Li­qui­der le bour­reau

EN FAN­FARE ■ Pi­rates Des Ca­raïbes ­ La Ven­geance De Sa­la­zar, le cinquième vo­let de la sa­ga ini­tiée par Gore Ver­bins­ki, fait une première se­maine to­ni­truante en­trant ain­si dans le top 5 des meilleurs dé­mar­rages de l’an­née. TRÈS COURT FES­TI­VAL ■ La 19e édit

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités La Bourse - DR

« HHhH » de Laurent Bi­net, prix Gon­court du Pre­mier ro­man en 2010, est adap­té à l’écran par Cé­dric Ji­me­nez dans un film à l’amé­ri­caine, pun­chy et ly­rique, qui s’em­bar­rasse peu des sub­ti­li­tés du livre.

Mis en scène par Cé­dric Ji­me­nez, d’après l’ou­vrage de Laurent Bi­net, HHhH dé­taille l’opé­ra­tion « An­thro­poïde », nom de la mis­sion qui a coû­té la vie en 1942 au « bou­cher de Prague », Rein­hard Hey­drich.

Le film re­trace à la fois l’his­toire per­son­nelle et le par­cours ter­ri­fiant de Hey­drich, bras droit de Himm­ler et or­ga­ni­sa­teur de la « so­lu­tion fi­nale », jus­qu’à l’attentat per­pé­tré à Prague par deux jeunes ré­sis­tants, un Tchèque et un Slo­vaque, pa­ra­chu­tés de­puis Londres.

Hey­drich res­te­ra le plus haut di­gni­taire na­zi frap­pé par la ré­sis­tance pen­dant la guerre. L’ob­ jec­tif était de taille : c’est lui qui, à la tête de ses uni­tés spé­ciales in­ter­ve­nait dans les pays conquis par Hit­ler pour les « net­toyer » des en­ne­mis du Reich, com­mu­nistes et juifs.

Le titre énig­ma­tique, HHhH se ré­fère à l’un des sur­noms don­nés par les SS à Hey­drich, « Himm­lers Hirn heisst Hey­drich » (Le cer­veau d’Himm­ler s’ap­pelle Hey­drich). Hit­ler, pour sa part, le sur­nom­mait « l’homme au coeur de fer ».

L’attentat contre Hey­drich a dé­jà été por­té au ci­né­ma, à chaud, en 1943, par Dou­glas Sirk (Hit­ler’s Mad­man) et Fritz Lang (Les bour­reaux meurent aus­si).

HHhH, tour­né à Bu­da­pest en an­glais, avec une dis­tri­bu­tion es­sen­tiel­le­ment an­glo­saxonne à l’ex­cep­tion de Cé­line Sal­lette et Gilles Lel­louche, traite le su­jet à l’amé­ri­caine, avec de belles images et une bonne dose de sen­ti­men­ta­lisme.

Le ro­man de Laurent Bi­net, re­mar­qua­ble­ment construit, al­ter­nait le ré­cit de la vie d’Hey­drich et de l’attentat et une ré­flexion très per­son­nelle de l’au­teur sur la fic­tion : com­ment par­ler de l’his­toire sans la tra­hir ?

Hé­roïsme

Cé­dric Ji­me­nez (La French sur le mi­lieu du grand ban­di­tisme, 2014) ne s’em­bar­rasse pas de ques­tion exis­ten­tielles : il y va à fond, cé­dant par­fois à la fa­ci­li­té.

Lorsque la ré­sis­tance ac­cu­lée dans une église se dé­fend contre les SS qui forcent la porte, elle fait un car­ton et on se croi­rait dans un de ces jeux vi­déo où le « war­rior » dé­gomme ses en­ne­mis dans une or­gie de tirs de mi­traillettes.

Le film a tou­te­fois le mé­rite d’ex­hu­mer un épi­sode lar­ge­ment igno­ré des plus jeunes, avec une grande ef­fi­ca­ci­té. Pour Laurent Bi­net, c’est « un beau film avec de très belles images et d’ex­cel­lents ac­teurs qui rend hom­mage à l’hé­roïsme des pa­ra­chu­tistes et qui fait oeuvre de pé­da­go­gie ». ■

JA­SON CLARK. L’ac­teur in­ter­prète Rein­hard Hey­drich.

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