d’un scru­tin lé­gis­la­tif qui s’an­nonce très com­pli­qué.

Pas­se­ra­t­on « d’un grand pa­que­bot à une cha­loupe » comme il y a 24 ans, en 1993, avec seule­ment 57 dé­pu­tés PS et al­liés, se­lon la for­mule d’un élu ayant vé­cu cette bé­ré­zi­na ? Ce­la pour­rait être pire au vu des son­dages qui donnent le PS et ses al­liés au­tour de 8 % à 9 % des in­ten­tions de vote, avec des pro­jec­tions de 20 à 35 sièges, très loin der­rière la Ré­pu­blique en marche (REM).

« Je passe par toutes les cou­leurs de l’arc­en­ciel chaque jour », « c’est les mon­tagnes russes » émo­tion­nel­le­ment, confie Er­wann Binet qui brigue sa propre suc­ces­sion dans l’Isère. « Notre ra­dar est quand même très per­tur­bé », constate l’ex­rap­por­teur de la loi ou­vrant le ma­riage aux ho­mo­sexuels qui as­sure tou­te­fois qu’il ne « voit pas les 6 % » de la pré­si­den­tielle (6,3 % pour Be­noît Ha­mon, N.D.L.R.) sur le ter­rain et af­firme que les so­cia­listes ne sont « pas à je­ter ».

Comme lui, com­bien des quelque 140 dé­pu­tés PS sor­tants sur les 414 can­di­dats sous l’éti­quette so­cia­liste, peuvent es­pé­rer ar­ri­ver à bon port après les scru­tins des 11 et 18 juin ? Des têtes d’af­fiche de di­ verses nuances de rose sont me­na­cées, du pre­mier se­cré­taire Jean­Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis à Be­noît Ha­mon, en pas­sant par Mat­thias Fekl, comme d’autres ex­membres du gou­ver­ne­ment bri­guant un pre­mier man­dat tels Na­jat Val­laud­Bel­ ka­cem ou Ju­liette Méa­del.

Après les bons ré­sul­tats de REM chez les Fran­çais de l’étran­ger au pre­mier tour, lais­sant au­gu­rer une raz­zia, Be­noît Ha­mon a re­con­nu hier que les so­cia­listes al­laient « connaître pro­ba­ble­ment un échec ». Un té­nor du par­ti évoque « une ba­taille achar­née sur le ter­rain pour tous pour être au se­cond tour », avec des can­di­dats « très, très ten­dus ».

Les chèvres et la REM

Ils « sont tous sur le ter­rain à es­sayer de sau­ver ce qui peut l’être », ob­serve une source par­le­men­taire, évo­quant une « grande an­goisse ». « C’est un tel ca­phar­naüm, des fois je me dis que je vais res­ter à la mai­son », ad­met un élu de longue date.

« Je pense que si on met l’éti­quette En Marche à une chèvre, elle peut être élue », grince Er­wann Binet. Un élu émi­nent re­con­naît que « l’éti­quette PS n’est pas fa­cile à por­ter » tan­dis qu’un autre craint de « dis­pa­raître dès le 1er tour ». « Je suis sur des char­bons ar­dents », ajoute même Mi­chèle De­lau­nay, can­di­date à Bor­deaux.

« Bien sûr qu’il y a de la dé­cep­tion vis­à­vis du PS », mais « quand on est un dé­pu­té im­plan­té, que les gens ont ap­pré­cié le tra­vail, l’éner­gie, on sent que ça paye », veut croire Eduar­do Ri­han­Cy­pel, qui af­fron­te­ra no­tam­ment l’ex­pa­tron du RAID Jean­Mi­chel Fau­vergue (REM) en Seine­et­Marne.

Être sor­tant, avec no­tam­ment « une pe­tite prime de no­to­rié­té », « c’est ma seule chance » de l’em­por­ter, dit l’ex­porte­pa­role de Be­noît Ha­mon, Alexis Ba­che­lay, se re­fu­sant tou­te­fois à « faire le ma­ta­more ». ■

PHO­TO AFP

ER­WANN BINET. « Je pense que si on met l’éti­quette En Marche à une chèvre, elle peut être élue. »

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